Ce lundi 12 octobre 2026 matin, à l’Hôtel de Région de Marseille, François de Canson a été élu président de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur (Région Sud). Seul candidat en lice, le maire de La Londe-les-Maures (Var) a recueilli 83 voix sur 122 votants (39 bulletins blancs), score correspondant à la majorité droite-centre. Il succède à Renaud Muselier, démissionnaire après son élection au Sénat le 27 septembre, et devient le premier président varois de la collectivité. Christian Estrosi avait assuré l’intérim. Reportage vidéo.
Une succession préparée et sans opposition
Adoubé depuis des mois par Renaud Muselier comme son successeur naturel, François de Canson (divers droite, ex-LR qu’il a quitté en 2022) n’a affronté aucune candidature concurrente, y compris du Rassemblement national. Franck Allisio, chef de file de l’opposition, a jugé qu’une candidature de circonstance n’aurait « fait aucun sens ».
Le vote, intervenu en séance plénière exceptionnelle, s’est déroulé dans une atmosphère de continuité, avec renouvellement de la commission permanente et des vice-présidences dans la foulée.
Né le 15 mars 1963 à Toulon, âgé de 63 ans, de Canson est maire de La Londe-les-Maures depuis 2008 (réélu notamment au premier tour avec des scores élevés) et conseiller régional depuis 2015. Troisième vice-président chargé du développement économique, de l’attractivité, du tourisme et de la prévention des risques majeurs, il préside également le Comité régional de tourisme.
Issu d’une lignée d’élus locaux (son père Philippe et un grand-oncle ont dirigé la commune), il a un parcours de gestionnaire (IAE d’Aix-en-Provence, expériences dans le textile à Hong Kong puis affaires familiales). Renaud Muselier a salué en lui un « chef d’équipe fédérateur », « maire respecté » et « élu local reconnu », capable de piloter l’institution.
Continuité jusqu’en 2028, avec sa propre marque
Dans les semaines précédant le scrutin, François de Canson a martelé une ligne claire : assurer la continuité de l’action engagée depuis 2017 sous Muselier, sans être « un clone ». « La continuité ne veut pas dire l’immobilisme », a-t-il expliqué.
Homme de terrain, loyal et attaché aux résultats, il se présente comme un rassembleur de la majorité (composée d’une quinzaine de sensibilités politiques). Maintenir cette unité face à la pression du RN constitue l’un de ses principaux défis en vue des élections régionales de 2028. « Rassemblés on gagne, divisés on perd », a-t-il résumé.
Il entend exercer la fonction avec sa personnalité tout en préservant les équilibres et les dossiers en cours, notamment les Jeux olympiques et paralympiques d’hiver de 2030 (dont les retombées économiques sont estimées importantes) et les fonds européens.
Ses priorités : économie, tourisme, prévention et souveraineté territoriale
Ses priorités s’ancrent dans ses responsabilités antérieures et dans les déclarations des derniers mois :
- Développement économique et attractivité : soutenir les entreprises, attirer des investissements et renforcer la souveraineté, notamment via l’économie de défense. La Région Sud, première région militaire de France, mise sur des outils comme le Fonds Sud Défense (ambition jusqu’à 300 millions d’euros) pour accompagner PME, ETI et pépites technologiques ancrées localement (ex. réindustrialisation Naval Group aux Bormettes). « La Défense est une part de l’identité, de l’économie et de l’avenir de notre territoire », a-t-il affirmé.
- Tourisme des quatre saisons : poursuivre la désaisonnalisation, valoriser l’offre hors été, développer les clientèles internationales et les déplacements en train, tout en conciliant économie et écologie. Le secteur pèse autour de 21-22 milliards d’euros (environ 13 % du PIB régional) et 150 000 emplois. « Le tourisme n’est pas une rente », insiste-t-il : il faut innover et révéler « l’âme du territoire » au-delà des clichés estivaux.
- Prévention des risques majeurs : anticiper plutôt que subir (incendies, etc.), investir en amont et équiper les territoires. Il a récemment mis en avant une « culture de la prévention » au plus près du terrain.
- Autres axes : exemplarité institutionnelle et lutte anticorruption (la Région a obtenu des certifications Sapin 2 et ISO 37001), santé (ex. Mammobile pour le dépistage du cancer du sein), transition écologique (budget « 100 % vert », COP régionale) et proximité avec les communes et habitants. « Mes priorités sont claires : le bien public, la défense des entreprises, la valeur de l’effort, l’innovation, l’attachement aux territoires. » Stabilité et autorité guident son action.
Le mandat, qui court jusqu’aux régionales de mars 2028, s’ouvre dans un contexte de contraintes budgétaires nationales et de tensions politiques. François De Canson devra consolider la majorité, piloter les grands projets et préparer l’échéance électorale tout en affirmant un style propre, celui d’un élu de proximité ancré dans le Var et dans la gestion concrète des dossiers régionaux.

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