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Alpes-Maritimes : La reprise des entreprises mais entre incertitude et manque de confiance
Par Sanya Maignal publié le 10 NOV 2021 à 09:54
Si l’économie maralpine est fragilisée par la crise Covid - plus qu’ailleurs, le tourisme et l’événementiel étant des secteurs porteurs, la reprise est forte mais pas homogène. La situation d’un grand nombre de PME reste fragile financièrement. Les problèmes d’approvisionnement, le nombre de commandes en baisse et des difficultés de recrutement annoncent une période à venir compliquée.

La reprise de l’économie maralpine confirme une bonne résilience

« On s’est rendu compte que nous avions les capacités pour résister à toute cette crise », assure Jean-Pierre Savarino, Président de la Chambre de commerce et d’industrie Nice Côte d’Azur lors de la présentation de la conjoncture 2021 au côté de Christian Delhomme, directeur départemental de la Banque de France.

Si après près de deux ans de pandémie la reprise est enfin là, elle n’est pas homogène dans le monde. Elle suit la campagne de vaccination et sur ce point la zone euro et les États-Unis font figure de modèle car l’activité économique a rapidement repris.

Dans d’autres pays, notamment du sud-est asiatique, la Russie et l’Amérique où la pandémie continue à se déployer, l'activité économique est moindre.

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La croissance en France de 6,3 %

La croissance soutenue est le résultat d’une reprise tirée par la consommation des ménages et l’investissement des entreprises. Les 6,3 % est un niveau exceptionnel, et selon Christian Delhomme en 2022, elle sera de 3,7 %.

Néanmoins, tout n’est pas rose, des difficultés sont nombreuses, les problèmes que rencontrent les chefs d’entreprises sont liés à l’approvisionnement (notamment dans l’industrie et les services), au recrutement et à la trésorerie.

L’année à venir « devrait rester dans une dynamique de consommation et de croissance soutenue avec une inflation qui retrouve les niveaux plus modérés que ceux qu’on connaît actuellement », assure le directeur départemental de la Banque de France.

Alpes-Maritimes : un département particulièrement touché par la crise

Moins industrialisé, vivant grâce au tourisme, à l’hôtellerie, à la restauration et à l’événementiel, l’économie maralpine a été particulièrement touchée par la crise sanitaire.

Un grand nombre d’entreprises ont été obligés de faire recours aux mesures de soutien (2 % de la totalité des PGE ont été attribués aux entreprises des Alpes-Maritimes) et la proportion des défaillances des entreprises est plus importante qu’ailleurs.

Heureusement, les acteurs économiques publics et privés se sont mobilisés activement pour accompagner ces entreprises en difficulté. Même si les activités ont repris, le déficit par rapport à 2019 est encore important.

« Les résultats sont meilleurs que ce qu’on avait pensé, explique Jean-Pierre Savarino, mais il y a encore de npmbreuses difficultés et nous n’avons pas retrouvé les seuils de 2019. On espère retrouver une partie des activités ou totalité en 2022 mise à part la fréquentation touristique qui ne pourra revenir qu’en 2023-2024. »

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Les perspectives d’activité globalement bien orientées pour 2022

Globalement, qu’il s’agisse du chiffre d’affaires ou de l’emploi, l’année 2022 se présente bien.

Déjà le 1er semestre 2021 a été sous le signe d’une forte reprise : le chiffre d'affaires global des entreprises maralpines est en augmentation de 0,5 % par rapport à la même période 2019 et de 3,5 % par rapport au premier semestre 2020. L’évolution au niveau de l’emploi est de 0,5 % par rapport à 2019 et stable par rapport à l’an dernier.

Si l’industrie marque une forte croissance au premier semestre (+4 % par rapport à 2019 et +8 % par rapport à 2020), la croissance dans les autres secteurs est moins spectaculaire : -0,5 % par rapport à 2019 voire +4,5% par rapport à 2020 pour la construction où les perspectives sont mitigées par rapport au ralentissement de l’obtention des permis de construire et le problème d’approvisionnement ; +0,5 % par rapport à 2019 et +1,5 % par rapport à 2020 pour le commerce avec de belles perspectives pour l’an prochain et -5 % par rapport à 2019 et +2,5 % par rapport à 2020 pour les services où l’activité est tout de même en progression dans tous les segments.

Le tourisme, l'hôtellerie-restauration-café ainsi que l’événementiel ont marqué une chute de 11,5 % par rapport à 2019 mais aussi une amélioration de l’activité par rapport à 2020 (+4,5%).

Si le nombre de passagers du deuxième aéroport de France est en baisse de 61,8 % par rapport à 2019, il est en nette hausse par rapport à l’été 2020 (+71 % en juillet, +41 % en août). L’occupation en hôtellerie a été de 70 % en juillet et 84 % en août.

Les chefs d’entreprises s’attendent, en 2022, à une baisse de commandes, à des problèmes d’approvisionnement, de recrutement et de trésorerie. Dans l’enquête menée par la CCI, ils évoquent majoritairement l’incertitude quant au retour à une activité normale et un manque de confiance.

Quant à Jean-Pierre Savarino, Président de la CCI Nice Côte d’Azur, il se dit d’un optimisme raisonné : « Nous avons des activités qui fonctionnent bien et l’économie semble bien repartir. Il va falloir soutenir davantage les entreprises qui ont souffert surtout sur le plan de la trésorerie, sur le plan de leur capacité à pouvoir de nouveau se retrouver en croissance ! »…

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