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Bouches du Rhône : Au coeur du réacteur Iter, « le nucléaire du futur prend une nouvelle dimension »
Par Nathalie Bureau du Colombier publié le 01 JUIL 2020 à 09:58
Iter, projet international d’une durée de 18 ans et d’un coût supérieur à 20 milliards d’euros portant sur la construction, dans le sud de la France, d’un réacteur expérimental de fusion de l’hydrogène entre dans une nouvelle phase. Celle de l’assemblage des composants fabriqués par les 35 États engagés dans cette aventure scientifique visant à démontrer la faisabilité de l’énergie de fusion, équivalent à la production de trois centrales nucléaires. Visite guidée par Bernard Bigot, directeur d’Iter Organization qui accueillait le 26 juin, le président de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Le 26 juin, Bernard Bigot, directeur d’Iter Organization recevait sur le site de Saint-Paul-Lez-Durance le président de la Région Sud afin de lui présenter l’avancée du plus grand chantier régional qui a débuté en 2007 et qui devrait s’achever en 2025 avec le tout premier plasma.

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Impressionné, Renaud Muselier, pénètre dans le Hall d’assemblage, plus haut qu’une cathédrale, puis franchit le saint des saints, le cœur du Tokamak où, fin mai, la base du cryostat a été positionnée au fond du puits d’assemblage.

Une prouesse technologique pour installer le composant de 1 250 tonnes.

« Le plus grand des défis c’est la taille et la précision inférieure à 3 millimètres. Ce sont des pièces fragiles comme de la porcelaine », explique, avec un enthousiasme non feint, Bernard Bigot à Renaud Muselier.

Les collectivités locales qui avaient mis sur la table 500 millions d'€ pour favoriser le choix de la France plutôt que l’Espagne se réjouissent treize ans plus tard des retombées économiques de ce chantier hors normes.

Un chantier qui a poursuivi son activité malgré la pandémie grâce à des accords gouvernementaux autorisant l’expédition des précieux composants notamment depuis la province de Wuhan en Chine où se trouve l’usine Asipp qui a fabriqué une bobine poloidale de 400 tonnes.

La plus lourde des six anneaux supraconducteurs a été livrée sur le chantier le 26 juin au petit matin après avoir emprunté l’itinéraire Iter, un parcours spécifiquement aménagé de 107 km entre le port de la Pointe, à Berre, et Saint-Paul-Lez-Durance.

« Plus de 3,75 milliards d’euros de contrats pour les entreprises françaises »

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« A lui seul, le projet Iter créée 5 000 emplois directs. Il représente plus de 18 milliards d’euros d’investissement depuis janvier 2007 : la construction du projet a généré́ plus de 3,75 milliards d’euros de contrats pour les entreprises françaises, dont 2,68 attribués à des entreprises de la région Sud comme la CNIM, dans le Var qui fabrique les plaques radiales d’Iter ou qui s’implantent, du fait de ce projet, en région », a souligné l’élu régional le 26 juin.

Hasard du calendrier, le même jour, la Corée du Sud confiait au groupe Daher, logisticien d’Iter, le premier des neuf secteurs de la chambre à vide. Le composant de 450 tonnes, le plus lourd jamais transporté dans le cadre de ce programme, a été chargé sur un navire dans le port d’Ulsan et sera sur site le 7 août prochain.

Cette pièce fait partie des 80 000 composants majeurs sur le million livrés sur l’ensemble du programme.

« Alors que nous faisons toujours face à une pandémie mondiale aux conséquences sanitaires, économiques et sociales historiques, ce « nucléaire du futur » prend donc une nouvelle dimension », déclare Renaud Muselier qui rappelle que 152 millions d’euros ont été engagés par la Région depuis 2006.

Sur cette somme, 70 millions d’euros ont été affectés à la construction du réacteur et 82 millions d‘euros pour l’école internationale de Manosque, la réouverture du barrage EDF, le réaménagement de la sortie 17 de l’A51.

« La livraison de l’installation est annoncée pour fin 2025 et le grand jour scientifique est prévu pour 2029. Cette année-là, débutera le premier plasma de puissance. Il y a une forte attente des 35 pays pour démontrer la fusion de l’hydrogène qui peut être une alternative à la combustion par énergie fossile », précise Bernard Bigot.

Le chantier qui mobilise habituellement 2 200 personnes a vu ses effectifs réduits à 600 collaborateurs pendant la pandémie pour repartir actuellement à 1800.

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