Alès, capitale des Cévennes dans le Gard, connaît une forte attractivité démographique. Selon l’Insee, la ville attire de nouveaux habitants, notamment des actifs de 20 à 40 ans qui reviennent vers les centres-villes habitables. Face au défi national de la désertification commerciale (17 % de vacance dans certains secteurs contre 7 % en moyenne nationale), la Ville d’Alès et Alès Agglomération déploient depuis plusieurs années une politique volontariste de revitalisation du cœur de ville. Entre foncière dédiée, modernisation des équipements emblématiques, aménagements urbains et démarche participative, les actions du Maire s’accélèrent en 2026. Reportage vidéo exclusif.
Le constat est national, mais Alès tient à nuancer le tableau. Si les commerces des centres-villes souffrent partout en France — certains secteurs affichant jusqu’à 17 % de vacance commerciale contre 7 % en moyenne nationale —, le maire Christophe Rivenq revendique une situation moins dégradée qu’ailleurs. « Malgré la souffrance de certains commerces, malgré les difficultés aujourd’hui dans les cœurs de villes, la ville d’Alès est moins en souffrance que beaucoup de villes équivalentes du sud de la France. » Une résistance qu’il attribue à une politique volontariste engagée dès les États Généraux du Cœur de Ville de 2016-2017, qui avaient débouché sur 38 actions concrètes, et renforcée depuis l’intégration au programme national Action Cœur de Ville en 2018.
Une foncière de 40 millions d’euros pour accélérer la reconquête
Mesure phare annoncée en janvier 2026 : la création d’une foncière dédiée par la SAEM’Alès, en partenariat avec la Caisse des Dépôts. Dotée d’un investissement initial de 8 millions d’euros, avec un effet levier pour atteindre 40 millions sur six à dix ans, cette structure interviendra sur le logement, le commerce et l’économie. L’objectif est clair : accueillir 1 000 habitants supplémentaires par an dans le centre-ville, soit environ 400 logements à créer ou réhabiliter annuellement, dont deux tiers en rénovation et un tiers en construction neuve. « Nous accueillons 1 000 personnes supplémentaires par an. Le cœur de ville d’Alès est habité car habitable, cela doit rester ainsi », souligne le maire. Parmi les premiers projets : la réhabilitation de l’ancien poste de police rue Albert 1er en logements intermédiaires, la création d’espaces de coworking et la valorisation de rez-de-chaussée commerciaux. La foncière permettra également d’aider les entrepreneurs à s’installer en prenant moins de risques, y compris dans les quartiers prioritaires.
Les Halles de l’Abbaye, poumon commercial du centre
Inaugurées en juin 2025 après une importante rénovation, les Halles de l’Abbaye constituent aujourd’hui un atout majeur pour le commerce de proximité. Elles combinent marché quotidien, 12 boutiques traversantes et plus de 2 200 m² dédiés à la vente et à la dégustation de produits locaux, et attirent près de 60 000 visiteurs chaque mois. En avril 2026, la ville lance un appel à candidatures pour un étal fixe supplémentaire, preuve de la dynamique en cours. C’est d’ailleurs place de l’Abbaye, symbole de cette renaissance commerciale, que la municipalité a choisi de présenter son nouveau dispositif d’incubateur de boutique éphémère ce jeudi 23 avril.
La boutique éphémère, tremplin pour les entrepreneurs
Inscrit dans le cadre du programme national Action Cœur de Ville, ce concept d’incubateur permettra à des porteurs de projet de s’installer temporairement en centre-ville pour tester leur offre auprès des consommateurs alésiens avant une éventuelle implantation pérenne. Une réponse pragmatique à la vacance commerciale, qui transforme les locaux vides en opportunités d’entrepreneuriat local. Une manifestation d’intérêt (AMI) sera lancée en amont de l’inauguration de la boutique avant l’été.
La question des loyers posée franchement
Le maire a également abordé sans détour l’une des principales sources de fragilité des commerces : le poids des loyers. « Le maire n’a pas la possibilité de fixer et de plafonner les loyers. Seul le préfet, c’est-à-dire l’État, peut dans certains cas les plafonner lorsque l’activité économique le nécessite. » Tout en reconnaissant cette limite légale, Christophe Rivenq indique avoir écrit personnellement à tous les propriétaires de locaux commerciaux pour les inviter à engager une réflexion avec leurs locataires. « Garder un locataire dans un commerce, c’est pour un propriétaire aussi garder quelques ressources. » Un appel au bon sens dans une logique de gagnant-gagnant, à l’heure où les charges fixes pèsent de plus en plus lourd face à la baisse des ventes liée à l’essor du commerce en ligne.
Aménagements urbains : rendre le centre plus agréable
La ville poursuit également une politique d’aménagements qualitatifs. Depuis le 9 février 2026, des travaux sont en cours sur l’espace piéton de la rue Jan-Castagno et de la rue du 19-Mars-1962 : plantation de nouvelles essences, nouveau revêtement homogène avec la place de l’Abbaye, rafraîchissement de la fontaine centrale et installation de conteneurs enfouis. Autre grand chantier : la requalification du Faubourg du Soleil, de l’autre côté du Gardon. Dans le cadre du NPNRU, 163 logements seront créés d’ici fin 2030, accompagnés d’un équipement public pour seniors et d’aménagements piétons. Investissement : 29 millions d’euros.
Sur le volet mobilités, la ville dispose déjà de 4 600 places de stationnement de structure et de plus de 1 500 places gratuites en centre-ville, complétées par des navettes électriques gratuites. « Si nous expliquons aux gens le matin, midi, soir, qu’on est souffrant, qu’on est malade, effectivement nous nous en persuadons. Il faut dire la vérité : il est facile de se garer dans le cœur de ville d’Alès, y compris gratuitement. »
Un défi avant tout collectif
En 2025, la municipalité a lancé les Ateliers du Cœur de Ville, une démarche de co-construction ouverte aux habitants et commerçants pour définir le prochain plan d’action. Car au-delà des dispositifs municipaux, le maire insiste sur la dimension collective de l’enjeu. « Nous sauverons collectivement notre cœur de ville si chacun fait cet effort : les habitants d’un territoire en venant y consommer, et peut-être moins sur Internet ou dans les grandes métropoles, mais dans la ville dans laquelle nous résidons. »
Ville la plus dynamique démographiquement de France depuis six ans selon l’Insee — portée notamment par un retour des actifs de 20 à 40 ans vers les centres-villes habitables —, Alès confirme en 2026 que la dynamique est bien engagée. Comme le résume le maire : « Un cœur de ville, un territoire sans cœur de ville battant, c’est un territoire qui n’a pas d’avenir. Ça devient des villes dortoirs. »


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