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Olivia Oreggia
22 septembre 2016 Dernière mise à jour le Jeudi 22 Septembre 2016 à 14:09

…mais peut mieux faire ! C’est notamment ce qui ressort du colloque régional du FIPHFP qui s’est tenu ce 20 septembre à Saint-Raphaël. Le Fonds pour l’Insertion Professionnelle des Personnes Handicapées dans la Fonction Publique faisait ainsi le bila

La loi est très claire : tout employeur doit embaucher des personnes handicapés dans une proportion d’au moins 6% de ses effectifs. Cela vaut pour les entreprises de plus de 20 salariés. Sans quoi, celles-ci doivent verser une contribution, à l’Agefiph, pour le secteur privé, au FIPHFP, dans le public. Et dans un cas comme dans l’autre, ce taux légal est loin d’être atteint.

La région PACA, elle, y parvient. Mais tout timidement, avec 5,99% !
– fonction publique d’Etat: 2,59%
– fonction publique hospitalière: 5,24%
– fonction territoriale : 6,69%

Départements, Région, agglomérations, communes sont donc les meilleurs élèves (comme sur le plan national d’ailleurs affichant 6,22%).
Toulon, par exemple, a signé sa 1ère convention avec le FIPHFP dès 2008. Elle compte aujourd’hui 230 agents en situation de handicap sur un effectif total de 3.100 (soit 7,35%).
Dans les Bouches-du-Rhône, Istres a beau avoir franchi cette barre des 6%, un partenariat avec le FIPHFP est en cours de finalisation.

Aujourd’hui, la région compte 17 employeurs conventionnés. « Heureusement, il y a des collectivités qui mènent une vraie politique sur la question », explique Richard Curnierdirecteur régional de la Caisse des Dépôts qui assure la gestion administrative du Fonds. « Mais il y en a d’autres qui refusent de prendre des personnes handicapées. Or, la fonction publique doit être exemplaire. » 

Même constat dans le privé. « On a les mêmes réalités », précise Patricia Marenco, directrice régionale de l’AGEFIPH Paca-Corse, l’équivalent du FIPHFP dans le secteur privé. « Il y a des entreprises qui mènent une vraie politique d’emploi des personnes handicapées, qui font un vrai boulot, avec lesquelles nous signons des conventions. Et d’autres qui méritent encore d’être sensibilisées. »

Avant de préciser: « C’est ce qui a été dit ce matin lors des tables-rondes. Notre combat commun c’est de casser les représentations, c’est, à travers des exemples, que nous dédramatiserons les situations. Le combat que nous partageons, c’est de changer le regard sur le handicap. C’est un long combat. »

Dans ce contexte, on comprend que les protagonistes se réjouissent d’avancées, même minimes.

« Les résultats sont très satisfaisants», affirme ainsi Marc Desjardins, directeur du FIPHFP. « Sur le plan national, on est passé de 3,74% en 2006 à 5,17% en 2016. Un point et demi, c’est énorme ! »

Le Fonds d’Insertion a été mis en place il y a 10 ans (suite à la loi de 2005 sur les droits des personnes en situation de handicap), pour favoriser l’insertion de ce public aux besoins spécifiques. Il prend ainsi en charge l’aménagement de postes de travail, l’accessibilité, le transport, les formations de reconversion… 

Sur le territoire régional, le total de ces interventions avoisine les 3 millions d’euros.

Mais cela ne suffit donc pas toujours à convaincre les employeurs auprès desquels les intervenants doivent prendre leur bâton de pèlerin et faire encore et toujours plus de pédagogie.

Même si la situation est légèrement meilleure que dans le privé, le chemin est encore très long : en France, 480.000 demandeurs d’emploi sont en situation de handicap. Ils sont plus de 39.000 en PACA

Et, alors que les besoins augmentent, se posera de plus en plus la question budgétaire. Car plus les entreprises recrutent des personnes handicapées, moins elles payent de contributions. Mécaniquement, le serpent se mord la queue et le FIPHFP dispose de moins de financement pour ses actions. « Nous sommes à la recherche d’un nouveau modèle économique », résume son directeur.
Les recettes ont ainsi baissé de 212 millions d’euros en 2012, à 120M€ aujourd’hui.

(Le FIPHFP a entamé cet été son tour de France sous forme de colloques. Après l’étape varoise, les prochains se tiendront à Agen en octobre puis à Saint-Etienne en novembre.)

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