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Sophia Antipolis est-elle toujours la technopole n°1 en Europe ?
Par Olivia Oreggia publié le 16 NOV 2016 à 08:47
Au cœur des Alpes-Maritimes, Sophia Antipolis a (déjà) soufflé ses 47 bougies. La technopole azuréenne continue d’attirer, de créer de la croissance et des emplois : 3.000 en 2 ans ! Présentation d’un lieu à nul autre pareil, où l’on vient du monde entier pour en découvrir le modèle.

 

Pour bien comprendre ce qu’est Sophia Antipolis, peut-être faut-il d’abord commencer par s’y perdre…ce qui est assez facile ! Imaginez, au sortir de l’autoroute, 2.500 hectares dont les 2/3 sont des espaces verts plantés de pins et étalés sur pas moins de 5 communes.

« Ce n’est pas toujours bien lisible et visible Sophia Antipolis !", concède Jean Leonetti, député-maire d’Antibes et président de la CASA, la Communauté d’Agglomération Sophia Antipolis. "Par où on rentre, par où on sort ? On est à Sophia ? à Valbonne ? à Biot ? à Antibes ? à Vallauris ? » Mais c’est aussi ce cadre exceptionnel qui participe à faire du parc, un monde à part.

Sophia Antipolis est née en 1969 de l’idée du sénateur Pierre Laffitte, autour de la « fertilisation croisée », une alchimie entre entrepreneurs, enseignants et chercheurs. C’est ce qui a fait et continue de faire sa force.

Aujourd’hui, elle se traduit ainsi :

  • 1.350 entreprises 
  • 35.000 emplois
  • 70 nationalités
  • 4.500 chercheurs (centres publics et privés): INRIA, CNRS, INRA...
  • 5.500 étudiants: Université Nice Sophia Antipolis, Skema Business School, Polytech, Eurecom, Ecole Nationale Supérieure des Mines Paristech

 

 

Il faut y ajouter le Business Pôle (un second est déjà sur les rails), à la fois incubateur et pépinière d’entreprises qui abrite notamment 2 pôles de compétitivité. Ou encore un FabLab, au sein du campus Sophiatech, un atelier dédié à l’internet des objets, porté par l’Association Telecom Valley et par l’Université.

« C’est une idée originale aujourd’hui devenue banale », poursuit Jean Léonetti. « Avec 3.000 emplois créés en 2 ans, c’est le fleuron de l’innovation et de la croissance. Et c’est en même temps une espérance pour la France et une marque de confiance pour notre pays».

« C’est un nom, une marque à valoriser. C’est un laboratoire d’innovation, un lieu où le futur se pense », selon la définition de Philippe Mariani, directeur stratégie de la Fondation Sophia Antipolis. Le facteur humain y est capital.

« Avant de travailler pour telle ou telle entreprise, on se sent sophipolitain. C'est très important d'être ainsi attaché à ce territoire dont le savoir-faire en matière d'innovation en fait l'une des meilleures techonopoles au monde."

Et cela vaut pour des startups, des PME et même de grands groupes français ou internationaux. A l’image d’Amadeus, leader mondial de solutions informatiques appliquées à l'industrie du voyage et du tourisme. Le groupe espagnol est l’un des principaux employeurs des Alpes-Maritimes, avec près de 4.000 personnes. Il y a aussi Thalès, Nvidia, Galderma, Orange, Cisco, Huawei ou Bosch… 20% d’entre elles (soit 42% des emplois) sont tournées vers les technologies de l’information.

Quel avenir pour Sophia ?

« Le plus important, c’est de rester international », assure Philippe Mariani. « Les emplois se feront parce qu’on est international. L’attractivité est là ! » Et son rayonnement ne se dément pas. Après la Chine, des Etats du Golfe comme Barhein ou le Qatar viennent aussi voir ce qui se fait ici. « L’Algérie aussi, la Malaysie, Moscou... Le Pérou veut créer une technopole et c’est naturellement vers nous qu’il se tourne pour chercher conseil. »

Mais c’est aussi localement que se joue le devenir de Sophia.

« Sans l’Université et l’Etat, sans les investissements du Département aux côtés de la Communauté d’agglomération, et si on n’avait pas eu l’idée de créer la chaine de l’innovation », explique Jean Léonetti, « on aurait quelque peu donné l’image d’un Sophia Antipolis vieillissant. Là, on a redonné l’image d’un Sophia Antipolis entreprenant. »

Et ainsi conservé sa place de 1ère technopole d’Europe.

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