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Fiona Urbain
Aujourd'hui Dernière mise à jour le Dimanche 5 Juillet 2026 à 09:28

Mercredi 1er juillet 2026, la Sud de France Arena de Pérols accueillait les premières Rencontres des acteurs économiques organisées par la Région Occitanie. Devant plusieurs centaines de dirigeants et décideurs du territoire, la présidente Carole Delga a livré un discours sans détour : attractivité record, enclavement persistant, urgence climatique, désengagement financier de l'État — et malgré tout, une volonté affichée de rester aux côtés des entreprises. Prochaine étape : Toulouse, le jeudi 9 juillet 2026 à La Cité, pour une rencontre dédiée aux acteurs économiques de l'ouest de la région. Reportage vidéo.

Un nouveau format de dialogue direct

De 18h à 22h, dans une ambiance conviviale et loin du protocole institutionnel habituel, la soirée s’articulait autour de trois temps forts : un dialogue direct entre Carole Delga et les chefs d’entreprise, un grand débat économique animé par les économistes et journalistes Thomas Porcher et Dominique Seux, puis un moment d’échanges libres autour d’une dégustation de produits Occitanie Sud de France.

Le ton est donné d’emblée par Jalil Benabdillah, vice-président en charge de l’économie : «C’est un pacte de confiance que nous établissons avec le monde économique, dans cette région où nous sommes plus résilients qu’ailleurs. » Une ambition que la présidente a déclinée tout au long de la soirée.

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6,2 millions d’habitants et 25 000 emplois à créer chaque année

L’Occitanie affiche une attractivité démographique que Carole Delga revendique volontiers : avec plus de 40 000 nouveaux habitants chaque année, la région est «la plus attractive de France». Mais cette dynamique impose une contrainte de taille : pour maintenir l’équilibre du marché du travail, l’économie régionale doit générer 25 000 emplois par an. Un défi que la région relève — elle se classe en tête des créations d’emplois en France depuis trois ans — mais au prix d’un paradoxe douloureux.

«Nous gagnons le plus de population mais nous sommes quand même la région la plus enclavée de France», a reconnu la présidente. Un enclavement qui pèse sur la compétitivité des entreprises et freine les investissements extérieurs.

Pour y remédier, Carole Delga a annoncé l’avancement des projets de Lignes à Grande Vitesse. Les consultations pour la première phase de la ligne nouvelle Montpellier-Perpignan débuteront dans les prochaines semaines, tandis que l’appel d’offres pour la liaison entre le nord de Toulouse et le sud de Bordeaux est attendu pour la fin de l’année.

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Urgence climatique : l’Occitanie veut servir de territoire d’expérimentation

Sur le dérèglement climatique, la présidente n’a pas mâché ses mots. La région «souffre le plus du changement climatique» à l’échelle nationale, et les chiffres parlent d’eux-mêmes : «En deux ans et demi, il a autant plu à Perpignan qu’à Marrakech», a-t-elle illustré. Un constat qui résonne d’autant plus fort que la canicule sévissait sur le territoire au moment même de ces rencontres — avec des effets économiques bien réels, comme l’ont rappelé les débatteurs de la soirée : arrêts de chantiers, baisse de productivité, fractures entre salariés exposés et ceux bénéficiant de la climatisation.

Face à l’urgence, Carole Delga réclame le droit d’agir plus vite. Elle a notamment évoqué le projet hydraulique Aqua Domitia, destiné à sécuriser l’approvisionnement en eau de l’Hérault, de l’Aude et des Pyrénées-Orientales, et plaidé pour une accélération des procédures administratives : «J’ai demandé au Président de la République que nous soyons un territoire d’expérimentation, parce que sur certains sujets nous ne pouvons pas être dans le temps administratif très long de la France. Il y a urgence, en particulier sur la question de l’eau.»

Cette stratégie environnementale s’accompagne d’une diversification du tissu économique, avec des investissements massifs dans les énergies renouvelables — hydrogène vert et éolien flottant en tête —, la santé connectée et les industries culturelles, en complément des piliers traditionnels que sont l’agriculture (187 000 emplois), le tourisme et l’aéronautique.

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500 millions d’euros de dotations en moins : la région tient malgré tout

Carole Delga a rappelé la dépendance structurelle des régions françaises aux dotations de l’État — 95 % de leur budget — avant de dénoncer le désengagement financier de l’administration centrale : «Dans ce budget 2026, à euros constants, j’aurais dû avoir 4 milliards d’euros. J’ai 3 milliards 500. C’est 500 millions d’euros de baisse de dotation de l’État en trois ans.»

Malgré cette contrainte majeure, la Région maintient sa position de première région investisseuse de France en matière économique, tout en sanctuarisant les budgets alloués à l’éducation et à la formation professionnelle à travers le Pacte pour l’embauche. Un équilibre que la présidente défend avec conviction, rappelant que l’économie régionale a soutenu directement 86 000 entreprises en dix ans pour un montant de 1,7 milliard d’euros, ciblant à 99 % des TPE et des PME. «Il n’y a pas de petites entreprises, il n’y a que des entrepreneurs», a-t-elle lancé sous les applaudissements de la salle.

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Decazeville, Tarascon, Saint-Gaudens : le volontarisme en actes

Pour illustrer ce soutien concret aux entreprises, Carole Delga a cité deux interventions industrielles récentes qui témoignent d’un volontarisme assumé.

À Decazeville, en Aveyron, suite au désengagement de Renault et à la liquidation d’une fonderie d’aluminium ayant entraîné 333 licenciements, la Région a racheté le foncier et les équipements. Deux entreprises s’installent actuellement sur le site, avec l’objectif de créer 100 emplois d’ici un an et 300 à terme.

À Tarascon et Saint-Gaudens, pour soutenir le site de production de pâte à papier Fibre Excellence, fragilisé par la hausse des coûts de l’électricité, les régions Occitanie et PACA vont entrer au capital à hauteur de 8 millions d’euros aux côtés d’investisseurs privés.

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Un débat qui refuse le déclinisme

Le grand débat de la soirée, animé par Thomas Porcher, professeur à la Paris School of Business, et Dominique Seux, éditorialiste aux Échos et sur France Inter, a permis d’élargir le propos aux grandes tendances nationales et internationales : succession de crises — financière, sanitaire, géopolitique —, réindustrialisation, souveraineté économique, filières d’avenir.

Si les deux économistes divergent sur certains points d’analyse, ils se rejoignent sur un constat : les acteurs de terrain refusent le déclinisme. Dominique Seux a salué «la capacité des acteurs économiques à rester dans l’action plutôt que dans le discours», tandis que Thomas Porcher a insisté sur «l’importance des échelles locales pour réduire les dépendances extérieures».

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Toulouse, le 9 juillet : la tournée continue

Ces premières Rencontres des acteurs économiques — organisées en partenariat avec l’Agence AD’OCC, les CCI territoriales et la CCI Occitanie — ont posé les bases d’un cycle de dialogue régulier entre la présidente et les chefs d’entreprise. Un format que les participants ont salué pour sa proximité et son pragmatisme, loin des grands-messes institutionnelles.

Prochaine étape : Toulouse, le jeudi 9 juillet 2026 à La Cité, pour une rencontre dédiée aux acteurs économiques de l’ouest de la région.

(Re)découvrez notre reportage :

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