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Arthur Mille
Aujourd'hui Dernière mise à jour le Lundi 25 Mai 2026 à 09:25

À Palavas-les-Flots, la première station maritime européenne de superéthanol E85, mise en service il y a près de trois ans, a rapidement trouvé son public. Face à cet engouement, une nouvelle station doit voir le jour à Port-Camargue. Plaisanciers et professionnels témoignent d’une transition qui s’accélère, portée par des économies significatives et une adhésion croissante. Reportage vidéo. 

Sur les quais de Palavas-les-Flots, les habitudes changent presque en silence. À la pompe, un carburant encore marginal il y a quelques années s’impose désormais : le superéthanol E85. Moins cher, plus propre, il séduit déjà plaisanciers, professionnels et acteurs publics

Alexis Landrieu, fondateur de Biomotors, n’a pas attendu l’essor des politiques de transition énergétique pour s’engager. « J’ai fondé Biomotors il y a quinze ans avec la conviction qu’il était possible de recourir à des alternatives aux carburants fossiles, qui, rappelons-le, ne sont pas renouvelables. L’enjeu est aujourd’hui majeur : il s’agit à la fois de renforcer notre indépendance énergétique et de préserver les écosystèmes marins. »

Le choix de Palavas-les-Flots s’inscrit dans cette logique. « Il s’agit d’un port déjà fortement sensibilisé à ces enjeux, notamment en raison de son classement en zone Natura 2000. La qualité de l’eau y est particulièrement remarquable, fruit d’efforts engagés depuis plusieurs années. » Résultat : une première européenne, avec l’installation d’une station maritime E85 en partenariat avec le port et la commune. « Le sans-plomb 95 atteint environ 2,25 € le litre dans les ports, contre 0,79 € pour le superéthanol E85. Cela représente plus de 100 € d’économie par plein. »

La conversion est rapide et accessible : un boîtier électronique installé en deux à trois heures directement sur l’appontement, sans sortie d’eau du bateau, pour un coût d’environ 800 €. « Les premiers équipements installés il y a quinze ans sont, pour la plupart, toujours en service, sans usure notable. »

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Sur le terrain, les usagers sont convaincus par le Superéthanol E85

Olivier Rasse, plaisancier dans la région depuis trente ans, a franchi le pas. « Face à la hausse continue du prix des carburants, un tarif de 0,79 € le litre apparaît particulièrement attractif. Nous avons ainsi pu remplir un réservoir de 70 litres pour un coût compris entre 40 et 50 euros, ce qui est remarquable. » Concernant les performances, il se veut rassurant : « Je ne constate aucune différence notable, ni en termes de consommation ni en navigation. »

Christian Jeanjean, maire de Palavas-les-Flots, souligne également les bénéfices de cette initiative. « Les économies réalisées sont significatives. Au-delà de l’aspect économique, le bioéthanol constitue une solution respectueuse de l’environnement. Notre port est engagé dans une démarche reconnue par l’AFNOR, et il est essentiel de poursuivre dans cette voie. » Avant d’ajouter : « Ces initiatives méritent d’être accompagnées, tant elles s’inscrivent dans une véritable démarche environnementale. »

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Les professionnels convertissent leurs flottes

Antony Serre, gérant de Jet7 Location à Palavas et Villeneuve-lès-Maguelone, a fait le choix de convertir l’ensemble de sa flotte : 16 jets ski de location, 6 jets ski d’encadrement et 2 bateaux. « La prise en compte de l’impact environnemental est devenue centrale dans notre activité. Il était essentiel pour nous de pouvoir continuer à exercer tout en réduisant notre empreinte. »

L’investissement, estimé à 15 000 € TTC, pourrait être rapidement amorti. « Sur une saison complète, notre consommation peut atteindre 80 000 litres de carburant. » Un volume qui rend les économies d’autant plus significatives, avec en parallèle une réduction des émissions de CO2 estimée entre 30 et 50%. « Cette évolution nous permet d’inscrire notre activité dans une démarche plus durable. »

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La réserve marine de Palavas, pionnière sur l’eau

Sa gestionnaire, Candice Gravil, met en avant un double avantage. « La motivation première est d’ordre financier. En tant qu’association, nous ne bénéficions pas de carburant détaxé et devons donc payer le prix plein. Le bioéthanol permet une réduction significative des coûts. » Entre les sorties mensuelles et la présence quotidienne d’un éco-garde en période estivale, la consommation reste importante. « Notre objectif est d’équiper progressivement l’ensemble de notre flotte afin de garantir la cohérence de notre démarche environnementale. »

Si le superéthanol transforme déjà le visage des ports de plaisance, Biomotors se projette désormais vers de nouveaux usages. L’entreprise travaille actuellement sur une adaptation aux motorisations diesel, ciblant notamment les navires de pêche, dont la consommation et l’impact environnemental sont bien supérieurs à ceux de la plaisance.

Une nouvelle étape qui pourrait, à terme, prolonger depuis les quais de Palavas la dynamique engagée en faveur d’un nautisme plus durable.

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