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10 mars 2021 Dernière mise à jour le Mercredi 10 Mars 2021 à 08:03

L’économie de la Haute-Garonne marque le pas, stoppée par le coup de frein de l’industrie aéronautique et l’ensemble des mesures empêchant l’exercice d’une activité économique normale. La reprise annoncée en 2021 ne suffira pas à retrouver, ni le niveau d’activité, ni les emplois d’avant crise. Tenant compte des contraintes et des incertitudes globales mais également des fermetures toujours effectives, les chefs d’entreprise restent prudents, l’enjeu portant sur leur capacité à traverser une année certes de rebond mais en demi-teinte.

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En 2020, la crise sanitaire de la Covid-19 impacte lourdement l’économie départementale en récession de -15,7 % des chiffres d’affaires sur un an.

Malgré l’ampleur du choc conjoncturel, les entreprises ont su s’adapter et activer les dispositifs d’aides limitant le repli des effectifs salariés à – 2,6 %.

Pour 2021, l’enjeu c’est la reprise !

Les dirigeants, malgré de multiples risques, tablent sur un rebond d’activité de + 5,1 % qui permettrait d’améliorer les rentabilités d’exploitation mais sans retrouver le niveau d’activité de 2019, ni de renouer avec une trajectoire d’embauche.

 

Sur les principaux secteurs, après une chute de – 25,2 % en 2020, l’industrie progresserait de + 6,2 %. Les services se développeraient à hauteur + 6,6 % contrecarrant le net recul de -13,7 %. Le BTP-Immobilier progresserait de + 4,7 % après le retrait de -10,3 %.

Enfin, le commerce connaîtrait une croissance limitée de + 1,9 % atténuant le repli de – 3,7 %. Ce rebond généralisé ne suffit pas pour renouer avec une trajectoire d’embauches (-0,5 %), mais limite les suppressions de postes dans l’industrie et le BTP-Immobilier. Il permet de reconstituer en partie les emplois serviciels et de consolider ceux du commerce.

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Recul industriel amplifié par la secousse aéronautique

Dans le sillage de l’aéronautique, l’activité industrielle recule de – 25,2 % en 2020 effaçant les performances de haut niveau de 2019. Toutes les branches décrochent, celles directement liées à l’aéronautique (- 32,1 %) mais également les industries de biens de consommation grevées par des manques de débouchés.

Hors aéronautique et spatial, le repli industriel atteint -10,2 %. Le recul est ainsi généralisé aux industries des équipements mécaniques, équipements électriques et électroniques et également aux biens intermédiaires utilisés dans la production d’autres biens.

Seules les industries agroalimentaires limitent leur baisse malgré l’arrêt de certains débouchés comme la restauration hors foyer, l’évènementiel et les retombées liées au tourisme.

L’activité industrielle cumule un déficit de demande inédit, un recul des marges et une rentabilité lourdement détériorée. Seule la trésorerie est soutenue par les PGE. La crise affecte notamment les PME-ETI et les grandes entreprises se traduisant par des destructions d’emplois (- 7,9 %)

Choc violent étendu à l’ensemble de la filière aéronautique

Après une année 2019 record, la filière aéronautique subit en 2020 la violence du choc de la pandémie mondiale. Au bilan, l’impact est généralisé, la baisse d’activité affecte les entreprises du secteur industriel (-33,4%) de la filière, comme celles des services (-28,6%).

Marchés fortement réduits et concurrence soutenue dégradent les marges des acteurs de la filière et condamnent leur rentabilité. La situation financière des entreprises se détériore mais résiste pour 74% des dirigeants (- 7 pts sur 1 an).

L’investissement productif se contracte significativement ; les efforts préalablement réalisés sur les capacités de production apportent à ce jour un potentiel largement suffisant compte tenu de la baisse d’un tiers des cadences. Habituellement pourvoyeuse d’emplois, la filière perd près de 10% de ses salariés.

Les suppressions sont plus marquées pour l’industrie que pour les services avec, en premier lieu, l’arrêt de l’intérim. Les dispositifs d’activité partielle ont parallèlement permis de contenir certaines destructions d’effectifs.

Si les perspectives industrielles s’inversent en 2021 (+11,8%), les services associés ne connaitraient pas ce retournement favorable de croissance et souffriraient d’une deuxième année de repli de leurs chiffres d’affaires (-4,1%).

En 2021, l’emploi se contracterait à nouveau sur l’ensemble de la filière (- 6,1%), notamment pour les acteurs industriels.

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Le secteur des services impacté par les fermetures administratives et autres contraintes sanitaires

Le secteur subit d’une part la fragilisation des services aux entreprises notamment affiliés à la filière aéronautique (ingénierie, informatique…), et d’autre part, la pénalisation des services aux particuliers liée aux confinements et toujours soumis à des mesures sanitaires contraignantes.

Enfin, les fermetures répétées des hôtels-cafés-restaurants, traiteurs et acteurs de l’évènementiel laissent des professionnels exsangues. Important levier pérenne de notre croissance, le secteur recule de -13,7% en 2020. L’impact de la crise sur les HCR est sans appel (-43,2%).

Le tourisme d’affaires métropolitain est durablement stoppé. L’observatoire hôtelier de la grande agglomération toulousaine acte un recul de -58% des résultats du parc hôtelier.

Grâce aux dispositifs d’aide d’activité partielle, la baisse globale des effectifs salariés est amortie (-1,4%), les HCR débauchent plus sévèrement (-10,7%). Les services aux particuliers ajustent également leurs effectifs en raison d’un recul de près de 20% de leur chiffre d’affaires.

L’année 2020 laisse les entreprises du BtoC asséchées avec une trésorerie et une rentabilité effondrées.

Commerce : Repli généralisé à l’exception des activités dites essentielles

 

Le bilan d’activité du commerce acte un repli de -3,7% des chiffres d’affaires en 2020. Toutes les branches se contractent à l’exception des grandes surfaces et du commerce de détail alimentaire épargnés par les fermetures administratives et bénéficiant d’une demande très élevée.

De fortes disparités caractérisent le secteur. À noter les importantes baisses d’activité pour le commerce de gros aux débouchés réduits sur l’ensemble des marchés, le recul marqué de l’équipement de la personne mais également du commerce-réparation automobile.

Ces trois branches déstabilisées par les différentes mesures liées à la crise sanitaire font face à une érosion de leur marge et un décrochage de rentabilité. Le commerce-réparation automobile aborde déjà 2021 en baisse de carnets de commandes.

L’équipement du foyer et le bricolage résistent mieux. Dans ce scenario pourtant contraint, le commerce est le seul secteur à maintenir ses effectifs. Si l’emploi progresse globalement de +0,8%, l’équipement de la personne et le commerce de gros débauchent.

 

BTP : Repli de l’ensemble des activités en déficit de demande

 

Après six ans de croissance, le secteur BTP-Immobilier accuse en 2020 un recul d’activité de -10,3%. Les trois branches sont affectées dans les mêmes proportions. L’emploi en contraction de -2,0% se traduit par l’arrêt du recours à l’intérim dans le BTP.

Les effectifs permanents sont quant à eux conservés voire renouvelés. Le Bâtiment craignait une décélération, la crise impose un net recul (-10,6%). L’activité bénéficie toutefois de demandes en entretien-rénovation des particuliers mais les chantiers d’amélioration énergétique restent décevants.

En cette année d’élection, les Travaux Publics anticipaient un repli d’activité (-1,2%) que la crise a fortement amplifié (-10,6%) ; carence d’appels d’offres et grands projets différés amenuisant leurs débouchés. Les spécialistes des marchés immobiliers, habitués à une croissance de +6% marquent le pas (-8,1%).

La promotion souffre du repli de la construction de logements sociaux et des mises en vente, l’immobilier d’entreprise subit la contraction du marché tertiaire et des surfaces de bureaux commercialisées.

Pour les agences, les transactions sont toutefois restées assez dynamiques tout comme le marché locatif. La contraction globale d’activité intensifie la concurrence, les marges et la rentabilité sont en baisse.

 

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