Après une réunion avec les représentants économiques du territoire, Vincent Bouget, maire de Nîmes et président de Nîmes Métropole, accompagné d'Olivier Fabregoul, vice-président au développement économique, a présenté la feuille de route de la nouvelle gouvernance. Interview vidéo de Vincent Bouget.
Ce 7 octobre, l’ensemble des décideurs économiques de l’agglomération — chambres consulaires, associations de zones d’activités, acteurs de la formation, syndicats et partenaires institutionnels — avaient rendez-vous pour la première rentrée économique du mandat. Une rencontre destinée à poser « un certain nombre de bases » et à poser la méthode d’un exécutif qui se veut pragmatique.
« S’occuper d’abord des entreprises déjà présentes »
Le président de l’agglomération nîmoise n’a pas masqué les vulnérabilités locales : « Il ne s’agit pas de noircir le tableau, ni de raconter que tout va bien. Notre territoire a des fragilités : un chômage important, une économie productive encore en dessous de la moyenne nationale et un tissu d’entreprises souvent fragmenté. »
Pour y répondre, la priorité s’oriente vers le soutien à l’existant avant la quête systématique d’implantations exogènes : « Occupons-nous d’abord des entreprises déjà présentes. L’attractivité, ce n’est pas uniquement aller chercher des entreprises à l’extérieur. Quand une société locale veut s’agrandir ou manque de foncier, elle doit trouver l’agglomération à ses côtés. »
Cette démarche s’inscrit également dans une volonté d’apaisement institutionnel et de coopération intercommunale, rompant avec les rivalités historiques : « Considérer qu’on va grandir en luttant contre Montpellier ou Alès n’a pas de sens à l’échelle nationale ou européenne. Il vaut mieux voir les entreprises ensemble avec la Région et se demander où elles pourront le mieux se développer, plutôt que de se livrer à une concurrence stérile à coups d’aides économiques. »
Rigueur budgétaire et redimensionnement de Magna Porta
Interrogé sur la situation financière de l’agglomération, Vincent Bouget a plaidé pour une « mission de vérité » face aux contraintes d’endettement. Il fixe une ligne d’investissement réaliste : « Les services financiers m’indiquent que la bonne jauge se situe à 60 millions d’euros de dépenses d’équipement par an. Quand on est au-dessus, on se met dans le rouge et il faut lisser ou décaler l’année suivante. Je veux donner de la transparence et de la visibilité aux entreprises. »
Cette discipline budgétaire et environnementale aura un impact direct sur les projets fonciers structurants, à commencer par le parc d’activités Magna Porta : « Aujourd’hui, le périmètre annoncé est d’une cinquantaine d’hectares. Je préfère en faire 20 ou 25 et les concrétiser rapidement, plutôt que d’annoncer 40 hectares et d’être bloqué par les compensations écologiques. Cela nous permettra de réallouer nos efforts de compensation sur des secteurs plus porteurs, comme la zone aéroportuaire. »
Une agence d’attractivité et des filières d’avenir
Autre engagement fort : la création d’une nouvelle Agence de développement économique et d’attractivité, dont l’étude de préfiguration a été confiée au CNER (fédération des agences de développement). « Il ne s’agit pas de recréer ce qui n’a pas marché par le passé, ni de doubler ce que font déjà la CCI, la Chambre des Métiers ou la Région, mais d’avoir un outil agile pour fédérer et porter la marque du territoire », a précisé le président.
Sur le plan industriel et stratégique, la métropole entend appuyer ses ambitions sur deux piliers majeurs :
- La sécurité civile et l’aéronautique autour de l’aéroport de Nîmes-Garons : « Sa vocation est avant tout économique et industrielle. Nous irons chercher les financements et partenariats jusqu’à Bruxelles pour faire de Nîmes une référence européenne de la sécurité civile et de la maintenance aéronautique. »
- Un laboratoire méditerranéen de l’innovation : face aux risques climatiques (sécheresses, inondations, incendies), l’agglomération souhaite devenir un terrain d’expérimentation pour le BTP, la gestion de l’eau. « Je veux que Nîmes Métropole devienne un territoire où l’on invente et expérimente les solutions de résilience de demain. »
- Nîmes, capitale européenne de l’économie sociale et solidaire. « L’économie sociale et solidaire, ce sont des entreprises, des coopératives, des mutuelles, des associations, de l’emploi et de l’activité qui restent sur le territoire. Notre ambition est de construire des passerelles entre l’économie classique et l’ESS, pas de les opposer. Si Nîmes peut devenir un territoire européen de référence sur ce sujet, nous devons nous en donner les moyens. »
La méthode portée par l’exécutif passera également par la création d’une Conférence économique et sociale (réunie une à deux fois par an), de petits-déjeuners réguliers avec les chefs d’entreprise et un plan de rénovation des 22 zones d’activités (sécurité, cadre de vie, horaires de transports collectifs adaptés aux travailleurs de première ligne).
Enfin, le président a annoncé le projet d’une Maison de la formation et de l’emploi pour regrouper les acteurs locaux, ainsi qu’un travail sur la gratuité des transports pour les scolaires et étudiants nîmois : « Nous sommes responsables de la jeunesse de ce territoire. S’ils veulent partir découvrir le monde, c’est légitime, mais s’ils souhaitent rester, ils doivent trouver ici toutes les conditions pour se former, travailler et entreprendre. »

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