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Arthur Mille
Aujourd'hui Dernière mise à jour le Samedi 4 Avril 2026 à 09:05

Guichet fermé à chaque match, 400 licenciés, une équipe féminine, une section para-hockey et une finale en ligne de mire. Les Vipers de Montpellier sont devenus l'une des références du hockey sur glace français. Retour sur vingt ans d'une aventure humaine et sportive hors du commun. Reportage vidéo

Deux titres. Deux saisons. C’est le temps qu’il a fallu aux Vipers de Montpellier pour s’imposer dès leur création. Une entrée en matière fracassante, dans une ville où le hockey sur glace n’existait pour ainsi dire pas jusqu’à ce qu’une patinoire change tout.

Car si quelques passionnés faisaient vivre le hockey à Montpellier depuis les années 1970, c’est la construction de la patinoire Végapolis, au cœur du complexe Odysseum dans les années 2000, qui a tout fait basculer. Marc Fornaguera, président du club de 2003 à 2013, se souvient d’une équipe partie de zéro : “L’équipe est partie du plus bas, du niveau le plus bas. Elle a été championne la première année. La seconde année, elle a été championne aussi.” 

Vipers de Montpellier photo 8

Une montée en Division 1, quelques aléas sportifs, des montées et des descentes mais le club, lui, a toujours tenu. “Ce sont les aléas du sport, les montées, les descentes. Le club est descendu, mais le club a tenu”, résume-t-il simplement.

Ce qui frappe Marc Fornaguera aujourd’hui, c’est moins le palmarès que la transformation culturelle. “La culture à Montpellier du hockey n’existait pas. Aujourd’hui, elle existe.” Vingt ans de présence, des gamins venus patiner tout petits et qui évoluent désormais en équipe première. “Il y en a quelques-uns que j’ai vu arriver tout petit et qui sont maintenant dans l’équipe première”, confie-t-il, ému. La greffe a pris.

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Un sport en plein essor en France et à Montpellier

L’aventure des Vipers s’inscrit dans une dynamique nationale. Selon la Fédération Française de Hockey sur Glace (FFHG), le sport compte aujourd’hui 25 324 licenciés en France pour la saison 2023-2024, soit une hausse de 48 % depuis la création de la fédération en avril 2006. Un engouement que Montpellier illustre parfaitement.

Depuis 2013, c’est Sandra Mure-Ravaud qui préside le club. Marc Fornaguera lui-même salue le travail accompli par sa successeure : “Mme Mure-Ravaud et Marek ont su structurer un peu plus, consolider ce qui existait déjà, et porter ce hockey un petit peu plus loin. J’espère qu’ils le porteront encore plus haut.” 

Vipers de Montpellier photo présidente

Sous sa direction, les Vipers ont largement dépassé le cadre de l’équipe fanion : 400 licenciés, des groupes loisirs adultes complets avec liste d’attente, une section jeunes de 4 à 18 ans. Il y a deux ans, les Médusas, l’équipe féminine engagée en championnat a vu le jour et, tout récemment, une toute nouvelle section de para-hockey.

“C’est un plaisir de voir prospérer ce sport, de le voir progresser”, conclut Marc Fornaguera. “Le hockey sur glace à Montpellier, ce n’est plus un sport confidentiel. C’est une communauté.”

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Guichet fermé, mais un plafond qui bride les ambitions

Les Vipers jouent à guichet fermé depuis deux ans et demi. Une performance rare dans une ville où l’offre sportive est pléthorique entre le handball, le basket et le volley ou encore le foot. 

“Réussir ce challenge depuis deux ans, quels que soient les matchs, quels que soient les enjeux, c’est une performance, en vérité”, reconnaît Marc Fornaguera. Mais ce succès populaire se heurte à une réalité brutale : la patinoire Végapolis appartient à la Métropole et est gérée par Vert Marine, sans que le club n’ait de prise sur les évolutions possibles.

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Résultat : 400 à 500 personnes sont sur liste d’attente à chaque match. La salle pourrait accueillir jusqu’à 2 000 spectateurs, mais les contraintes de sécurité l’en empêchent. Pire, l’absence de loges et d’espaces de réception freine le développement des partenariats privés.

“On est à Montpellier, où les entreprises ont l’habitude d’avoir du réceptif au hand, au volley, au foot. On sent qu’il y a un frein pour inviter d’autres entreprises”, reconnaît Sandra Mure-Ravaud, la présidente du club. Et d’ajouter : “Ce qui va nous manquer pour aller au-delà de la D2, c’est le développement financier, il faudrait doubler le budget.”

Le budget global du club s’élève à 700 000 euros, financés par les subventions de la Métropole, les partenariats privés, les cotisations et la billetterie. Pour franchir le cap de la Division 1, il faudrait le doubler et repenser entièrement l’infrastructure.

“Quand on parle de montée, je me dis qu’il faut absolument que l’infrastructure avance avec le club. Ça ne peut pas être l’un sans l’autre”, insiste Sandra Mure-Ravaud.

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Hockey et boulot : la double vie des joueurs des Vipers de Montpellier

Derrière les projecteurs, il y a un quotidien exigeant que peu de spectateurs imaginent. Théo Caubet, 27 ans, défenseur et capitaine depuis trois ans, est direct : “95 % des joueurs ne sont pas professionnels. On s’entraîne tôt le matin, et ensuite on a notre vie professionnelle à côté.” 

Trois sessions sur glace par semaine, une séance de préparation physique en salle, et le reste géré en autonomie. Une véritable routine, dictée par les exigences du haut niveau. “Maintenant c’est une habitude depuis le début de saison, c’est une routine pour nous mais ça demande de l’organisation.”

Cinq joueurs seulement bénéficient d’un logement et d’un contrat à temps partiel. Une réalité que Sandra Mure-Ravaud souhaite faire évoluer, mais qui dépend directement des moyens du club. “Sur la D1, il faut passer à 12-15 joueurs en contrat, avec les logements qui vont avec  et Montpellier, pour l’hébergement, c’est tout un défi aussi.” Là aussi un autre défi attend le club.

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Vipers de Montpellier : une finale pour couronner vingt ans d’efforts

L’objectif de cette saison est clairement affiché des deux côtés du banc. “Le but, c’est d’aller chercher la coupe. Ça permet de continuer à développer la notoriété et la visibilité du hockey sur glace à Montpellier”, pose Sandra Mure-Ravaud. Sur la glace, Théo Caubet est encore plus direct : “L’année dernière, on a perdu la finale. Faire mieux, ça veut dire la gagner cette année.

La saison régulière s’est conclue à la première place, portée par une série de douze victoires consécutives. “Ça nous a donné un peu d’air pour la fin de saison, qui a été un peu plus compliquée mais on avait fait le taff avant”, reconnaît le capitaine. 

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Les playoffs se terminent, la demi-finale contre les Renards de Roanne à bien démarrer puisqu’il ne manque plus qu’une victoire aux Vipers pour accéder à la finale. Un week-end de duels serrés en perspective : les deux équipes se sont partagé les victoires lors de la saison régulière. Et la montée en Division 1 ? “Ça fait rêver dans l’équipe”, sourit Théo Caubet. Mais pour l’heure, un seul objectif compte.

En parallèle, le club continue de se développer sur tous les fronts. “Sur un développement sportif, je pense qu’il va être plus dirigé sur les féminines, peut-être sur le para-hockey et sur les jeunes” affirme Sandra Mure-Ravaud. Des sections en plein essor qui dessinent un club de plus en plus complet, ancré dans son territoire et dans son époque.

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Rendez-vous dans deux semaines pour savoir si les Vipers de Montpellier auront tenu leur promesse et ramené la coupe à Odysseum.

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