À l’occasion des vœux de l’Union régionale Hlm en Nouvelle-Aquitaine, Muriel Boulmier a dressé le bilan 2025 du logement abordable dans la région, entre amertume et espoir. Plan de relance, propositions de loi, statut du bailleur privé, réduction de la RLS… sont à inscrire au chapitre des bonnes nouvelles, malgré le regret persistant d’un empilement de normes.
En Nouvelle-Aquitaine, près de 7 demandes pour 1 attribution
En Nouvelle-Aquitaine, le logement social « est la première des insertions, avec un peu plus de 332 000 logements sur 1 990 communes, soit plus de 600 000 personnes logées, 10 % de la population », a rappelé le préfet Étienne Guyot. Les 188 000 demandeurs sont les forces vives de la région : tous ne demandent qu’à pouvoir vivre là où ils travaillent.
« Le logement n’est pas qu’une statistique de construction ou un agrégat budgétaire ; c’est le premier poste de dépense des Français, c’est leur sécurité, c’est leur dignité » a insisté Muriel Boulmier, présidente de l’UR Hlm en Nouvelle-Aquitaine
Avec près de 7 demandes pour une attribution – jusqu’à 8 pour 1 en Gironde – la pression demeure élevée. 28 000 logements ont été attribués. 9 250 logements ont été programmés, 6 550 logements livrés.
Alors que le logement s’impose comme un sujet central de l’agenda politique, l’UR Hlm appelle à un véritable choc de simplification et à une stabilité normative et fiscale durable.
À quelques semaines des élections municipales, Muriel Boulmier a également lancé un appel aux maires : « Les HLM sont une chance pour votre territoire, un levier d’attractivité, une solution pour loger les travailleurs essentiels. Avec du foncier abordable, des procédures simplifiées et une volonté politique forte, nous pouvons faire reculer le mal-logement. »
Programmations contrastées, livraisons en progression
En 2025, 9 250 logements ont été programmés, soit 95 % des 9 750 prévus, contre 106 % l’année précédente. Le déficit provient essentiellement de la Gironde (75 % de l’objectif) et de Bordeaux Métropole (86 %). À l’inverse, le Pays basque atteint 94 % pour la première fois, la Haute-Vienne 154 %, la Charente-Maritime 112 %, le Grand Poitiers 142 % et la Dordogne 160 %, ces résultats venant compenser les baisses précédemment citées.
Au total, 6 550 logements ont néanmoins pu être livrés, soit 1 235 de plus que l’année dernière. Les organismes se sont également mobilisés pour répondre aux attentes en matière d’accession, avec 1 415 logements vendus, dont 900 en bail réel solidaire (BRS), plaçant ainsi la Nouvelle-Aquitaine en tête des régions pour le BRS.
Le logement « tendance »
Budget de l’État, plan de relance, propositions de loi… le logement n’a jamais été aussi « tendance », a souligné Muriel Boulmier. La proposition de loi de Dominique Estrosi-Sassone, adoptée au Sénat, fixerait un cadre national de production avec une souplesse territoriale ; celle portée par Thomas Cazenave – après celle présentée en 2025 sur la lutte contre les fraudes -, prévoit la création d’une foncière des biens immobiliers de l’État afin de permettre la cession de foncier en vue de produire des logements.
À ces initiatives s’ajoutent deux mesures phares : le statut du bailleur privé et la réduction de la RLS. « Le logement ne fonctionne que sur ses deux jambes : le privé et le public », rappelle Muriel Boulmier. Le nouveau statut de bailleur privé reconnaît la fonction sociale de l’investisseur privé et vise à restaurer la confiance, entre craintes de squats et d’impayés, tout en sécurisant la rentabilité de l’investissement.
Pour les bailleurs sociaux, une production privée qui repart permet de débloquer des opérations en VEFA, qui représentent 58 % des agréments en Nouvelle-Aquitaine.
La baisse du taux du livret A à 1,5 % au 1er février constitue un autre apport d’oxygène, tandis que la réduction de la RLS de 400 millions d’euros sur deux ans (2025-2026) permettrait de réaliser plus de 500 logements supplémentaires dans la région.




























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