En ce début d’année 2026, la cérémonie des vœux du président de la Région Sud, avait des accents de bilan après dix années passées à la tête de l’institution. Renaud Muselier a mis en avant ses principales satisfactions : l’amélioration des transports du quotidien et la dynamique impulsée par l’accueil des Jeux Olympiques, avec un doublé 2024-2030. Mais les élections municipales sont là et il a confirmé son soutien affiché à Martine Vassal à Marseille dans une stratégie d’alliance pour faire barrage au Rassemblement national.
Quatre ans avant les Jeux d’hiver 2030, Renaud Muselier a annoncé le 29 janvier, qu’il assisterait à la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques d’hiver de Milan-Cortina, prévue le 6 février prochain. Interrogé sur les retombées pour la Région Sud, il a cité les conclusions d’une étude Ares (de décembre 2025), chiffrant à 3,6 milliards d’euros les retombées économiques directes (avec Auvergne-Rhône-Alpes), 50 000 emplois créés et 1,7 milliard d’euros de recettes fiscales et sociales, sans compter les bénéfices en termes de notoriété. Il a également plaidé pour que 80 % des marchés publics attribués par la Solideo profitent aux entreprises locales.
La Ligne Nouvelle Provence-Côte d’Azur sur de bons rails grâce aux JO 2030
Les ambitions sportives s’accompagnent d’un vaste programme d’infrastructures, avec une échéance fixée à 2030. Selon Renaud Muselier, l’effet « Jeux » permet d’accélérer des projets longtemps attendus : la modernisation de la ligne ferroviaire Marseille-Briançon, la rocade de Gap, le contournement de Martigues-Port-de-Bouc. Surtout, la Ligne Nouvelle Provence-Côte d’Azur (LN PCA), attendue depuis trente ans, voit enfin son financement sécurisé : plus de 600 millions d’euros de l’État et 100 millions de l’Union européenne. « La phase 1 est financée, alors que d’autres projets à grande vitesse, comme Bordeaux-Toulouse, peinent à se concrétiser », a souligné le président de Région. La clause spéciale « JO 2030 » du nouveau contrat de plan État-Région a, selon lui, fait toute la différence. « C’est le meilleur Contrat de plan de notre histoire : 5,1 milliards d’euros pour notre territoire, soit une enveloppe multipliée par deux et demie », s’est-il félicité.
Il a aussi mis en avant l’expertise de la Région en matière de mobilisation des financements européens : « En dix ans, nous avons obtenu 10 milliards d’euros, attiré des entreprises internationales et accompagné une entreprise sur cinq dans notre région ».
Une taxe poids lourds en transit pour financer les SERM à l’étude
La transition écologique demeure une priorité affichée. « L’électrification à quai des navires dans les ports de Marseille, Toulon et bientôt Nice, grâce à notre programme « Escales Zéro Fumée », est une victoire concrète pour notre filière maritime et pour la santé publique », a-t-il déclaré. Concernant les transports du quotidien, notamment pour les jeunes, si la conférence Ambition France Transports n’ait pas permis de dégager de financement pour les Services express régionaux métropolitains (SERM), la Région travaille sur des pistes pour financer ces services de train et d’autocar à haute fréquence et notamment le projet d’une taxe poids lourds pour les transits, à l’image du R-Pass dans l’Est.
Sous les projecteurs médiatiques, alors que les élections municipales approchent et que Marseille est scrutée de près par les états-majors parisiens en vue des échéances nationales, Renaud Muselier a ciblé l’équipe municipale en place tout en affirmant que la campagne n’était pas encore lancée. Il a noté que les citoyens restaient concentrés sur les enjeux nationaux, notamment budgétaires. Dans ce contexte, il a dénoncé une baisse de 80 millions d’euros de la dotation de l’État au budget régional, à dix jours du vote de l’orientation budgétaire.
Les regrets de Renaud Muselier
Alors que Marseille apparaît comme un enjeu clé de la prochaine séquence électorale, Renaud Muselier a lancé un appel à l’unité républicaine : « Partout où la droite se divise, le Rassemblement national progresse. Il est urgent d’agir avec responsabilité, d’être raisonnable. J’en appelle au rassemblement de nos forces, et j’apporte à nouveau mon soutien à Martine Vassal ». Une déclaration lourde de sens, alors que plusieurs arrondissements marseillais pourraient basculer au RN en cas de dispersion des voix, sur fond de tensions internes à la droite et de fragilité de la gauche.
Interrogé sur ses regrets après dix années de mandat, le président de la Région a pointé les fortes disparités entre les territoires et le manque de volonté de l’État d’engager une décentralisation réelle.
10 ans à la Région en chiffres clés :
- 100 000 entreprises aidées soit 1 entreprise sur 5
- 1 million de voyageurs par semaine dans les transports régionaux
- 7,50€ par mois pour voyager avec Zou!
- 134 lycées rénovés et 6 nouveaux lycées construits
- 38 millions d’€ engagés pour soutenir les forces de l’ordre
- 227 produits labellisés 100% valeurs du Sud
- 1ère région d’Europe avec 1000 festivals chaque année
- 96% des habitants heureux de vivre en région Sud































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