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Denys Bédarride
15 septembre 2016 Dernière mise à jour le Jeudi 15 Septembre 2016 à 04:09

Alors que le gouvernement a annoncé en début d'année sa volonté d'engager une "réforme" des pôles de compétitivité, Christian ESTROSI, Président de la Région, a réuni les Présidents des 10 Pôles de compétitivité de Provence-Alpes-Côte d'Azur à l'occ

Photos Pierre Ciot 

Christian Estrosi en direct d’Aix-en-Provence :

 » Le 24 Juillet 2005, alors Ministre de l’Aménagement du Territoire, je signais le décret de création des pôles de compétitivité.

C’est un moment, très précisément gravé dans ma mémoire qui a conduit à la création:

– du Safe Cluster, issu de la fusion des pôles Pégase et Risques (aéronautique, risques, sûreté, vulnérabilité), Michel FIAT ;

– du Pôle Capenergie (transition énergétique), Christian BONNET ;

– d’Eurobiomed (santé, biotechnologies), Xavier TABARY ;

– de Mer Méditerranée (Economie maritime et littorale), François DEMOULIN ;

– d’Optitec (Optique photonique), Gérard BERGINC ;

– de Parfums, arômes, senteurs, saveurs (Parfums, arômes et cosmétiques), Han Paul BODIFEE ;

– du Pôle eau (eau), Sylvain BOUCHER ;

– de Solutions communicantes sécurisées (microélectronique, numérique), Laurent BOUST ;

– de Terralia présidé par Chantal MINIER, Yves Faure (filières du végétal et agroalimentaire) ;

– de Trimatec (écotechnologies), Hugues BLACHERE.

10 ans après, les pôles de compétitivité représentent désormais plus de 1 200 entreprises et près de 300 000 emplois ! 

En 10 ans, vous avez su contribuer au maillage de notre économie régionale, au renforcement de la compétitivité de nos entreprises, au développement de notre socle d’innovation et à la structuration de nos filières d’excellence !

Une immense réussite et, je dirais même, une véritable success-story au cœur de nos territoires. L’innovation est la clé de la croissance et de la compétitivité !

Les pôles, c’est le pari de l’innovation.

L’innovation est un accélérateur de sortie de crise. C’est en finançant l’innovation, que l’on redressera l’économie française et que nous retrouverons notre place dans la compétition internationale. 

C’est la même conviction qui m’anime aujourd’hui comme Président de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur.

C’est ce même pari de l’innovation qui nous conduit, comme je l’ai annoncé à Marignane, le 26 mai dernier, à inscrire notre politique économique dans une logique d’excellence : concentrer nos moyens sur certaines filières stratégiques et certains segments où nous disposons d’avantages comparatifs, là où nous pouvons être les meilleurs !

C’est ainsi que nous gagnerons la bataille économique, la bataille pour la croissance et pour l’emploi !

Les pôles de compétitivité parce qu’ils sont la vitrine de la France qui réussit, sont un acteur incontournable, cette nouvelle politique. 

J’en ai la certitude, vous êtes, vous, chefs d’entreprises, pôles de compétitivité, le relais indispensable pour doper notre économie.

Et les deux pépites que je viens de rencontrer en sont l’illustration. 

Que ce soit Novadem, membre du pôle Safe qui produit des drones civils ou encore SP3H membre d’Optitec avec ses capteurs pour optimiser la consommation de carburant et notamment son projet BIO2BUS, ces deux entreprises innovent, produisent de la croissance et créent des emplois.

Et tout cela, c’est du « fabriqué en Provence-Alpes-Côte d’Azur » avec une production entièrement réalisée en PACA.

Preuve s’il en fallait encore une pour démontrer que nous n’avons pas besoin de faire le tour du monde pour avoir des entreprises innovantes ! 

Depuis plus de 10 ans, les pôles de compétitivité n’ont jamais été remis en cause. Ils ont toujours été préservés et confortés. 

La success-story continue, comme un levier essentiel de notre politique industrielle ! Et ce quel que soit le Gouvernement et la majorité. Aujourd’hui, le Gouvernement semble pourtant désireux de les réformer. Vous le savez, je suis un réformateur et je serai toujours favorable à la réforme. 

Entendons-nous : réformer ce qui ne marche pas, même si c’est toujours le plus difficile, le plus risqué politiquement, ce qui exige le plus de courage. Pas casser ce qui marche, ce qui assure notre succès. On ne peut pas stopper ce qui constitue une véritable dynamique industrielle.

Voilà pourquoi, je suis farouchement opposé à la naissance de pôles de compétitivité à deux vitesses que souhaite le Gouvernement !

D’un côté, si j’en crois la logique du Gouvernement, il y aurait les pôles nationaux fortement impliqués dans les plans industriels et les « 9 solutions de la Nouvelle France Industrielle » qui continueraient à être pilotés au niveau national. 

De l’autre, les pôles restants verraient leur pilotage décentralisé aux Régions.

Or nous ne voulons pas de cette politique à deux vitesses ! Pour ne pas prendre un tel risque, je pose une condition de bon sens : une telle évolution passe par le transfert aux Régions des crédits d’animation des pôles sur la base de la fourchette haute de ces 10 dernières années, et non sur ces 3 dernières années !  

L’inverse serait impensable et constituerait un recul pour la croissance de notre pays ! 

Je souhaite, également, que l’Etat transfert aux Régions et non à la BPI ou à la DIRECCTE, le pilotage et la gestion des crédits du Fonds Unique Interministériel pour permettre aux Régions de maitriser la labélisation des projets.  Mais je sais aussi que vous êtes inquiets par rapport à la perspective d’une décentralisation complète de la politique des pôles aux Régions.

A minima, il me parait essentiel de mettre en place un Conseil National Stratégique des Pôles de Compétitivité associant l’Etat, les collectivités concernées et les pôles pour avoir une stratégie commune. 

Seule une telle instance stratégique permettra de mieux articuler les politiques industrielles et d’innovation entre le niveau national et le niveau régional, à l’heure où les Régions ont, depuis la loi NOTRe, une compétence économique renforcée.

C’est à cette condition et à cette condition seulement qu’une nouvelle étape dans le développement des pôles pourra être franchie, que nous écrirons ensemble une nouvelle page de cette success-story à la française.

Elle sera alors une opportunité pour nos territoires et notre économie régionale.

La Région saura prendre ses responsabilités, croyez-moi ! 

Cet engagement, dès le budget 2016 il s’est traduit de manière très concrète. 

Malgré un exercice budgétaire très contraint, parce qu’il s’agissait de mettre fin à cette spirale sans fin des dépenses, j’ai souhaité augmenter le budget régional dédié aux pôles de compétitivité de plus de 3% par rapport à 2015 soit 100 000 euros supplémentaires.

Et à ces 4,2 millions d’euros s’ajoutent les 12 projets sélectionnés par le Fonds Unique Interministériel que nous soutenons activement pour 4 millions d’euros.

Je vous annonce également que pour 2017, nous nous engageons à augmenter, encore notre soutien aux pôles de compétitivité !

Avec Renaud MUSELIER, nous avons également lancé cet été un appel à projets de 12 millions d’euros pour financer les projets des entreprises. 

Tout comme nous avons doublé les moyens du bureau de notre représentation à Bruxelles. 

Alors n’ayons pas peur de faire appel à elle pour participer à la relance de notre économie française et à l’innovation en Provence-Alpes-Côte d’Azur !

D’ores et déjà 2 pôles (OPTITEC & SCS) sont installés à Bruxelles et ont obtenu le label d’or de la Commission Européenne grâce à la qualité de leur production. 

D’autres ont des représentants permanents à Bruxelles (Mer et Optitec) hébergés dans nos locaux. 

L’Union Européenne, grâce à la Région est donc désormais à vos côtés. Vous pouvez ainsi constater que le « ça va changer » de décembre 2015 s’est transformé en « ça a changé » en septembre 2016 !

Le bureau de Bruxelles pourra également vous accompagner, vous informer dans le cadres de vos démarches, notamment les appels horizon 2020 qui sont directement gérés à Bruxelles.

Enfin, j’ai la conviction que la commande publique doit  plus que jamais être employée au service de l’économie, et de l’économie locale. 

La préférence régionale n’est pas un gros mot ! Je ne peux concevoir que la commande publique s’adresse à des entreprises extrarégionales ou étrangères, lorsque nous avons tant de talents ici, chez nous.

Voilà pourquoi nous bâtissons un Small Business Act qui sera acté dans les prochaines semaines !

Les pôles de compétitivité sont depuis plus de 10 ans, un concentré d’innovation, au service de la croissance des entreprises et de l’emploi.

 

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