Ecomnews - Adds
Coup de projecteur sur le Piment d’Espelette, seule épice Française en AOP !
Par Fiona Urbain publié le 27 AOÛT 2020 à 08:49
Avec une trentaine de producteurs en 1997, et plus de 200 producteurs et entreprises de transformation et de reconditionnement, la filière Piment d’Espelette se caractérise par un dynamisme remarquable dans le monde agricole ! Reportage sur la seule épice Française en AOP.

Un peu d’histoire…

En 8000 ans av j-c, les amérindiens récoltaient déjà les piments sauvages. C’est au Mexique que l’on retrouve les plus anciennes racines du Piment d’Espelette. Ce sont les premiers grands explorateurs qui ont permis de diffuser en quelques années la culture du piment dans le monde. Dès 1650, on retrouve les premières traces de piment autour d’Espelette.

Ce sont les femmes qui ont commencé à le cultiver, car elles voyaient en lui un bon moyen de remplacer le poivre, trop cher à l’époque. Le piment était utilisé comme une épice qui servait aussi bien à l’assaisonnement qu’à la conservation des viandes et des jambons.

C’est autour du 19ème siècle que les femmes ont commencé à vendre les piments sur les marchés et notamment à Espelette, véritable carrefour commercial de la région, leur permettant ainsi de disposer d’un revenu personnel.

Dans les années 80, la culture du Piment d’Espelette a connu un vrai déclin et a failli disparaitre. Mais sous l’impulsion des producteurs regroupés en syndicat depuis 1993, il obtient sa reconnaissance officielle en AOC en 2000 et en AOP en 2002.

Il est aujourd’hui la plus célèbre et la seule épice labélisée en France.

Le terroir du Piment d’Espelette bénéficie d’un microclimat aux températures douces en été, à la pluviométrie généreuse, et du fameux vent du sud, « Haize Hegoa ».

Il a été défini par une zone de production qui s’étend sur 10 communes situées dans la partie occidentale du Pays Basque :

-Souraïde et Larressore (retenues en totalité), Ainhoa, Ustaritz, Itxassou, Halsou, Jatxou, Cambo-les-Bains, Espelette, Saint-Pée sur Nivelle.

Le piment d’Espelette est plutôt associé aux piments doux que forts. En effet sur l’échelle de Scoville qui mesure l’intensité du piquant, il se situe à 4, sur une échelle de 10 (échelle simplifiée)

?id=C9twcdRTefPthxCjH7ybuCgn72OUAQ6M

Une filière en mouvement

Avec une trentaine de producteurs en 1997, et plus de 200 producteurs et entreprises de transformation et de reconditionnement, la filière Piment d’Espelette se caractérise par un dynamisme remarquable dans le monde agricole !

En 2019, 4,3 millions pieds ont été plantés sur l’ensemble de la zone de production dont 630 835 sur la commune d’Espelette contre 3,4 en 2014. La surface agricole totale concernée par la production de Piment d’Espelette est de 248 hectares.

Le Piment d’Espelette, qui participe au maintien des exploitations familiales et à la création d’emplois, a également d’importantes retombées locales, notamment sur le plan touristique. Le Piment d’Espelette est à ce titre l’un des emblèmes incontournables du Pays Basque.

Chaque opérateur de la filière est responsable de sa commercialisation. Si tous les circuits de vente sont représentés, depuis la vente directe jusqu’aux circuits longs de distribution. Les circuits courts, créateurs de valeur ajoutée, restent cependant les créneaux privilégiés de vente des producteurs de Piment d’Espelette.

D’une commercialisation centrée sur le Pays Basque à l’origine, l’AOP bénéficie désormais d’une demande du marché national en épiceries fines, magasins de terroir, restaurateurs, grossistes et artisans de l’agro-alimentaire.

Le Piment d’Espelette connaît en parallèle une nouvelle demande à l’export, émanant de professionnels des pays européens, du Canada et des Etats-Unis, mais aussi des pays asiatiques (Japon).

?id=ht2m5z4fOrtOn8NPZcZQPe25UslhpFC8

© Photos : Syndicat du Piment d'Espelette

Ecomnews - Adds