Face à un réchauffement anticipé de +4 °C d'ici 2100, la Région Nouvelle-Aquitaine engage une transformation en profondeur de ses lycées : énergies renouvelables, plan solaire, végétalisation, isolation… Un effort budgétaire massif pour réduire de 85 % les émissions carbone des établissements d'ici 2040.
Les lycées de Nouvelle-Aquitaine vont changer de visage. Lors de sa séance plénière du 2 avril 2026, le conseil régional a adopté une stratégie climatique structurée autour de quatre axes pour adapter le bâti scolaire à un environnement en mutation rapide. L’enjeu est double : réduire l’empreinte carbone des établissements et les rendre habitables dans un contexte de hausse des températures.
La région peut se prévaloir d’un bilan déjà significatif : depuis 1997, les émissions de CO₂ de ses lycées ont reculé de 43,7 %. Mais l’ambition affichée va bien au-delà. D’ici 2040, la Nouvelle-Aquitaine vise 83 % de ses établissements alimentés en énergie décarbonée, pour une réduction potentielle de 85 % des émissions. Le Plan pluriannuel d’investissement 2022-2028 consacre 196 millions d’euros à la performance énergétique des lycées.
Sortir du fossile, accélérer les renouvelables
Aujourd’hui, 79 lycées publics sont déjà alimentés par des énergies renouvelables ou raccordés à un réseau de chaleur urbain. La Région entend accélérer : géothermie, biomasse, aérothermie et récupération de chaleur des eaux usées sont à l’étude pour 52 établissements supplémentaires.
À l’horizon 2030, une vingtaine de nouvelles installations géothermiques pourraient voir le jour. 43 lycées sont en outre pressentis pour un raccordement à un réseau de chaleur.
Un plan solaire sur les parkings et les toitures
La loi APER de 2023 impose l’étude systématique d’ombrières photovoltaïques sur les parkings de plus de 1 500 m². En Nouvelle-Aquitaine, 68 sites répondent à ce critère. La Région lance une étude en trois phases pour évaluer le potentiel de production, les coûts et les montages juridiques adaptés. Les toitures seront également analysées pour alimenter ce futur plan solaire régional.
Rafraîchir les bâtiments face à la chaleur
L’adaptation au réchauffement passe aussi par des transformations physiques des bâtiments. Isolation renforcée, menuiseries performantes, ventilation adaptée : ces solutions structurelles restent les plus efficaces à long terme, mais aussi les plus coûteuses.
Des mesures plus rapides peuvent néanmoins être déployées en parallèle : brasseurs d’air, surventilation nocturne, géocooling, peinture blanche sur les toitures, brise-soleils.
La végétalisation occupe une place croissante dans cette stratégie. Plus de 36 projets ont déjà permis de rendre 25 000 m² à la nature autour des lycées, créant des îlots de fraîcheur et favorisant l’infiltration des eaux pluviales. Un diagnostic climatique lycée par lycée sera mené pour identifier les établissements les plus vulnérables.
Changer les comportements : 6 millions d’euros d’économies par an
La transition énergétique ne passe pas uniquement par les infrastructures. La Région mise aussi sur les comportements des usagers. Le concours CUBE Scolaire, qui accompagne les établissements volontaires dans la réduction de leurs consommations, affiche des résultats concrets : entre 10 et 12 % d’économies d’énergie dès la première année.
À l’échelle régionale, cela représente près de 6 millions d’euros d’économies annuelles. Des outils pédagogiques sont mis à disposition des équipes éducatives pour animer la démarche auprès des élèves et du personnel.
Les lycéens eux-mêmes sont mobilisés. Dans le cadre du Conseil régional des jeunes, une dizaine de jeunes travaillent depuis plusieurs mois sur l’amélioration du confort thermique dans les lycées et la réduction des consommations énergétiques. Ils ont lancé une enquête auprès des usagers pour alimenter leurs propositions.


























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