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Provence Alpes Côte d’Azur : Quels sont les impacts de la crise sanitaire sur l’économie régionale ? Analyse
Par Denys Bédarride publié le 03 MARS 2021 à 09:11
En Provence-Alpes-Côte d’Azur, les restrictions sanitaires ont provoqué un coup de frein sur l’activité, sans doute un peu plus marqué qu’au niveau national. Le tertiaire marchand et notamment l’hébergement-restauration, qui pèsent davantage dans la région, sont en effet plus exposés. La recrudescence du recours au chômage partiel a permis de limiter les pertes d’emplois, mais les embauches restent très déprimées, en particulier dans les territoires dépendants du tourisme d’hiver. L’impact de la crise se traduit également par une vive accélération du nombre de bénéficiaires du RSA.

Le confinement mis en place entre le 30 octobre et le 14 décembre a entraîné une nouvelle chute de l’activité économique en France au 4e trimestre. L’écart d’activité par rapport au niveau d’avant-crise aura ainsi été de l’ordre de −8 % en novembre, un recul beaucoup moins marqué qu’en avril, avant de revenir à −4 % en décembre.

Les services, plus exposés aux mesures de restriction, ont été davantage affectés que l’industrie. Début 2021, les mesures de lutte contre l’épidémie ont été progressivement renforcées.

Dans ce contexte, l’activité aurait été globalement stable en janvier, restant comme en décembre 4 % en deçà de son niveau d’avant-crise. L’activité progresserait d’environ 1,5 % au premier trimestre 2021 sous l’hypothèse d’un maintien des mesures de restrictions sanitaires actuelles.

La consommation des ménages a baissé en novembre plus encore que l’activité (–15 % par rapport au niveau d’avant-crise), avant de rebondir en décembre (–4 %). Les premières données disponibles sur janvier indiquent que la consommation des ménages aurait de nouveau reflué du fait de l’extension du couvre-feu à 18 heures sur tout le territoire national.

En Provence-Alpes-Côte d’Azur, les restrictions sanitaires ont provoqué un coup de frein sur l’activité, sans doute un peu plus marqué qu’au niveau national. Le tertiaire marchand et notamment l’hébergement-restauration, qui pèsent davantage dans la région, sont en effet plus exposés.

La recrudescence du recours au chômage partiel a permis de limiter les pertes d’emplois, mais les embauches restent très déprimées, en particulier dans les territoires dépendants du tourisme d’hiver. L’impact de la crise se traduit également par une vive accélération du nombre de bénéficiaires du RSA.

L’activité replonge au quatrième trimestre

Après avoir retrouvé à l’été un niveau proche de la situation d’avant-crise, l’activité économique de la région aurait nettement rechuté au 4e trimestre selon les premières données disponibles.

Avec la deuxième vague épidémique et le reconfinement de la population, la perte d’activité a été très marquée en novembre. Mesurée par le nombre d’heures de travail payées par les employeurs (donc hors chômage partiel), l’activité dans la région aurait diminué de 13 %.

Cette baisse est plus sensible qu’au niveau national (–10 %), la structure de l’économie régionale, plus tournée vers les services, l’exposant davantage aux restrictions sanitaires.

En décembre, malgré un léger mieux, la baisse d’activité dans la région (–10 % par rapport à 2019) resterait un peu plus forte qu’au niveau national (–8 %). Fin 2020, le déficit d'activité serait donc beaucoup moins prononcé qu’au deuxième trimestre 2020 (−25 %).

Au niveau national, les indicateurs à haute fréquence disponibles sur les premières semaines de janvier suggèrent une quasi-stabilité de l’activité.

Tous les secteurs ne sont pas affectés de la même façon : c’est dans le tertiaire marchand que la baisse des heures rémunérées est la plus importante : –18 % en novembre et –13 % en décembre, soit 3 points de moins qu’au niveau national. La baisse d’activité dans l’hébergement-restauration (−64 % en novembre et décembre dans la région) y contribue fortement.

Le déficit d’activité du tertiaire marchand est beaucoup plus marqué dans les territoires où l’hébergement-restauration est davantage présent. C’est le cas des Alpes-Maritimes et surtout des Hautes-Alpes, durement touchées en décembre par la fermeture des stations de sports d’hiver.

L’activité partielle en hausse dès fin octobre

Grâce au dispositif d’activité partielle, la baisse d’activité ne s’est pas traduite dans les mêmes proportions par un recul de l’emploi. Ainsi, la part des salariés en activité partielle en Provence-Alpes-Côte d’Azur a légèrement augmenté au cours du mois d’octobre, puis nettement accéléré début novembre (+7 points en deux semaines).

Elle concerne alors 11 % des effectifs salariés, soit 2,5 points de plus qu’au niveau national. Cette part est plus mesurée que lors du premier confinement, en partie du fait du resserrement des critères d’éligibilité dans le cadre du dispositif d’activité partielle longue durée.

Le secteur de l’hébergement-restauration reste toutefois très concerné par ce dispositif : la part des salariés en chômage partiel augmente très fortement dès la fin du mois d’août, passant de 7 % en août à 56 % au mois de novembre.

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Les embauches replongent, en particulier dans les Alpes-Maritimes

En parallèle, les déclarations préalables à l’embauche diminuent fortement en novembre (−37 % par rapport à novembre 2019) avant de se stabiliser en décembre. Alors qu’en août les embauches étaient inférieures de 11 % au niveau de l’année précédente, la baisse n’a cessé de s’accentuer ensuite.

Au niveau départemental, les embauches diminuent particulièrement dans les Alpes-Maritimes : –50 % en décembre par rapport à 2019. Les Alpes-de-Haute-Provence et les Hautes-Alpes, dont le nombre d’embauches avait résisté jusqu’ici, subissent de plein fouet la fermeture des stations (respectivement –37 % et –47 %). La situation est à peine plus favorable dans les Bouches-du-Rhône (–24 %).

Les dépenses par carte bancaire baissent brutalement en novembre

Avec le deuxième confinement, la consommation des ménages a nettement reculé en novembre avant de se redresser assez rapidement en décembre. Les montants de transactions par carte bancaire ont fortement chuté, dans la région comme en France métropolitaine.

Sur l’ensemble du mois de novembre, l'ampleur de la baisse est cependant deux fois plus faible qu’en avril et mai, lors du premier confinement. En décembre, les transactions par carte bancaire retrouvent un niveau similaire à 2019.

Les données disponibles au niveau national sur les trois premières semaines de janvier indiquent néanmoins un ralentissement de la consommation en ce début d’année.

Le nombre de bénéficiaires du RSA toujours en hausse

Les impacts de la crise se traduisent sur le nombre de bénéficiaires du revenu de solidarité active (RSA). Celui-ci a fortement augmenté au cours de l’année 2020 par rapport à 2019. Au mois de novembre, la hausse est de 12,2 % sur un an.

Les bénéficiaires de l’allocation de solidarité spécifique (ASS), versée par Pôle emploi aux personnes ayant épuisé leurs droits à l’allocation d’aide au retour à l’emploi, suivent la même trajectoire et sont en forte hausse de mai à octobre 2020 par rapport à 2019.

Les foyers bénéficiaires des aides au logement augmenté plus modérément (+3,3 % sur un an). De même, les bénéficiaires de l’allocation adulte handicapé (AAH) sont légèrement plus nombreux qu’en 2019.

Le ralentissement du nombre de bénéficiaires de la prime d’activité en 2020 est le contre-coup du rebond enregistré en 2019, consécutif à l’élargissement de la base éligible. Néanmoins, le nombre de ses bénéficiaires accélère un peu en fin d’année (+2,8 % en novembre).

Source INSEE Provence Alpes Côte d’Azur

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