Screenshot
#AnalyseEconomique #Economie #Immobilier #Logement #Promoteur #HauteGaronne #Occitanie #Toulouse
Fiona Urbain
Aujourd'hui Dernière mise à jour le Lundi 18 Mai 2026 à 08:19

Le bilan du premier trimestre 2026 révèle un secteur de la promotion immobilière toujours sous haute tension dans l’aire urbaine toulousaine. Si quelques signaux de frémissement apparaissent, l'absence de dispositifs fiscaux majeurs et le maintien de taux d’intérêt élevés figent le marché à des niveaux de volumes alarmants.

Une reprise timide dans un océan de bas volumes

L’année 2026 s’ouvre dans la lignée d’une année 2025 particulièrement sombre. Avec seulement 611 ventes enregistrées au premier trimestre, l’activité semble vouloir s’extraire de ses points bas, affichant une progression de 6 % par rapport à la même période l’an dernier. Pour autant, nous restons loin des dynamiques passées.

L’offre, quant à elle, peine à se reconstituer. Malgré 683 mises en vente ce trimestre (en hausse de 14 % sur trois mois), le stock global de logements disponibles sur l’aire urbaine continue de s’éroder, affichant une chute vertigineuse de 31 % par rapport à 2024. Mickaël Merz, Président, souligne la persistance de cette période complexe : « Ces phénomènes témoignent bien d’une part de la poursuite et de l’intensité de la crise, d’autre part de la redéfinition en cours du marché de la promotion immobilière ».

Le triomphe de l’accession aidée

Le profil des acquéreurs a radicalement changé. En l’absence du dispositif Pinel, le marché est désormais porté par les propriétaires occupants, et plus spécifiquement par ceux bénéficiant d’aides. Les ventes « aidées » (incluant le Bail Réel Solidaire qui pèse 15 % du marché) représentent désormais 65 % des ventes aux occupants, un record historique.

À l’inverse, l’investissement locatif tente de se stabiliser. Après s’être effondrée début 2025, la part des investisseurs remonte à 32 %. « Un nouveau contexte de marché se confirme et la dynamique reste faible. Quelques signaux positifs, légers, sont à noter du côté des ventes à investisseurs et du maintien des ventes à occupants », précise le rapport. Nous notons également que les ventes sous le nouveau dispositif « Jeanbrun » n’ont pas encore produit d’effets visibles sur les chiffres actuels.

Screenshot

Toulouse résiste, le reste de la région et les métropoles voisines souffrent

Dans la Ville rose, le constat est plus nuancé : avec 365 ventes, la commune concentre 60 % de l’activité de l’aire urbaine et voit son stock se reconstituer légèrement. Les prix y grimpent à 4 850 €/m², contre une moyenne de 4 440 €/m² (hors parking) à l’échelle de l’agglomération.

Le contraste est frappant avec le SICOVAL, où les ventes s’effondrent de 56 % ce trimestre. La situation n’est guère plus reluisante chez nos voisins :

  • Montpellier : Les mises en vente chutent de 57 % et la part des investisseurs tombe à 16 %.
  • Bordeaux et Arcachon : Les volumes de ventes reculent de 21 % sur deux ans.

Face à cette atonie généralisée, l’inquiétude demeure quant à l’évolution des taux d’intérêt. « Les annonces de début 2026 laissent présager de nouvelles hausses, qui risquent donc d’entraver une nouvelle fois les capacités financières des acquéreurs », avertit l’organisation. Pour les professionnels du secteur, l’heure est à l’adaptation forcée dans un marché qui cherche encore son nouveau point d’équilibre.

Réagissez à cet article

Vos commentaires

Rejoignez la discussion

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *