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Et si la crise était le catalyseur de la transition numérique en Haute-Garonne ?
Par Charline Poullain publié le 15 DEC 2020 à 10:00
Pendant la crise plus que jamais, les entreprises ont besoin d’une visibilité numérique. Elles la peaufinent, aidées des collectivités, qui leur ouvrent leur propre site Internet. Une évolution des habitudes d’achats, accélérée par la pandémie. Enquête et reportage en Haute-Garonne.

Lancé le mois dernier, le site Géolocal 31 regroupe et géolocalise 700 entreprises de Haute-Garonne, tous secteurs confondus.

« Elles ont la possibilité de mettre leur catalogue, leurs spécialités, détaille Patrice Falcou, vice-président de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Haute-Garonne en charge du commerce. Les clients choisissent par zone géographique ou par activités, par nom, par livraison ou click & collect ». Le site enregistre 4 000 vues.

« L’accompagnement à la numérisation va continuer, nous avons appelé près de 600 commerçants pour leur proposer un audit qui permet de voir la situation numérique de l’entreprise et d’apporter un accompagnement individuel si besoin. » D’où le webminaire "Créer son site, vendre efficacement en ligne".

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« Le commerce est en train de changer, d’évoluer, de s’adapter aux modes d’achats d’aujourd’hui, notamment avec la jeune génération de commerçants, analyse Patrice Falcou. Il y a eu une réelle prise de conscience sur l’importance d’avoir un site qui fonctionne, de la vente en ligne, un catalogue produit sympa et mis à jour en permanence. Beaucoup s’y sont mis, d’autres étaient présents mais l’ont l’amélioré pour limiter la perte de chiffre d’affaires ».

Ainsi la tapissière Élise le Touzé, qui a créé la marque Jocelin et Marlaine spécialisée dans le recyclage, témoigne: « Pendant le confinement on a beaucoup travaillé sur notre visibilité numérique, on n’avait jamais le temps de le faire ! On a remis le site à plat et tout réécrit ».

C’est d’autant plus important qu’elle a un atelier au centre-ville de Toulouse mais pas de boutique, « on vend dans des magasins toulousains et en click & collect ».
Dans la même veine, le Conseil départemental, en partenariat avec la Chambre d’Agriculture de Haute-Garonne, vient de créer le site et l’application DirectFermiers31.fr, où sont référencés 300 producteurs sur 75 points de vente directs, dont des marchés et Amap.

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Au nord de Toulouse, l’office de tourisme des Hauts Tolosans joue aussi le jeu, recensant parmi les bonnes adresses de son territoire les nouveautés existantes : « On met à jour les restaurants et les click & collect », explique Edwige Masse, la directrice de cet office intercommunal qui regroupe 29 communes.

« Imaginer un nouveau business pour demain, complémentaire à celui d’hier »

Le Crédit Agricole 31 a hébergé sur son site une carte interactive regroupant des commerçants dans divers secteurs : mode, beauté et santé, restauration, alimentation, équipement de la maison, culture et loisirs.

« Les entreprises ont une façon incroyable de s’adapter et de pouvoir s’imaginer un nouveau business pour demain, complémentaire à celui d’hier », observe Nicolas Langevin, directeur général du Crédit Agricole Toulouse 31.

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C’est le cas au GAEC (groupement agricole d'exploitation en commun) des Breseghello à Merville où Kimberley Rambaud, 25 ans, s’occupe de l’image de la ferme sur Facebook et Instagram. Elle poste régulièrement des photos de légumes de saison, de champs, de serres, de récoltes...

L’aventure débute au premier confinement, « quand les marchés ont été interdits, nous avons commencé les paniers », explique la jeune femme, qui travaillait jusque là dans la restauration. La solution plaît, les clients commandent une centaine de paniers par semaine ! « La plupart nous ont demandé de continuer au déconfinement mais nous n’avions trop de travail. »

De sorte qu’au deuxième confinement, elle relance le service et agrandit même le champ en créant Banasta&co, où elle met en lumière de petits producteurs locaux. « Les gens passent commandes par mail ou sur les réseaux sociaux. Ce n’est pas tout à fait la même clientèle que d’habitude. »

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Les livraisons étant effectuées en points relais. Kimberley Rambaud travaille désormais à son site Internet.


A Cadours, Lucie Costes peaufine aussi l’image de son restaurant Le Sommer. Chaque jour, une photo du menu dans sa barquette à emporter apparaît sur les réseaux sociaux. De quoi donner envie de venir…

Si l’établissement qu’elle tient avec sa sœur est fermé, des clients passent bien la porte chaque midi, essentiellement des travailleurs locaux, s’arrêtant au comptoir pour récupérer leur panier repas. Le restaurant n’ouvre plus le soir et est passé d’une trentaine couverts à douze par jour.

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