Élu sénateur des Bouches-du-Rhône dimanche soir, Renaud Muselier a donc officialisé ce lundi 28 septembre, lors d’une conférence de presse à l’Hôtel de Région à Marseille, sa démission de la présidence de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Après dix ans à la tête de l’exécutif régional, il se consacre désormais pleinement à son mandat au Sénat.
Devant la presse, réunie pour un rendez-vous consacré à « l’avenir de la Région Sud », l’élu marseillais a indiqué avoir rédigé sa lettre de démission dès l’annonce des résultats, « comme je l’avais dit ».
Une assemblée plénière extraordinaire a été convoquée le 12 octobre à 11 heures pour désigner son successeur.
« Je souhaite que François de Canson soit président. C’est un maire réputé, un élu local reconnu », a-t-il insisté. Le maire de La Londe-les-Maures, vice-président de la Région en charge de l’économie et président du Comité régional du tourisme, apparaît depuis plusieurs mois comme le dauphin désigné.
Renaud Muselier avait déjà publiquement dessiné son profil : un élu local expérimenté, tête de liste dans un grand département, réélu à plusieurs reprises.
L’ancien président ne quitte pas pour autant l’institution. Il restera conseiller régional « spécial » et conservera la responsabilité de dossiers stratégiques : les Jeux olympiques et paralympiques d’hiver 2030, les fonds européens et les Bouches-du-Rhône.
Une continuité qu’il avait déjà annoncée pendant la campagne sénatoriale.
Le scrutin de dimanche a été serré. La liste d’union de la droite et du centre conduite par Brigitte Devésa, sur laquelle Renaud Muselier figurait en deuxième position, a obtenu un second siège de justesse, selon les décomptes. La gauche est arrivée en tête dans le département, tandis que le Rassemblement national a progressé.
Cette transition intervient à un moment clé pour la Région Sud. Les Jeux de 2030, dont l’organisation a déjà connu des rebondissements (retrait de Nice notamment), restent un levier majeur d’investissement et d’aménagement du territoire. Renaud Muselier a toujours présenté ces Jeux comme un accélérateur de projets, notamment dans les Alpes et pour la mobilité.
En quittant la présidence, l’élu de 67 ans, passé par Les Républicains puis Renaissance, assume un recentrage sur le combat national. Il a répété ces derniers mois que « la mère des batailles » se jouerait à Paris, face à la montée de l’extrême droite et à l’approche de la présidentielle de 2027.
Au Sénat, il entend défendre une nouvelle étape de décentralisation et un « fédéralisme à la française ». La majorité régionale, jusqu’ici tenue par une alliance droite-centre, devra désormais se structurer autour de François de Canson. Le maire varois, déjà présenté comme « prêt » à prendre le relais, héritera d’une collectivité qui a vu ses moyens augmenter (fonds européens, contrat de plan État-Région) mais qui reste confrontée à des défis structurels : sécheresse, incendies, réindustrialisation de Fos-Berre, transports et attractivité.
Renaud Muselier a clos son intervention en insistant sur la continuité de l’action. « Seul le président changera », avait-il déjà déclaré au printemps. Lundi, il a transformé cette promesse en acte. La Région Sud entre dans une nouvelle phase, avec un sénateur influent à Paris et un nouvel exécutif à Marseille.

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