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Isère: Comment sortir de la crise ? Un nouveau Plan «stations de montagne«
Par Denys Bédarride publié le 14 JAN 2021 à 09:13
Lors de ses annonces du jeudi 7 janvier, le gouvernement a prévenu que les remontées mécaniques des stations ne pourraient pas ouvrir dans les prochains jours, la perspective du 20 janvier a été avancée comme date de revoyure pour une ouverture éventuelle début février en fonction de l’évolution de la crise sanitaire. Un coup dur pour les professionnels de la montagne. Le Département de l’Isère a décidé de réagir.

Face aux graves conséquences économiques et sociales pour le secteur touristique, le département de l’Isère et son agence Isère Attractivité développent une stratégie de crise à 3 niveaux : mesurer les impacts de la crise pour mieux la comprendre, gérer ses effets et accompagner les territoires et les entreprises, sortir de cette crise en imaginant le tourisme de demain.

Mesurer les impacts de la crise pour mieux la comprendre mais aussi partager les données avec les professionnels, les élus et l’Etat

Isère Attractivité s’est doté en 2018 d’un outil de monitoring pour analyser chaque année la performance économique des différents secteurs d’activités composant l’offre touristique de l’Isère. Ceci a permis à l’agence de prendre rapidement la mesure en avril dernier de la gravité de la crise à venir.

Le premier confinement a fait perdre 380 millions d’€ de chiffre d’affaires à l’économie touristique iséroise, la saison estivale, malgré une excellente fréquentation des visiteurs français, a généré 120 millions d’€ de pertes, la deuxième vague COVID et la fermeture des remontées mécaniques pendant les vacances de Noël ont causé 250 millions d’€ de pertes.

Sur l’ensemble de l’année, l’Isère a ainsi perdu 1,8 million de nuitées touristiques françaises par rapport à 2019 (-12%) et 4 millions de nuitées étrangères ( - 40 %). L’année 2020 se termine avec un bilan de 750 millions d’€ de pertes pour l’une des économies les plus importantes du territoire isérois (2 milliards d’€ de chiffre d’affaires en 2019 et 23 300 emplois).

La faiblesse de l’activité a aussi un impact considérable sur les filières sous-traitantes : 5000 restaurants isérois fermés, ce sont autant de producteurs, viticulteurs, artisans, services de blanchisserie...qui perdent leur principal débouché.

22 stations avec des remontées mécaniques fermées, ce sont des centaines d’équipementiers (matériels et équipement des domaines skiables, matériel de ski et autres activités, vêtements...) installés pour un grand nombre dans le bassin grenoblois, qui se retrouvent sans débouchés.

Nous nous réjouissons de l’essor de la pratique de la raquette et du ski de rando ces 3 dernières années, mais rappelons qu’en 2019 le ski nordique a généré 1,5 million € de chiffre d’affaires et les remontées mécaniques 128 millions d’€.

Les stations de montagne sont des villages qui ont l’ambition de vivre à l’année, mais jusqu’à présent, c’est bien le ski alpin et les remontées mécaniques qui font vivre cet écosystème en hiver.

Gérer les effets de la crise, accompagner les territoires et les entreprises, faire remonter leurs attentes et besoins auprès de l’Etat pour des aides plus complètes et mieux adaptées

Le tourisme est une compétence partagée. Face à la crise sanitaire, chaque collectivité joue son rôle. Le département de l’Isère a abondé le Fonds Région Unie, lancé par la Région Auvergne Rhône-Alpes à hauteur de 5 Millions d’€.

Il a aussi une fonction d’amortisseur social, il a participé par exemple en Isère à l’achat de tests antigéniques à destination des stations, il soutiendra la mise en place des centres de test de proximité ; il a demandé à l’agence d’attractivité de mettre en place au printemps un centre d’appels à destination des entreprises touristiques, de réaliser des opérations solidaires pour les restaurateurs et les personnels soignants.

Grâce à un dispositif original, les Contrats de Performance des Alpes de l’Isère, le Département permet à l’aide de la taxe collectée sur les remontées mécaniques de financer les projets de diversification dans les stations iséroises.

Les communes et les communautés de communes assurent quant à elles la sécurité de leurs habitants et de leurs entreprises

Sortir de la crise, imaginer le tourisme de demain et demander à l’Etat de la visibilité et des perspectives

Dans les années 60 un plan montagne d’envergure a été l’élément déclencheur de l’épopée de l’or blanc. Aujourd’hui un nouveau plan « station de montagne » porté par l’état est indispensable.

Ce nouveau plan devra accompagner les stations de montagne dans les nouveaux défis qui vont se poser à elle : repenser l’offre pour garantir la montagne quatre saisons, répondre aux nouvelles attentes des clientèles et faire face au changement climatique.

Les objectifs seraient de faire évoluer l’usage et les bénéfices des stations de donner l’accès aux plus jeunes et aux plus modestes aux richesses naturelles de la montagne, de repenser l’habitat et d’optimiser la gouvernance des stations.

Dans ce contexte-là, la montagne iséroise a vocation à devenir un territoire national d’expérimentation du tourisme de demain et son positionnement dans la dimension bien-être et santé va dans ce sens.

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