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Nathalie Bureau du Colombier
Aujourd'hui Dernière mise à jour le Mardi 21 Juillet 2026 à 09:39

L'emploi maritime demeuré stable entre 2017 et 2022 en Provence-Alpes-Côte d'Azur, avec 25 600 salariés travaillant dans ce secteur d'activité, hisse la Région au troisième rang national derrière la Bretagne et la Normandie. Cependant, elle rafle la première place en intégrant tourisme littoral et Marine nationale avec 102 000 emplois devant la Bretagne et la Nouvelle Aquitaine. L'Insee Provence-Alpes-Côte d’Azur et la Région ont présenté, le 16 juillet, dans les locaux de la Région Sud à Toulon, une étude sur le poids de l'économie maritime régionale. Interview vidéo de François de CANSON, Vice-président de la Région Provence-Alpes-Côte d'Azur en charge du développement économique, de l'attractivité, du tourisme et de la prévention des risques majeurs. 

Première région française pour les activités maritimes avec 102 000 emplois

« Nous sommes la première région maritime française, la première destination touristique nautique et la première région française pour le yachting », a souligné, le 16 juillet François de Canson vice-président de la Région Sud en charge du développement économique. 

L’élu qui pourrait remplacer Renaud Muselier à la présidence de la Région, briguant les sénatoriales, a rappelé que la région abritait le premier port militaire de France, à Toulon, et le premier port de commerce à Marseille tout en rappelant également l’importance grandissante de la filière yachting pesant 1,1 milliard d’euros de chiffre d’affaires. 

Ce classement de première région française pour les activités maritimes à 102 000 emplois en 2022 intègre un périmètre élargi à l’ensemble des activités situées sur la frange littorale. « Pendant longtemps, nous avons analysé séparément les ports, la construction navale, la recherche, le nautisme, le tourisme ou encore la Marine nationale. Cette étude nous montre qu’il faut désormais regarder ces activités comme un véritable écosystème« , a souligné François de Canson. 

La mer n’est pas un secteur économique parmi d’autres, elle irrigue l’ensemble de notre développement régional », a-t-il ajouté. Cette étude de l’INSEE précise que sur le périmètre restreint (transport, construction navale, logistique portuaire, recherche), l’économie maritime employait 25 600 salariés et 1 100 non-salariés en Provence-Alpes-Côte d’Azur fin 2022, soit 1,3 % de l’emploi salarié régional réparti dans environ 4 200 établissements. 

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Des salariés présents essentiellement dans le transport maritime et fluvial (11 900 salariés avec des acteurs comme CMA CGM, Corsica Linea ou le Grand Port Maritime de Marseille) et la construction et la réparation navale (7 900 salariés, très majoritairement dans la réparation). 

À eux seuls, ces deux segments représentent près de quatre emplois salariés sur cinq de l’économie maritime régionale. Suivent l’intervention publique, la recherche et la protection de l’environnement (2 900 salariés, dont l’Ifremer) et les produits de la mer, pêche comprise (1 900 salariés). L’éolien offshore, encore au stade pilote fin 2022, alors classé dans les activités de recherche et d’ingénierie est pourtant voué à un bel avenir avec un « objectif de 5GW de puissance installée à horizon 2050 », annonce François de Canson. 

Géographiquement, les Bouches-du-Rhône concentrent 63 % de l’emploi salarié maritime régional, devant le Var et les Alpes-Maritimes. 90 % des emplois régionaux du transport maritime et fluvial sont dans les Bouches-du-Rhône, tandis que 72 % de ceux de la construction-réparation navale sont dans le Var. 

La zone d’emploi de Marseille concentre à elle seule la moitié des emplois salariés maritimes régionaux (12 700 salariés, 2 % de l’emploi local). 

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Des salaires plus élevés, un secteur encore peu féminisé

L’économie maritime régionale se distingue par une concentration plus forte dans les grandes entreprises. Les établissements de plus de 50 salariés y représentent 75 % des emplois, contre 51 % dans l’ensemble de l’économie régionale, et l’effectif moyen par établissement s’élève à 21,3 salariés contre 10,2. Ceux de 500 salariés ou plus emploient à eux seuls quatre salariés maritimes sur dix (10 700), principalement dans le transport maritime et fluvial et dans l’intervention publique-recherche. 

À l’inverse, les très petites structures sont sous-représentées (11 % des emplois contre 23 % dans l’économie régionale), les indépendants restent en revanche majoritaires dans la flotte de pêche, où 70 % des établissements n’emploient aucun salarié.

Le salaire net mensuel moyen en équivalent temps plein atteint 3 910 euros dans l’économie maritime, contre 2 470 euros dans l’ensemble de l’économie régionale, un écart qui subsiste à catégorie socioprofessionnelle équivalente. Le segment du transport maritime et fluvial, le plus rémunérateur, affiche 4 500 euros mensuels ; celui des produits de la mer, le moins rémunérateur, reste à 2 540 euros, soit tout de même au-dessus de la moyenne régionale. 

Cet écart de rémunération s’explique en grande partie par la qualification : la part de cadres atteint 40 % dans l’économie maritime contre 16 % dans l’économie régionale, et les ouvriers qualifiés y sont six fois plus nombreux que les non qualifiés, contre un rapport de deux pour un en moyenne régionale. « Même dans le périmètre restreint, on voit bien que le niveau des salaires est très au-dessus de la moyenne régionale […] ce secteur contribue à l’entraînement de l’économie régionale », commente Olivier Teissier, directeur régional adjoint de la Dreets. 

Valérie Roux, directrice régionale de l’INSEE, rappelle également que l’économie maritime reste en revanche nettement moins féminisée que l’ensemble de l’économie régionale avec 25 % de femmes parmi les salariés, contre 46 %. L’écart se resserre dans la logistique portuaire, segment proche de la parité grâce au poids des employés, catégorie plus féminisée.

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Avec le tourisme littoral et la Marine nationale, un poids multiplié par quatre

Le périmètre de 25 600 salariés place aujourd’hui Provence-Alpes-Côte d’Azur au troisième rang des régions françaises en nombre d’emplois maritimes, derrière la Bretagne et la Normandie. La hiérarchie change du tout au tout dès lors que l’on élargit le champ. En y ajoutant les 62 200 salariés du tourisme littoral (hébergement et restauration essentiellement, sept salariés sur dix) et les 14 200 militaires de la Marine nationale, la Région atteint 102 000 emplois, soit 5,3 % de l’emploi salarié régional et la première place nationale en nombre d’emplois, devant la Bretagne et la Nouvelle-Aquitaine.  

Autant de statistiques destinées à orienter les politiques publiques. La première concerne la feuille de route de l’industrie navale et de défense, signée la semaine précédente par les préfets de département et de région et les ministres du Travail et des Armées : l’étude Insee y sert de base au recensement des établissements, à la quantification des emplois concernés et à l’analyse de la pyramide des âges, pour anticiper les besoins de recrutement et de compétences. 

La seconde porte sur l’éolien en mer avec seulement deux fermes pilotes en service pour quelques mégawatts. Du côté de la Région, François de Canson, le maire de La Londe-les-Maures a resitué ces chiffres dans le cadre de l’Opération d’intérêt régional (OIR) Économie de la Mer, qui soutient les filières du nautisme, de la réparation navale, des technologies sous-marines, de l’éolien flottant, des biotechnologies marines et des industries de défense citant notamment le projet d’implantation de Naval Group sur sa commune sur le site des Bormettes, dédié aux essais de drones sous-marins

« Il contribuera à faire de notre territoire une référence européenne dans les essais et le développement des drones sous-marins et renforcera une filière stratégique pour notre souveraineté nationale », a-t-il affirmé. 

Par ailleurs, il a annoncé le lancement à la rentrée prochaine d’une nouvelle Opération d’intérêt régional sur la formation tout en rappelant l’annonce la semaine dernière de la création d’une nouvelle école d’ingénieurs consacrée aux technologies de la mer et de la défense. 

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