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Guillaume Ptak
31 mars 2020 Dernière mise à jour le Mardi 31 Mars 2020 à 09:03

La crise liée au coronavirus va particulièrement impacter l'industrie du tourisme en France. La Nouvelle-Aquitaine, première région touristique du pays, ne va pas être épargnée. 

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8% du PIB, 56,2 milliards de recettes et 2 millions d’emplois directs et indirects : en tant que première destination touristique mondiale, la France et son économie dépendent incontestablement du tourisme national et international.

Et la crise du coronavirus menace de mettre à mal ce secteur économique essentiel : interrogé sur Sud Radio la semaine dernière, le secrétaire d’État auprès du ministre des Affaires Étrangères Jean-Baptiste Lemoyne estimait ainsi la perte pour la filière tourisme à 40 milliards d’euros « si la situation devait durer trois mois. »

 

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32 millions de touristes annuellement en Nouvelle-Aquitaine

Michel Durrieu, le directeur général du Comité Régional du Tourisme de Nouvelle-Aquitaine partage ce constat :

«  Au vu de l’ampleur du secteur touristique dans la Région, cette crise pose un gros problème. » Depuis 2019, le tourisme est ainsi devenu le premier secteur économique en Nouvelle-Aquitaine (devant l’agriculture et l’aéronautique) avec 18 milliards d’euros de revenus, soit 9% du PIB.

En tout, le secteur représente 140 000 emplois directs. La Région reçoit annuellement 32 millions de touristes, dont 28 millions de Français : elle est ainsi la première destination des touristes de l’hexagone.

Une nouvelle campagne de communication

Pour faire face et préparer l’après, le CRT a lancé en début de semaine une campagne de communication intitulée «#Solidarité-Tourisme » « La première phase de cette campagne est « Restez chez-vous », ce qui est quand même paradoxal, explique Michel Durrieu.

Nous voulons montrer que le secteur touristique est solidaire du reste du pays, et qu’il ne pourra pas y avoir de sortie de crise sans effort collectif. »  Deuxième mot d’ordre : « Voyagez demain ». « Un des objectifs de cette campagne est d’inciter les gens à changer les dates de leurs réservations plutôt que de les annuler, et ainsi soutenir les professionnels de l’hôtellerie et de la restauration. »

Un des premiers problèmes pour les acteurs du tourisme est ainsi celui de la trésorerie future :

« Si la trésorerie présente est en partie prise en charge par l’État, sans visibilité, ça va devenir de plus en plus compliqué dans les mois à venir pour les entreprises. Cela pose aussi la question des saisonniers. » Ces derniers représentent ainsi 25% des 140 000 emplois de la filière tourisme dans la Région, et leur situation va nécessiter des mesures d’accompagnement spécifiques.

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Des habitudes modifiées durablement

Mais si l’après-crise se prépare dès aujourd’hui, les professionnels du secteur ont conscience que les modes de consommation touristique pourront être durablement impactés par cette crise :

« Lorsque les mesures de confinement seront levées, il est évident que le premier besoin des gens sera de retrouver leurs proches, et donc d’aller chez eux, pas nécessairement dans des hôtels ou campings. »

Quant à l’impact psychologique de la crise sanitaire, il est encore impossible à définir : « Il est possible que les gens hésitent à revenir dans des espaces très peuplés, ou confinés. »

Le retour à la normale n’est pas pour tout de suite.

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