Après des années de blocage autour de la « Rue bordelaise », le projet Canopia est désormais lancé au pied de la gare Saint‑Jean. Porté par Apsys dans le cadre de l’OIN Euratlantique, ce nouveau morceau de ville mêlant commerces, logements, hôtels et espaces verts doit être livré à l’horizon 2027 et incarner une forme de « haute couture urbaine » à la bordelaise.
Entre la gare et la Garonne, sur les îlots Descas et Saget, un nouveau quartier est en train de naître. Baptisé Canopia, ce projet d’environ 4 hectares s’inscrit dans l’opération d’intérêt national Bordeaux Euratlantique et entend transformer en profondeur l’entrée sud de la ville.
L’ambition : recoudre un secteur longtemps délaissé, très marqué par les infrastructures routières, et en faire une extension naturelle du centre historique.
Porté par le promoteur Apsys, aux côtés de l’établissement public Bordeaux Euratlantique et avec l’appui de la Banque des Territoires, Canopia représente près de 70 000 m² de surfaces bâties.
Le cœur du programme est clairement commercial et tertiaire, mais il intègre aussi du logement, des hôtels, des résidences étudiantes et des espaces publics largement végétalisés. L’opérateur revendique un investissement déjà sécurisé d’environ 347 millions d’euros, soit une grande partie du financement nécessaire au chantier.
Au programme, environ 60 000 à 70 000 m² d’activités commerciales, de bureaux, d’hôtellerie et de loisirs. Le projet prévoit jusqu’à 140 boutiques, dont un espace dédié à l’économie sociale et solidaire, deux hôtels ainsi qu’un pôle de loisirs familial.
La partie résidentielle reste plus modeste en volume, avec environ 150 à 180 logements – dont une part significative de logements sociaux – complétés par deux résidences étudiantes. L’objectif est de capter les flux de voyageurs de la gare, les salariés du quartier et les riverains, en créant une nouvelle centralité commerçante entre la gare et le fleuve.
Architecturalement, Canopia marque une rupture avec la première mouture de la « Rue bordelaise », jugée trop minérale et trop tournée vers la grande consommation. La nouvelle version revendique une écriture « quasi haussmannienne » : hauteurs modérées, gabarits alignés sur le centre historique, façades en pierre, trame urbaine classique plutôt qu’une skyline de tours.
Le tout doit s’insérer dans le paysage bordelais sans concurrencer le patrimoine, tout en assumant une forte intensité commerciale.
La dimension écologique est devenue un marqueur fort du projet. Canopia promet un grand parc Descas d’environ 2 hectares, des jardins en toiture, une ferme urbaine et des espaces plantés totalisant plusieurs milliers de mètres carrés.
Le réemploi de matériaux issus des bâtiments déconstruits – pierre, métal, bois – est présenté comme un levier important de réduction du bilan carbone du chantier. La réduction de la place de la voiture, avec des parkings limités et une priorité donnée aux mobilités douces, doit également contribuer à verdir l’image du futur quartier.
Après une longue séquence de pause et de renégociation politique, le calendrier s’est accéléré. La phase de déconstruction et de préparation du site a démarré début 2025, avant une pose symbolique de la première pierre au printemps. La construction des premiers bâtiments en hauteur doit s’étaler sur environ deux ans et demi, pour une livraison globale envisagée autour de 2027. D’ici là, les accès routiers aux quais et aux trémies doivent être reconfigurés, afin d’ouvrir davantage le quartier vers la Garonne et les berges.
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