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Pacte de Milan : 91 villes du monde réunies à Montpellier autour de l’alimentation durable
Par Redaction publié le 10 OCT 2019 à 00:41
Ecomnews était en direct de la 5e édition du rendez-vous annuel et Sommet des maires du Pacte de Milan, qui se déroulait à Montpellier du 7 au 9 octobre. Reportage.

L’alimentation est un formidable levier pour que les comportements changent, pour nous, pour vous et pour la planète », s’est réjoui Philippe Saurel, maire de Montpellier, lors de l’ouverture du Sommet des maires du Pacte de Milan.

Sur les 200 villes signataires, 91 étaient présentes pour ce grand événement, qui rassemble chaque année les acteurs urbains du monde entier autour de la thématique de l’alimentation durable.
Décideurs, chercheurs, représentants d’ONG et d’organismes internationaux… Tous se sont déplacés à Montpellier pour renforcer les échanges autour du Pacte de Milan, signé en 2015, et partager des expériences.
Réduction du gaspillage alimentaire, mise en place de circuits courts, adaptation au changement climatique, les défis à relever sont nombreux et ce, dans tous les pays du monde. « Les villes sont des acteurs fondamentaux pour atteindre les objectifs de développement durable de l’ONU », a assuré Anna Scavuzzo, maire adjointe de Milan.
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« Devons-nous détruire la planète pour nous nourrir ? »

Moment fort de ce rendez-vous, le discours de Muhammad Yunus, prix Nobel de la Paix, connu pour avoir fondé, en 1976, la première institution de microcrédit, la Grameen Bank. Rappelant l’histoire douloureuse des famines meurtrières au Bengladesh, le « banquier des pauvres » a plaidé pour un changement radical du système.
« Qu’est-ce que la nourriture ? Nous détruisons des forêts pour faire pousser des céréales. Les forêts brûlent, mais elles sont à la base de nos vies », s’est-il alarmé. « Devons-nous détruire la planète pour nous nourrir ? Nous devons nous réveiller ! ». Et de prendre l’exemple de la mise en place de micro-crédits et d’une « finance sociale », pour encourager les populations à se nourrir de façon respectueuse de l’environnement, sans forcément avoir à se déplacer dans les villes.
Mais pour la majorité de la population qui réside dans les centres urbains, il s’agit bien de trouver des solutions pour mieux se nourrir, tout en répondant aux problématiques environnementales.
C’est tout l'objectif de cette conférence, selon Philippe Saurel. L’un des moyens pour y parvenir ? Confronter les expériences des villes qui assurent la lutte contre le dérèglement climatique. De l’importance de la recherche agroalimentaire à la valorisation de l’agriculture biologique et des circuits courts, le maire a cité quelques exemples qui montrent que Montpellier fait de cette question de l'alimentation durable une priorité.

Partage d’expériences urbaines

Les maires de plusieurs villes du monde, et notamment d’Afrique, ont donc été amenés à partager leurs expériences de terrain. Armand Bédouindé, représentant Ouagadougou, au Burkina Faso, a ainsi fait part de la mise en place d’une grande campagne pour diminuer le sel et le sucre dans les repas de rue, assurant que « l’hygiène est la façon de répondre au problème de l’alimentation dans les villes ».
Le maire de Quelimane, au Mozambique, a de son côté évoqué le travail de la ville en termes de lutte contre le gaspillage alimentaire. « Nous utilisons les restes alimentaires pour en faire du compost et le distribuer ensuite aux fermiers », a-t-il ainsi expliqué.
« L’urgence est d’agir mais en ne laissant personne de côté », a de son côté assuré Thomas Lesueur, délégué interministériel au développement durable en rappelant quelques chiffres : 3,5 milliards de personnes vivent en ville dans le monde et celles-ci concentrent 70% des émissions de CO2. « Nous devons changer notre modèle de développement, concrètement et pas à pas. Le modèle doit être plus circulaire, local et inclusif ».

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La déclaration de Montpellier, un « texte fondateur »

Au dernier jour de cette conférence, la déclaration de Montpellier a été adoptée à l’unanimité lors d’un vote à mains levées. Ce texte intègre, en plus du Pacte de Milan initial, les recommandations des villes qui entrent dans le cadre des Objectifs de développement durable de l’ONU.
Parmi celles-ci, le partage des bonnes pratiques alimentaires urbaines, la suppression du plastique ou la mobilisation des acteurs de l’alimentation pour l’hygiène alimentaire, recommandée par les représentants de Brazzaville au Congo. « C’est autour de textes fondateurs que s’écrit l’histoire du monde et celui-ci fera partie du corpus mondial des textes fondateurs », a précisé Philippe Saurel. « Certaines villes n’ont pas encore commencé le chemin, il faut fixer un cadre acceptable ».
Parmi les villes signataires du Pacte de Milan, six ont été récompensées lors de la cérémonie des « Milan Pact Awards ». Deux exemples, Montpellier a été saluée pour son approvisionnement et sa distribution alimentaires durables, et Nairobi au Kenya pour l'équité sociale et économique et pour ses actions en termes de sécurité alimentaire.
Si les acteurs présents lors de ces trois jours ont évoqué l’urgence de l’action, tous s’accordent sur la nécessité de traduire les paroles en actes. « Nous devons rentrer dans nos villes et commencer à agir », a ainsi conclu l’adjointe au maire de Milan.
Camille Dubruelh en direct du Pacte de Milan
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