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Olivia Oreggia
11 août 2016 Dernière mise à jour le Jeudi 11 Août 2016 à 07:08

80 machines, plus de 800.000 pigeons ainsi que 3 personnes pour la maintenance, l’entreprise Laporte est à Rio pour sa 8e sélection olympique. Née en 1927, la PME familiale basée près d’Antibes est le leader français du ball-trap. Une des (très) rare

Il y a eu Rome en 1960, puis Tokyo, Montréal, Moscou, Athènes en 2004 puis Londres, Beijing et désormais Rio de Janeiro. Laporte est présent sur tous les Jeux Olympiques. Le renouvellement d’une olympiade sur l’autre n’a pourtant rien d’automatique. Le CIO choisit les fournisseurs parmi plusieurs dossiers plus d’un an avant la compétition.
La qualité et le savoir-faire made in France de Laporte convainquent donc à chaque fois. Comme ils le font aussi sur d’autres grands rendez-vous et championnats internationaux.

Le ball-trap consiste à tirer sur des plateaux d’argile ou des cibles mouvantes à l’aide d’armes de chasse à canons lisses. Peu ou mal connu, la discipline ne compte pourtant pas moins de 25 millions d’adeptes dans le monde !

Jean-Michel Laporte est à la tête d’une entreprise de 85 salariés. Son grand-père est à l’origine de l’aventure, c’était en 1927.
La PME affiche aujourd’hui un chiffre d’affaires de 18 millions d’euros et exporte dans 86 pays, parmi lesquels les USA, les Emirats, la Chine ou l’Australie.
Elle compte une usine dans les Alpes-Maritimes donc où sont fabriqués les lanceurs et où elle a son siège social, une autre dans l’Oise, une encore en Angleterre et une dernière aux Etats-Unis. « Mais hors de question de délocaliser. Nous ne sommes pas à vendre », assure son Pdg face aux propositions qui lui sont faites. Bien au contraire même. L’homme veut transmettre et non pas céder. Il passera la main à ses fils, quand le moment sera venu. Mais il veut surtout et toujours communiquer sa passion.

A 68 ans, c’est lui, l’innovateur de la maison. Lui qui a eu l’idée de Weshoot, une sorte de Facebook pour amateurs de ball-trap. Lui qui veut dépoussiérer l’image de ce sport, la rajeunir. « Le tir n’est pas très médiatique. C’est pourtant un sport de héros. On y forge le caractère, le respect, l’opiniâtreté »

 

D’où l’idée qui a donné naissance aux « pigeons flash », brevetés et utilisés aux JO : une poudre de couleur vive apparaît dans les airs quand la cible éclate sous le feu du tireur. L’épreuve devient ainsi plus visible et « donc plus télégénique ».

C’est lui encore qui a voulu des pigeons écologiques, des cibles en matériaux biodégradables, des peintures sans danger pour l’environnement.

L’innovation fait partie de l’ADN du chef d’entreprise et c’est à elle que Laporte doit de conserver sa place de leader dans un secteur pas si restreint qu’il n’y paraît. Car il n’y a pas que le tir à propremment parlé… il y a aussi le paint-ball ou encore l’archerie. Laporte a par exemple inventé le tir à l’arc sur cibles (en mousse) lancées, qui connaît un grand succès aux Etats-Unis notamment chez les scouts ! L’innovation n’a pas de limite.

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