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Fiona Urbain
Aujourd'hui Dernière mise à jour le Jeudi 24 Septembre 2026 à 08:54

Lac du Salagou, Saint-Guilhem-le-Désert, cirque de Navacelles… Le Cœur d'Hérault dispose d'une concentration de paysages exceptionnels rare en France. Les élus des trois communautés de communes — Clermontais, Lodévois et Larzac, Vallée de l'Hérault —  et professionnels du tourisme dressent le bilan de la saison estivale tracent une feuille de route ambitieuse. L'enjeu n'est pas d'attirer toujours plus de visiteurs, mais de les accueillir mieux, plus longtemps, et en toutes saisons. Reportage vidéo.

Un label international Green Destination qui couronne un travail collectif

Le Cœur d’Hérault a décroché le label international Green Destinations, récompensant les efforts communs des trois offices de tourisme et des trois intercommunalités qui composent le Pays Cœur d’Hérault. Une médaille d’argent — au-delà des espérances initiales — qui valide une démarche construite autour de six enjeux : nature et paysages, environnement et climat, culture et traditions, économie touristique responsable, gouvernance durable et bien-être des habitants.

Jean-François Soto, maire de Gignac et président de la Communauté de communes de la Vallée de l’Hérault, ne cache pas sa fierté : « Ce label récompense un peu le travail collectif des trois communautés de communes assemblées au sein du Pays Cœur d’Hérault. C’est aussi une volonté de montrer à l’international qu’on fait d’excellentes et belles choses dans un cadre magnifique. Nous escomptions être sur le podium — mais nous sommes allés au-delà de ce que nous imaginions. Et dans deux ans, nous irons rechercher l’or. »

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Bernard Coste, vice-président en charge du tourisme à la Communauté de communes du Clermontais et maire d’Octon, salue quant à lui le travail en commun que ce label incarne : « Ce label souligne la cohérence de nos trois communautés qui constituent le Pays Cœur d’Hérault. Il est toujours bon de travailler collectivement parce que la tâche est tellement lourde, il y a tellement de paramètres et de réflexions à mener qu’il faut être suffisamment nombreux pour avancer, réunis par un projet commun et des objectifs communs. »

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Une saison 2026 sous pression climatique

Ce label arrive dans un contexte de turbulences. Entre le 1er avril et le 30 juillet 2026, les nuitées ont reculé de 11 % par rapport à 2025 et le nombre d’excursionnistes de 7,3 %. Les épisodes de canicule, les précipitations printanières, les fermetures de massifs liées au risque incendie et les arbitrages budgétaires des ménages ont pesé sur la fréquentation. Au mois de juillet, la cité dolomitique de Mourèze n’a enregistré que 1 833 véhicules, contre 5 041 en juillet 2025.

Bernard Coste analyse : « C’est un moment charnière, à double titre. D’abord parce que les modifications de comportements liées à la météo et à l’évolution de la société nous amènent à réfléchir différemment, à proposer différemment. Ce n’est pas forcément accueillir plus de touristes — cela peut être les accueillir différemment, mieux. L’un des principaux critères, c’est le degré de satisfaction de ceux qui ont eu envie de connaître notre territoire. C’est cela, l’enjeu. »

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Trois Grands Sites, une complémentarité unique

Ce qui fait la force du Cœur d’Hérault, c’est d’abord la concentration exceptionnelle de sites remarquables sur un territoire à taille humaine. Trois Grands Sites de France — le Salagou-Mourèze pour le Clermontais, le cirque de Navacelles pour le Lodévois et Larzac, et Saint-Guilhem-le-Désert pour la Vallée de l’Hérault — coexistent à quelques kilomètres les uns des autres, offrant une diversité de paysages rare.

Clément Thery, vice-président du Lodévois et Larzac en charge du tourisme, insiste sur la puissance de cette complémentarité : « Si l’on s’isole dans notre coin, on ne pourra pas développer une offre touristique assez conséquente parce que nous avons tous des moyens différents — humains, techniques et financiers. Cette mise en réseau permet de proposer différentes offres, d’être plus fort et de garder un peu plus longtemps les visiteurs sur notre territoire. »

Jean-François Soto complète ce tableau par la richesse des produits du terroir : « Nous travaillons à une offre de plus en plus complète sur la culture, l’hébergement, les produits oléicoles, fromages, miel, vins, puisque nous sommes dans un terroir béni des dieux. Tout cela permet aux gens de venir, de consommer et de profiter. Le tourisme, c’est d’ailleurs le premier PIB du département de l’Hérault. »

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Développer les ailes de saison, priorité numéro un

La grande leçon de la saison 2026 est claire : le Cœur d’Hérault ne peut plus dépendre de deux mois d’été pour faire tourner son économie touristique. La stratégie commune vise désormais à étaler la fréquentation sur le printemps et l’automne — voire l’hiver — et à capter une clientèle de proximité tout au long de l’année.

Clément Thery détaille cette évolution sociologique : « Il faut nous adapter à la demande. Il y a des changements de temporalité entre ceux qui travaillent et partent en vacances traditionnelles, et les personnes retraitées qui partent plutôt sur les ailes de saison. Il faut donc développer cette offre pour que le tourisme ne soit plus qu’une offre d’été, mais également une offre de saison élargie et éventuellement d’hiver. »

Bernard Coste identifie également une cible prioritaire : les habitants des métropoles voisines. « l’une des priorités, c’est l’accueil des « locaux » — une population qui peut venir à longueur d’année depuis Béziers, Sète, Montpellier, voire un peu plus loin, parfois à la journée, en excursion. Une découverte du territoire encore méconnue pour certaines parties du département. »

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Communication et mobilité : les deux nerfs de la guerre

Pour traduire cette ambition en fréquentation réelle, deux chantiers s’imposent. Clément Thery est catégorique : « Le nerf de la guerre, c’est la communication. Si nous ne communiquons pas sur les offres touristiques de notre territoire, si nous ne faisons pas l’effort de le faire connaître à l’étranger, les gens ne viennent pas. Le bouche-à-oreille fonctionne, mais reste marginal. Il faut absolument communiquer, notamment pour porter à la connaissance du public national et international toutes les offres disponibles. »

Le second chantier est celui de la mobilité. L’ouverture en juin 2026 à Gignac d’une Maison du tourisme et des mobilités illustre cette volonté de desserrer l’étau de la voiture individuelle sur les sites naturels, en associant office de tourisme et point d’information sur les déplacements alternatifs.

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Vers l’or en 2028

Derrière la satisfaction du label obtenu, les trois élus partagent une même ambition : faire encore mieux. La médaille d’argent de Green Destinations est un point de départ, pas un aboutissement. Jean-François Soto a fixé le cap sans ambiguïté : « Dans deux ans, nous irons rechercher l’or pour Green Destinations. Cela récompensera tout ce qui est fait sur le sport, la culture, le tourisme, les activités de pleine nature — toutes les offres diversifiées qui nous permettent de réussir et d’avoir de l’ambition pour nous, pour les habitants, pour nos paysages. »

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