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Nathalie Bureau du Colombier
6 September 2022 Dernière mise à jour le Tuesday, September 6, 2022 At 2:30 PM

La Méridionale, compagnie maritime desservant la Corse au départ de Marseille, a inauguré le 5 septembre 2022 l’installation d’un filtre à particules sur son navire amiral, le Piana. L’installation technique située en pontée, élimine les gaz à effet de serre et les particules fines et ultra fines. Une première mondiale saluée par le maire de Marseille, le président de la Région et le préfet de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Après les querelles de l’été et la pétition lancée par le maire de Marseille contre la pollution de l’air des bateaux de croisière, c’est sur le Piana, navire amiral de La Méridionale, filiale du groupe Stef que la rentrée portuaire a sonné ce 5 septembre. Les professionnels du secteur et des élus sont venus saluer une première mondiale en matière de décarbonation de la mobilité maritime.

La compagnie qui assure la desserte de la corse en fret et passagers a expérimenté dès 2019 la marinisation d’un filtre à particules à base de bicarbonate de soude utilisé traditionnellement dans l’industrie telles que les cimenteries ou les centrales thermiques. Une fois validé par le Bureau Véritas elle a étendu en 2021 sa solution aux quatre moteurs avec à la clé une réduction des gaz à effet de serre, du SO2, des métaux lourds des particules fines et ultra fins à quai et durant les traversées. Restera à éliminer l’oxyde d’azote dans une prochaine étape avec un procédé à base d’ammoniac, l’équivalent de l’Adblu sur les voitures et poids lourds. 

16 M€ pour expérimenter et valider l’équipement

Désormais, le Piana se trouve non seulement en conformité avec les normes internationales actuelles (IMO 2020) mais anticipe la limitation des émissions de soufre à 0,1% à compter de 2025 en Méditerranée à l’issue de la décision cet été de l’Organisation maritime internationale. « C’est une fierté industrielle, une fierté de filière et une fierté de territoire », a souligné le directeur général de la compagnie Benoît Dehaye devant un parterre de personnalités. La compagnie a investi 16 M€ mais a bénéficié d’une subvention de la Région sud et de l’Ademe à hauteur de 5,4 M€. Renaud Muselier, président de la Région a rappelé le lancement en 2017 de son plan escale zéro fumée assorti d’une enveloppe de 31 M€ pour réduire la pollution dans les métropoles portuaires de Nice, Toulon et Marseille. « Nous sommes au cœur des enjeux de notre temps : économie ou écologie, la croissance ou la santé, la force du territoire ou l’apaisement pour ceux qui vivent. Mais ce qu’ils veulent nous faire choisir se trompent ! Ceux qui divisent, qui opposent en permanence ces deux visions font fausse route », a lancé le président de la Région. 

Torpille contre les compagnies de croisière

Le maire de Marseille Benoît Payan, qui a réuni 50 000 signatures à la pétition lancée en ligne fin juillet contre la pollution de l’air des paquebots, a salué l’initiative de la Méridionale et lancé une nouvelle torpille contre les armateurs de croisière.  « Sur ce port où nous nous trouvons, il y a aussi des entreprises, notamment des géants de la croisière, au service d’un modèle économique de prédation, qui continuent de cracher, de déverser sur Marseille et ailleurs des fumées noires remplies de poison. Ils mettent en danger nos habitants, ils détruisent nos littoraux. Et l’appât du gain étant plus fort, ils continuent, en toute impunité, en toute liberté, de créer les conditions d’un monde invivable. Invivable pour les riverains, qui souffrent de cette pollution quotidienne », a-t il lancé. 

Le préfet de Région Sud Christophe Mirmand, chargé  d’animer la Charte Ville Port, a annoncé l’adoption d’un document stratégique du Conseil maritime de façade et la signature d’une nouvelle charte lors du Blue Maritime Summit le 20 octobre prochain.

La Méridionale a été également pionnière dans le raccordement de ses trois navires au courant de quai. Un investissement de 3,5 M€. Le trafic maritime émet 38% d’oxydes d’azote, 15% des particules fines et 33% d’oxydes de soufre de la ville de Marseille.