À Montpellier, le 13 octobre 2026, l’Association des Maires de France de l’Hérault (AMF 34) présidé par Fréderic Roig et la Fédération des Travaux Publics ont tiré la sonnette d’alarme. Olivier Giorgiucci, président délégué de la FRTP Occitanie, a dénoncé les risques que fait peser le projet de loi de finances (PLF) 2027 sur l’investissement des collectivités et l’emploi dans le secteur des travaux publics.
Dans l’Hérault, le recul est déjà marqué. Depuis le début de l’année, l’activité a chuté de 20 % et les commandes de 30 %. Au niveau national, l’activité des travaux publics a reculé de 7,4 % en volume entre janvier et juillet 2026, les prises de commandes de 25,5 % à fin juillet et les appels d’offres publics de 26 % à fin août (32 % pour les communes).
Le département compte plus de 200 entreprises et établissements du secteur, employant quelque 6 000 personnes ; les collectivités représentent 80 % du chiffre d’affaires. En 2025, la commande des communes et intercommunalités de l’Hérault atteignait près de 700 millions d’euros (500 millions pour les intercommunalités, 200 millions pour les communes). Un million d’euros de travaux correspond à 6 à 8 emplois permanents, majoritairement des postes de production, ouvriers et techniciens, non délocalisables.
Le PLF 2027 prévoit un effort net d’environ 5,5 milliards d’euros pour les collectivités, dont 2,5 milliards de contribution à l’effort budgétaire, une mesure qui toucherait 40 % des communes. S’y ajoutent 0,5 milliard d’économie sur la dynamique de TVA et 2,1 milliards de moins au titre du Fonds de compensation de la TVA (FCTVA) par rapport à 2026.
Le taux de ce fonds passerait de 16,404 % à 11,404 % pour les dépenses concernées (avec maintien du taux actuel pour certaines dépenses de transition écologique et de voirie). Cette baisse de 2 milliards d’euros sur les remboursements de TVA affecte directement la capacité de travaux des collectivités et risque de multiplier les reports de chantiers.
La profession anticipe une baisse d’activité de 8 % en volume sur l’ensemble de 2026, puis de 7 % en 2027, et un recul de l’investissement des collectivités de 12 % en 2027. Les effectifs ouvriers ont déjà diminué de 3 % sur les trois derniers mois par rapport à 2025, et plusieurs entreprises de l’Hérault ont recours à l’activité partielle. Le précédent de 2014-2016, qui avait vu 16 % d’activité perdue et près de 30 000 emplois supprimés en France, appelle à la vigilance : la situation actuelle est jugée plus dangereuse en raison de l’incertitude budgétaire, à quelques mois des élections présidentielles puis législatives.
Les travaux publics un secteur menacé
En Occitanie, plus de 4 000 emplois des travaux publics seraient menacés, dont au moins 600 dans l’Hérault. « Le cycle municipal ne suffit pas à expliquer la baisse d’activité : c’est l’incertitude budgétaire et l’absence de visibilité qui bloquent les projets des collectivités », souligne Frédéric Roig.
Reporter l’entretien des routes, des ponts ou des réseaux d’eau ne réduira pas le déficit de l’État ; cela dégrade les services, accentue les fractures territoriales et alourdit les coûts futurs. Dans l’Hérault, la sécurisation de la ressource en eau constitue un besoin majeur face aux sécheresses, inondations et canicules. Il en va de même pour l’adaptation de la voirie, des réseaux de transport et du trait de côte au changement climatique. Préserver ces investissements est indispensable pour protéger les territoires et attirer activité et emplois.
Les acteurs demandent de renoncer aux coupes dans l’investissement, en particulier à la baisse du FCTVA, et de donner aux collectivités une visibilité budgétaire durable. Ils resteront vigilants pour que la DETR, la DSIL, le Fonds vert et les autres cofinancements ne soient pas réduits. Les moyens doivent être cohérents avec les besoins reconnus en matière de transport et d’adaptation climatique. La FNTP suivra l’examen du PLF et portera ces demandes lors de France Infrastructure, le 28 janvier 2027 à Paris.
Concrètement, les élus et professionnels de l’Hérault appellent à alerter les parlementaires du département pour qu’ils défendent des amendements annulant les mesures défavorables à l’investissement local, à demander aux préfets de la visibilité sur les cofinancements (DETR, DSIL, Fonds vert…), et à aider les communes à préserver l’entretien de leurs infrastructures malgré des ressources contraintes, grâce à des actions conjointes de sensibilisation.

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