Cette saison 2025-2026 restera comme un énième avertissement pour les stations de ski. Face à ces contraintes environnementales, les professionnels sont obligés de se réinventer pour survivre. 30 % des stations situées sous 1 500 mètres d'altitude pourraient disparaître d'ici 2050. De plus, la saison skiable se raccourcirait d'un mois en moyenne. Une perte économique pour la région estimée entre 5 et 8 milliards d'euros par an.
La saison 2025-2026 aura très mal débuté avec des températures affichant 3 à 4°C au-dessus des normales saisonnières en décembre dans les massifs alpins. Habitué à trouver les 80 centimètres de neige habituels à 1 500 mètres d’altitude, les skieurs les ont cherchés en vain. A peine 30 centimètres recouvraient les pentes.
Résultat : certaines stations de moyenne altitude ont donné le coup d’envoi de la saison avec trois semaines de retard. C’est le cas par exemple de la station du Vercors ou Sancy, qui ont également vu leur fréquentation globale reculer de 10 à 15% par rapport à la saison 2023-2024 selon Atout France.
Un énorme coup dur pour le bilan économique de la région. Le tourisme hivernal représente 20 milliards d’euros annuel et 120 000 emplois. L’enjeu est important pour les professionnels des stations de ski.
L’utilisation de la neige artificielle pour les stations de ski, un palliatif de moins en moins viable
Face aux caprices de la météo, 80% des domaines skiables ont dû recourir à la neige de culture pour ouvrir dans la région. Une augmentation de 30% sur 10 ans. Le recours aux canons à neige a certes permis de sauver la mise cette saison, mais à quel prix ? Les dépenses énergétiques et en eau ont bondi de 25 %, selon Domaines Skiables de France.
Des associations comme Mountain Wilderness rappellent qu’une seule station consomme autant d’eau par an que 10 000 habitants. Pour y pallier, de nouvelles innovations émergent. La station de Val Thorens teste des canons connectés qui n’entrent en action que dans des conditions optimales de température et d’humidité. Le but : réduire jusqu’à 30% la consommation en eau.
À La Plagne, un projet partenarial avec l’INRAE étudie la réutilisation de la neige fondue en fin de saison pour recharger les nappes phréatiques. Des pistes prometteuses, mais qui ne sauraient constituer la seule réponse.
Vers le tourisme quatre saisons pour la survie des stations de ski
Certaines stations ont décidé de ne pas attendre que la neige revienne. Aux Gets, en Haute-Savoie, la transformation est déjà bien engagée. La station mise sur les quatres saisons à présent. Ici, bus électriques gratuits, chauffage au bois, VTT et parcs aventure l’été sont proposés. La station a décroché le label Flocon Vert et enregistre depuis 2020 une hausse de 30 % de sa fréquentation estivale. Preuve que la montagne attire aussi sans skis aux pieds.
À Serre Chevalier, on mise sur l’étalement de la saison. En rejoignant récemment le Pass Marsien, la station propose des forfaits à prix réduit en mars et avril. Deux mois habituellement désertés par les vacanciers. Au programme : Spa, cours de ski, location de matériel à tarif préférentiel. L’idée est simple : rendre ces semaines de fin de saison aussi attractives que les périodes de pointe.
En parallèle, la station investit dans la géothermie pour chauffer ses remontées mécaniques. Un projet à 5 millions d’euros, soutenu à 40 % par l’Agence De l’Environnement et de la Maîtrise de l’énergie (ADEME), qui pourrait faire école dans un secteur encore très dépendant du fioul.
Prévision pour 2050 : l’INRAE tire la sonnette d’alarme
Pour les stations qui ne peuvent ni se hisser à haute altitude ni se réinventer, la question est plus brutale. L’exemple le plus parlant est Saint-Pierre-de-Chartreuse, en Isère. Fermée définitivement en 2025, après trois hivers consécutifs sans enneigement suffisant, la station se reconvertit désormais dans l’écotourisme. Elle propose des randonnées, via ferrata et des projets immobiliers écoresponsables. Le Béage, en Ardèche, abandonné dans les années 2000, est devenu lieu d’art contemporain.
Ces cas annoncent peut-être une tendance de fond. Selon un rapport de l’INRAE publié en 2025, 30 % des stations situées sous 1 500 mètres d’altitude pourraient disparaître d’ici 2050. De plus, la saison skiable se raccourcirait d’un mois en moyenne. Une perte économique pour la région estimée entre 5 et 8 milliards d’euros par an.
Face à ces projections, la montagne alpine n’a pas d’autre choix que de se réinventer. Non pas en tournant le dos à la neige, mais en cessant d’en dépendre exclusivement.
Source : Domaines Skiables de France (DSF) : Rapport annuel 2025
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