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Sanya Maignal
21 septembre 2026 Dernière mise à jour le Lundi 21 Septembre 2026 à 12:53

Réunis au Hub de l’innovation pour la quatrième « Rentrée des entrepreneurs », plus de 400 dirigeants ont pu rencontrer une soixantaine d’acteurs de l’accompagnement. Au-delà de ce rendez-vous, Pierre Ippolito, le Vice-président défend une nouvelle doctrine économique pour la Métropole Nice Côte d’Azur : baisse de la fiscalité, foncier dédié, développement des écosystèmes et un objectif de 30 000 emplois à l’horizon 2040. Reportage vidéo. 

La quatrième édition de la « Rentrée des entrepreneurs » avait valeur de démonstration. Pendant une matinée, créateurs, dirigeants et repreneurs ont pu rencontrer au même endroit financeurs, réseaux d’accompagnement, experts des formalités et spécialistes de la transmission. Un format revendiqué comme un outil très opérationnel par Pierre Ippolito adjoint au Maire de Nice et Vice Président de la metropole : « On est souvent seul quand on est dirigeant. »

Avec plus de 400 entrepreneurs réunis et plus de 60 partenaires, le rendez-vous confirme la densité de l’écosystème local. Mais pour l’adjoint au maire délégué aux entreprises, au commerce, au développement économique et à l’enseignement supérieur et Vice président de la Métropole en charge de la transformation métropolitaine, enseignement supérieur, développement économique, l’enjeu dépasse largement l’événementiel. La Métropole veut désormais faire de la politique économique un axe structurant de son action.

« Nous avons été élus avec un prisme très économique », affirme-t-il. Sa feuille de route repose sur une idée : la collectivité ne doit pas se substituer aux entreprises, mais créer les conditions de leur développement.

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Dix millions d’euros et 100 hectares

Premier levier : la fiscalité. 

Pierre Ippolito met en avant une baisse représentant, selon lui, 10 millions d’euros d’économies pour les entreprises. Une mesure destinée à envoyer un signal aux dirigeants dans un contexte économique jugé difficile.

Deuxième sujet, plus structurel : le foncier. Monsieur économie et entreprises de la métropole niçoise fixe un objectif de 100 hectares dédiés aux entreprises. Derrière ce chiffre, la Métropole veut à la fois créer de nouvelles capacités d’accueil et densifier les zones existantes.

La zone de Carros est notamment citée comme un potentiel terrain d’optimisation. L’enjeu est de faire davantage avec un foncier contraint : davantage d’entreprises, d’activités et d’emplois sur les mêmes espaces. Une question particulièrement sensible sur un territoire où la disponibilité des terrains constitue l’un des freins au développement.

La Métropole indique d’ores et déjà accompagner les entreprises sur les questions d’immobilier et de foncier et recense une centaine de zones d’activités économiques sur son territoire.

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30 000 emplois comme cap pour 2040

Le troisième pilier est celui de l’emploi. Pierre Ippolito fixe un objectif de 30 000 créations d’emplois à l’horizon 2040. Une ambition qui doit reposer sur trois ressorts : faire grandir les entreprises déjà implantées, attirer de nouvelles activités et éviter la destruction d’emplois existants.

Cette stratégie d’attractivité se veut également plus ciblée. Plutôt que de chercher à attirer indistinctement des entreprises, la Métropole entend s’appuyer sur les écosystèmes déjà présents sur la Côte d’Azur : santé, industrie, tourisme, parfums et arômes, mais aussi industries créatives et culturelles.

La logique est celle de la chaîne de valeur. Une entreprise locale travaille avec des fournisseurs ou des clients situés ailleurs ? La Métropole veut identifier ces entreprises et les convaincre de se rapprocher du territoire. « Je crois beaucoup aux écosystèmes », résume le Vice Président.

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La bataille de la transmission

Dans cette équation, la croissance externe et la transmission prennent une place croissante. La Métropole entend notamment développer la « Fabrique à reprendre », lancée avec les acteurs de l’écosystème.

Pour Pierre Ippolito, l’enjeu est autant patrimonial qu’économique. Une entreprise reprise localement conserve davantage de chances de maintenir son siège, ses fonctions supports et ses emplois sur le territoire. À l’inverse, un rachat par un groupe extérieur peut entraîner une partie de la valeur créée hors des Alpes-Maritimes.

Le sujet devient d’autant plus stratégique avec le départ progressif à la retraite d’une génération de dirigeants. La collectivité veut donc faire de la reprise une véritable voie de croissance, au même titre que la création d’entreprise.

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Faire émerger des filières plutôt que juxtaposer des entreprises

La stratégie annoncée repose enfin sur la consolidation d’écosystèmes. Santé, industries créatives et culturelles, événementiel ou encore innovation sont appelés à prendre davantage de place dans la politique d’attractivité.

La Métropole souhaite également travailler davantage à l’échelle de la Côte d’Azur, notamment avec les territoires de l’ouest et Sophia Antipolis. Pour Pierre Ippolito, la concurrence entre territoires voisins ne doit plus primer sur la constitution d’un ensemble économique cohérent.

Sur le terrain, cette approche trouve un écho auprès des réseaux d’accompagnement. Initiative Côte d’Azur met en avant son accompagnement financier et ses ateliers destinés aux dirigeants. Le Réseau Entreprendre Azur propose un accompagnement de deux ans et des prêts d’honneur. Les Premières Sud interviennent auprès des femmes entrepreneures et des équipes mixtes, de la création jusqu’au développement ou à la reprise.

Reste désormais à transformer cette doctrine en résultats mesurables. Foncier disponible, entreprises accompagnées, emplois créés, implantations nouvelles : c’est sur ces indicateurs que se mesurera la capacité de la Métropole à faire du développement économique autre chose qu’un axe de communication. 

Pierre Ippolito, lui, revendique une méthode fondée sur l’expérimentation locale et le collectif. « La confiance viendra des territoires », estime-t-il.

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