Elle va financer sa première unité de production en Sud Gironde et vise un développement rapide à l’international.
Tout juste labellisée « green tech verte » par le ministère de la Transition écologique, Toopi Organics, spécialisée dans la valorisation de l’urine humaine pour l’agriculture, vient de lever plus d’1 million d’euros dans le cadre de son premier tour de table en capital.
Récompensée par plus d’une dizaine de prix d’innovation en l’espace d’un an, la société ouvrira d’ici fin 2020 une première unité de production en Sud Gironde capable de transformer 750 000 litres d’urine par an.
Avec ce financement, Toopi Organics veut également structurer son réseau de collecte, sécuriser la mise sur le marché de ses biostimulants à base d’urine, et accélérer son développement national et européen.
Cette première levée de fonds a été menée par une société d’investissement evergreen de rang international et le fond d’impact makesense Seed I. Actionnaire historique, le fond régional Irdi Soridec a également été rejoint par 3 family offices, 4 investisseurs privés, et le groupe Allsun, spécialisé dans l’importation et le négoce d’engrais.
Incubée à Unitec, l’une des principales structures d’accompagnement des start-up sur la région bordelaise, Toopi Organics a réalisé ce premier tour de table avec l’appui de l’Agence de Développement et d’Innovation de Nouvelle Aquitaine, la plateforme Fundmeup, et le pôle financement de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Bordeaux.
Fondée en février 2019 avec le soutien de la Banque publique d’investissement et la Région Nouvelle Aquitaine, Toopi Organics a breveté un procédé microbiologique pour enrichir l’urine humaine en micro-organismes d’intérêt agronomique.
L’urine, qui contient déjà les éléments fertilisants NPK est dépolluée et convertie en biostimulants à moindre coût. Les études réalisées par Bordeaux Sciences Agro et la Chambre d’Agriculture de la Gironde ont montré que les produits Toopi sont 30 à 110% plus efficaces que les engrais minéraux traditionnels, et permet de réduire le besoin en eau des végétaux.
« Notre objectif écologique est double. En France, nous souillons chaque année plus de 200 milliards de litres d’eau potable avec notre urine. Notre premier objectif est de préserver la ressource en eau, en collectant 1 à 5% des volumes d’urine produits. Notre second objectif est de libérer les agriculteurs de la dépendance aux engrais minéraux, en leur proposant une véritable alternative écologique, avec des intrants naturels plus efficaces et moins chers que les engrais chimiques » souligne Michael Roes, PDG, co-fondateur, Toopi Organics.
Et Pierre Huguier, directeur scientifique et co-fondateur de Toopi Organics de préciser : « Nous comptons à présent dans nos actionnaires deux distributeurs d’engrais. Nos efforts vont se concentrer dans les prochains mois sur le renforcement de notre portefeuille de brevets, l’obtention d’une autorisation de mise sur le marché, et l’implantation d’unités de collecte et de transformation, en France d’abord, puis au Bénélux, où nous sommes attendus ».

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