Créé en 1986, le Concours des Vins de la Vallée de l'Hérault fête cette année son 40ème anniversaire. L'occasion pour la Communauté de Communes Vallée de l'Hérault de réaffirmer son soutien à une filière économiquement structurante, tout en adoptant une stratégie renouvelée pour toucher de nouveaux publics. Reportage vidéo.
C’est dans le cadre du Château Capion, entre Gignac et Aniane, que se tiendra le jury de cette édition anniversaire, le 7 mai prochain. Dégustation dans le chai, ateliers œnotouristiques l’après-midi, master classes et accords mets et vins : pour ses 40 ans, le concours adopte un format plus ambitieux que jamais.
Un outil au service d’une filière économique majeure
Initié en 1986 par l’association Initiatives 42 sous l’impulsion de Louis Villaret, alors maire de Gignac, le concours a été repris par la Communauté de Communes en 2003. Il couvre aujourd’hui 43 communes du cœur de l’Hérault, 6 AOP et 6 IGP — dont l’AOP Languedoc Montpeyroux, qui accède cette année au statut d’appellation à part entière. Au total, la vallée de l’Hérault compte près de 200 domaines particuliers et caves coopératives.
Pour Jean-François Soto, maire de Gignac et président de la Communauté de Communes Vallée de l’Hérault, le concours est avant tout un levier économique. « C’est un outil de reconnaissance et de valorisation de l’ensemble de la filière viticole locale. » L’élu rappelle également une réalité souvent sous-estimée : « La viticulture, représente beaucoup d’emplois. C’est une économie qui rejaillit et qui fait que les gens restent au pays, continuent à investir localement. »
Le soutien de la collectivité à la filière se traduit par des engagements budgétaires concrets : depuis 2019, huit caves particulières ou coopératives ont bénéficié de près de 193 000 euros d’aides à l’immobilier agricole.
En 2025, 13 500 euros ont été consacrés au soutien des événements viticoles du territoire. Pour Jean-François Soto, cet engagement s’inscrit dans la durée. « Génération après génération, les élus de la Vallée de l’Hérault votent des budgets à destination de cette filière. »
Une stratégie de conquête vers les jeunes consommateurs
Au-delà de la célébration, cette édition anniversaire porte une ambition commerciale claire : élargir l’audience du concours, et plus largement de la filière viticole locale, vers les consommateurs de moins de 35 ans. Le levier choisi est celui de la gastronomie, considérée comme une porte d’entrée plus accessible que le vin lui-même pour ces publics.
La démarche s’appuie sur des données de marché encourageantes : selon le Baromètre Sowine/Dynata 2025, le vin reste la boisson alcoolisée préférée des Français à 58%, et recueille l’adhésion de 45% des 18-25 ans. Pour capter ces audiences, l’organisation mise sur une présence renforcée sur les réseaux sociaux, des partenariats avec des restaurateurs contemporains montpelliérains, ainsi que la mobilisation de médias spécialisés et d’influenceurs du secteur.
Quatre ambassadeurs ont été désignés pour incarner les valeurs du concours : le chef Jacques Mazerand pour l’excellence, Sylvie Tonnerre, fondatrice du magazine Terre de Vins, pour la transmission, Benoît D’Onofrio, sommelier et créateur du concept de “Sobrelier”, pour l’innovation, et André Deyrieux, consultant spécialiste de l’œnotourisme, pour le terroir.
Le palmarès sera dévoilé le 4 juin à la salle Lapeyron de l’Hôtel Saint-Côme à Montpellier. L’événement Vinissime se tiendra quant à lui le 25 juin à Argelliers.
Nouvelles générations, nouveaux projets
Sur le terrain, cette dynamique territoriale attire de nouveaux acteurs. Laura Balsan, vigneronne au Mas Origine à Montpeyroux, s’est installée en 2022 avec son mari Julien sur 17 hectares en agriculture biologique, après une reconversion professionnelle — elle était infirmière. « Nous sommes partis de zéro tous les deux. Nous avons tout quitté et nous y avons cru à fond. »
Sa démarche illustre la capacité du territoire à accompagner l’installation de jeunes agriculteurs. Portée par un parcours dédié, soutenue par la Chambre d’agriculture de l’Hérault et par la Communauté de Communes, elle témoigne d’un écosystème local structuré. « Nous sommes arrivés sans rien et nous leur avons dit : nous créerons un domaine, nous ferons du vin. C’est une preuve de confiance. »
Sa participation au concours s’inscrit dans une logique collective assumée. « Dans la Vallée de l’Hérault, nous travaillons tous ensemble, chacun dans nos domaines. Ce concours permet de regrouper beaucoup d’appellations sur le territoire et de prouver tous ensemble que nous pouvons produire de grands vins. »
Les inscriptions au concours 2026 sont ouvertes jusqu’au 27 mars. Tarif : 12,50 € par vin.































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