Ecomnews - Adds
Auvergne-Rhône-Alpes : La Région va débloquer 100 millions d’€ pour recruter dans les secteurs en tension
Par Denys Bédarride publié le 05 OCT 2021 à 09:34
Laurent WAUQUIEZ, Président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, a présenté le plan régional retour au travail, accompagné de Stéphanie PERNOD, Vice-présidente à l’Economie, et Ségolène GUICHARD, Vice-présidente à l’Apprentissage et à la Formation professionnelle. Ce dernier va permettre de débloquer 100 millions d’euros pour accompagner les entreprises dans leurs projets de recrutement et faciliter les embauches dans les secteurs en tension.

La crise sanitaire a accentué, pour de nombreuses entreprises, les difficultés de recrutement. Certains secteurs sont ainsi particulièrement touchés. En France aujourd’hui, il y a 5,6 millions de demandeurs d’emploi alors même que près de 400 000 emplois sont à pourvoir dans notre pays.

Près de la moitié de ces projets de recrutement sont jugés difficiles, voire impossibles, par les employeurs, ce qui illustre bien l’inadéquation de notre modèle de formation et de notre modèle social à la réalité économique. Pour dynamiser la relance de l’économie, affaiblie par la crise sanitaire, il est d’autant plus urgent de remédier à cette pénurie de main- d’œuvre.

La situation est toute aussi préoccupante dans notre région avec un taux de chômage à 7,3% et 400 000 demandeurs d’emplois, mais avec pourtant de nombreuses offres d’emploi non pourvues.

En Auvergne-Rhône-Alpes, plusieurs secteurs sont considérés comme en tension et peinent à recruter. Plus de 7 000 offres d’emploi sont considérées comme difficiles dans la viticulture, environ 15 000 dans l’hôtellerie/restauration, etc.

En tout, ce sont 150 000 offres d’emplois, dont la moitié en CDI, qui ne trouvent pas preneur. L’hôtellerie-restauration fait partie des secteurs où les difficultés de recrutement sont les plus frappantes: la réouverture des bars et des restaurants s’est effectuée dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre flagrant.

Mais nos exploitations agricoles rencontrent elles aussi des difficultés importantes, en témoigne des récoltes et des vendanges parfois compromises cette année à cause de la pénurie de main-d’œuvre. Mais d’autres secteurs rencontrent ces difficultés : les métiers de la santé, du service à la personne, de l’industrie, du transport, etc.

Ces difficultés sont rencontrées par de nombreux secteurs professionnels, mais aussi par tous les départements de la région : dans le Cantal, 53% des recrutements sont considérés comme difficiles ; dans l’Ain, 51% ; en Isère, 51% ; en Haute-Savoie, 60% ; dans la Loire, 50% ; en Haute-Loire, 50% ; dans le Rhône, 45% ; dans l’Allier, 45% ; dans la Drôme, 40% ; dans le Puy-de-Dôme, 40% ; en Savoie, 40% ; en Ardèche, 35%.

Pour faciliter les embauches des demandeurs d’emplois et aider nos entreprises à recruter, la Région Auvergne-Rhône-Alpes a mis sur pied un plan pour l’emploi et le recrutement dans les secteurs en tension, le plan régional retour au travail doté de 100 millions d’euros. Ce plan, construit avec les équipes de Pôle emploi et les différentes branches professionnelles, s’axe autour de trois volets :

1) Identifier les besoins de recrutement

La Région avait déjà identifié sept secteurs professionnels en tension : les métiers du BTP et de la transition écologique ; l’industrie et l’industrie du futur ; les services à la personne et la santé ; le numérique ; le secteur sport, tourisme, montagne ; l’agriculture ; le transport.

Cet effort va être accentué, au plus près du terrain et des entreprises, pour recenser et cibler toutes les offres d’emploi disponibles. Sur les 150 000 offres disponibles dans la région, 75 000 vont être suivies attentivement et précisément. Elles seront ensuite recensées et publiées sur la plateforme régionale « Nos talents Nos emplois », en lien avec les équipes de Pôle emploi, pour faciliter les projets de recrutement.

2) Promouvoir les métiers qui recrutent :

Pour faciliter le recrutement dans les secteurs en tension, il faut donner envie de ces métiers. Il faut en faire la promotion, les valoriser, informer les familles. Pour ce faire, plusieurs dispositifs vont être lancés :

  • Des bus de l’orientation circuleront dans la région pour informer très spécifiquement sur les métiers en tension ;
  • 50 jobs dating seront organisés d’ici la fin de l’année scolaire, dédiés aux métiers en tension ;


Enfin, de grandes campagnes de communication vont être lancées pour faire connaître et valoriser les secteurs en tension.


La première sera dédiée aux métiers de l’hôtellerie-restauration, où il y a urgence de remédier à la pénurie de main-d’œuvre. La réouverture des bars et restaurants a été compliquée pour les professionnels du secteur faute de personnel.

La Région s’est donc fixée comme objectif d’accompagner le recrutement de 1 000 personnes dans ce secteur, en ciblant trois métiers particulièrement en tension (serveur, commis de cuisine, employé d’étage) avant le début de la saison hivernale.

Le plan de communication s’appuiera sur l’image de marque de notre territoire, terre de gastronomie, sur la récente victoire française au Bocuse d’Or et sur une campagne sur les réseaux sociaux en partenariat avec Anne-Sophie PIC.

?id=5Ld1dRXeJKGHOF6pugiSc1CpZWx8sN6c


Puis d’autres campagnes suivront, concernant les autres secteurs :

  • Le bâtiment en octobre, en s’appuyant sur « Les Coulisses du bâtiment » portées par la Fédération française du bâtiment ;
  • L’industrie en novembre en s’appuyant sur la Semaine de l’industrie ;
  • Le numérique en décembre ;
  • Les services à la personne en janvier, à l’occasion de l’ouverture de la plateforme Parcoursup ;
  • L’agriculture en mars en écho au Salon de l’agriculture.


3) Former dans les métiers en tension


L’objectif est de proposer 10 000 formations nouvelles sur les métiers en tension.
Tout d’abord, toutes les formations concernant les métiers en tension seront financées par la Région. L’objectif est de refuser aucun financement de formation.

Des formations seront proposées par la Région sans intermédiaires pour faciliter les démarches administratives et accélérer les procédures. La Région va aussi intensifier le financement des CARED, qui permettent de former directement dans les entreprises avec un haut niveau d’efficacité.


Enfin, la Région va développer plusieurs écoles de formation dédiées aux métiers en tension, sur le modèle du Campus Région du Numérique à Charbonnières-les-Bains. Ce modèle sera étendu à d’autres métiers/secteurs : les techniciens de laboratoire ; les métiers de l’industrie et de l’aéronautique ; les métiers du BTP. Mais d’autres secteurs sont étudiés.


4) Une base droits et devoirs

Près de 400 millions d’euros par an sont mobilisés chaque année par la Région et Pôle emploi pour la formation. Ces crédits importants obligent les bénéficiaires à un certain respect du financement public. Une base droits et devoirs va ainsi être mis en place par la Région concernant son offre de formation.

Ainsi, toute personne qui s’engage dans une formation financée par la Région s’engagera aussi à aller jusqu’au bout. Si celle-ci abandonne avant, sans raison valable, elle n’aura plus accès aux formations proposées et financées par la Région pour une durée de 3 ans.


Laurent WAUQUIEZ a même proposé à Elisabeth BORNE, Ministre du Travail, que la Région expérimente un nouveau modèle où la personne qui abandonne sa formation soit obligée de la rembourser. Ce dispositif nécessite pour l’heure une modification législative et ne peut donc être mis en œuvre.

« La situation dans notre région est préoccupante et ne doit pas perdurer. On a 400 000 demandeurs d’emploi d’un côté ; et de l’autre 150 000 offres d’emploi qui ne trouvent pas preneur. Notre objectif est donc de lancer un plan de retour travail pour remédier à cette situation.

D’abord, nous allons identifier tous les métiers qui recrutent, tous les secteurs en tension ; nous allons ensuite en faire la promotion, les mettre en avant, les faire connaître ; et enfin nous allons financer de nouvelles formations, adaptées aux besoins de nos entreprises. Ce sont 100 millions d’euros qui vont être débloqués pour combler la pénurie de main-d’œuvre dans ces secteurs en tension.


En contrepartie de cet effort financier, on va être très vigilants et s’assurer que les personnes que l’on forme recherchent sérieusement un emploi et aillent au bout de leur formation.

Aujourd’hui, en France, trop souvent on gagne plus en restant chez soi qu’en allant travailler. Ça, on ne le changera pas à l’échelle de la Région, mais on peut redonner envie aux gens de travailler, faciliter les recrutements pour nos entreprises et responsabiliser les personnes en formation. », a déclaré Laurent WAUQUIEZ, Président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes.

?id=1l2yOQzWZu4X0azK3tPSB5XFkfkm7pji

Ecomnews - Adds