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Jean-Luc Gleize réélu président du Département de la Gironde: « Il faut reconstruire le lien de confiance avec les habitants «
Par Denys Bédarride publié le 02 JUIL 2021 à 10:04
L'assemblée des 66 conseillères et conseillers départementaux a élu 15 vice-présidentes et vice-présidents, ainsi que les 45 membres de la commission permanente. Le 15 juillet, lors de la prochaine plénière, les délégations des vice-présidents seront communiquées et les élus procèderont, notamment, à la désignation des membres des commissions. Voici son discours qui précise les orientations du Président pour les 7 ans à venir.

« Cette responsabilité m’honore tout autant qu’elle m’engage. Car être élu signifie se voir confier par les électrices et les électeurs le soin de porter des politiques publiques qui répondent à leurs besoins, de respecter les engagements pris, de les traduire en actions, et de leur remettre à l’issue le bilan des actions réalisées. Notre Montesquieu local le disait si bien : « Pour faire de grandes choses, il ne faut pas être au-dessus des Hommes, il faut être parmi eux ».

Un mandat d’élu départemental, fut-il présidentiel, appelle donc à l’humilité, à la modestie, parce qu’il nous rend redevables auprès des Girondines et des Girondins que nous représentons, dans nos cantons respectifs comme ici, où se porte la parole de toute la Gironde.

Cette humilité s’impose plus encore à l’aune de l’abstention massive qui a marqué ce scrutin. Elle a été spectaculaire au cours des deux tours, mais elle est aussi structurellement tendancielle depuis plusieurs années. La démocratie, « le pire des régimes à l’exception de tous les autres » comme le disait Churchill, souffre d’un désintérêt accru, plus marqué encore dans les jeunes générations qui considèrent que changer le monde qui nous entoure passe plus par l’associatif, le collectif ou l’action citoyenne.

Comment en sommes-nous arrivés là ? Et comment redonner confiance dans la démocratie représentative, dans les élus de proximité que nous sommes, loin de l’image de ces « politiciens » qui défraient la chronique ?

Ce challenge est devant nous. Il passe par la reconstruction du lien de confiance avec les habitants, par la pédagogie concernant notre action publique, par l’éveil à la citoyenneté des plus jeunes, par le rappel du vote comme un droit durement acquis, qui n’est pas un bien consommable, mais qui appelle une responsabilité partagée entre des électeurs, qui font un choix de société, et celles et ceux qui sont chargés de les représenter.

Pourtant, nous sommes la collectivité de chaque jour, celle qui traverse la vie. Souvent, Girondines et Girondins l’ignorent, mais nous sommes avec eux. Quand ils empruntent une route, quand ils déposent leur enfant chez leur assistante maternelle, quand un repas est servi dans la cantine d’un collège, quand un aîné reçoit son aide à domicile, quand un jeune sportif fréquente une école de rugby, quand ils assistent à certains concerts, quand ils reçoivent le très haut débit ... tout le temps, partout, le Département les accompagne. Cet appui diffus, quotidien, permanent, nous devons mieux le faire connaître, pour renouer le lien avec les habitants.

Voici donc le nouveau visage de cet hémicycle. Il y a six ans, lorsque j’ai pris le relais de Philippe Madrelle, notre assemblée avait déjà beaucoup changé avec l’arrivée d’une bienvenue parité. Aujourd’hui, j’en mesure le rajeunissement, la diversité, l’entrée marquée de la société civile, comme un renouvellement bienvenu qui oxygène la démocratie girondine.

Mon groupe politique s’est étoffé d’apparentés, les écologistes sont plus nombreux, le Parti communiste retrouve trois sièges parmi nous, et j’éprouve une grande satisfaction de constater que cette Gironde en commun portée durant la campagne électorale trouve sa traduction physique dans cette enceinte.

Seule constante, Gironde Avenir reste le groupe d’opposition. Ou plutôt le seul groupe d’opposition. Car s’il est une chose dont nous pouvons nous réjouir aujourd’hui, sur chaque banc, à chaque place, dans chaque partie de notre assemblée, c’est bien d’avoir bouté l’extrême-droite hors de notre hémicycle.

C’est un combat qui, par-delà nos différences, nous a unis dans la bataille électorale. C’est un combat nécessaire, parce que l’obscurantisme et de repli sur soi ne sont pas compatibles avec les missions de solidarité qui nous incombent, ne sont tout simplement pas compatibles avec les valeurs de notre République.

Je ne doute pas que nos débats en gagnent en sérénité, afin que nous traitions le fond de nos missions sans céder aux excès de voix qui n’honorent pas la démocratie.

Le rajeunissement de notre assemblée est aussi affaire de transmission. Je veux rendre hommage ici à celles et ceux qui ont fait le choix de ne pas se représenter, et qui ont passé le flambeau à de nouveaux élus, de nouvelles générations. Un exercice toujours délicat, qui témoigne que l’attachement à un mandat public est aussi compatible avec la décision assumée d’y mettre fin, honorablement, et dans le désir d’une continuité républicaine. Ils ont marqué notre hémicycle au cours de la précédente mandature, et méritent la reconnaissance de la Gironde pour leur engagement.

Ici, nous sommes en Gironde, et le Girondin farouche que je suis croit, comme vous, à la vertu de la décentralisation. Notre République se doit de garantir l’unité nationale, mais elle s’enrichit de la diversité de ses collectivités locales. Agir en élu local, c’est œuvrer en proximité, au plus près des habitants, en contact permanent avec le pouls du terrain, en résonance proche avec les réalités de nos villes et de nos villages. Nous ne mettons pas en péril l’unité républicaine contrairement à ce que pensent quelques technocrates parisiens, nous en sommes le fin réseau de vaisseaux qui irriguent la France, dans la pluralité de ses territoires, de ses populations, de ses paysages...

Notre Gironde est hétérogène. Nous avons toujours veillé à corriger ses déséquilibres, entre une métropole très dense, fortement peuplée, qui masque derrière une apparente opulence des fragilités fortes, ces mondes périphériques qui l’entourent et qui étalent leurs banlieues pavillonnaires, cet univers rural qui parsème de villages jusqu’aux confins de la Gironde. A l’image du plan Haut Méga, modèle abouti de politique publique départementale : pour toutes, pour tous, partout, afin de corriger l’abandon par le privé de zones dites « non rentables ».

Cette vision à la foi fine et à 360 degrés de la Gironde, seul le Département peut l’opérer. Depuis le balcon de notre collectivité de proximité, nous pouvons tisser la maille des territoires en commun, celle qui relie la métropole à ses périphéries, celle qui construit un aménagement du territoire respectueux des zones rurales, celle qui assure le lien avec les communes et les intercommunalités, les associations sportives et les acteurs culturels, celle qui peut imaginer promener un VacciBus dans toute la Gironde, pour rapprocher les vaccins des habitants en secteurs isolés.

Car nous savons, aussi, être créatifs, innovants. Ainsi que je l’ai toujours dit à mes collègues : « Il faut oser se tromper, mais surtout oser réussir ». Démontrer que nous pouvons tenter les solutions de demain, expérimenter ce que d’autres n’osent faire, s’inspirer des expériences d’ailleurs et diffuser les nôtres.

Une capacité à inventer des solutions nouvelles avec les citoyens et les partenaires girondins, car nous serons toujours aux côtés de celles et ceux qui créent, qui s’engagent, qui transforment notre Gironde et l’inscrivent sur la voie du progrès.

Car si le Département est issu de la Révolution Française, il reste profondément moderne, capable de s’adapter, de se réinventer, d’être résilient.

Nous l’avons démontré pendant la crise sanitaire, en étant plus que jamais appelé à la rescousse par l’Etat, en apportant notre soutien aux communes, aux associations, aux habitants. La sortie de crise qui s’amorce marquera inévitablement ce début de mandature, elle nous obligera à trouver la voie pour tirer enseignement de ce que nous avons vécu, pour anticiper d’autres crises à venir, pour nous adapter toujours afin d’aller de l’avant et aider les plus fragiles à en faire de même.

Nous devrons le faire aussi au regard des nécessaires transitions qui s’imposent à nous. Le dernier rapport du GIEC ne peut nous laisser sans agir, et nous devrons poursuivre le virage entrepris vers des politiques publiques plus respectueuses de l’environnement et soucieuses des changements climatiques. Nous le ferons de façon pragmatique et non dogmatique, positive et non punitive.

Nous le ferons aussi avec la méthode que j’ai impulsée : en travail collectif, en favorisant la participation, en stimulant la citoyenneté, en allant puiser chez celles et ceux auxquels nous adressons notre action leurs attentes et leurs besoins, afin que nos réponses publiques soient en conformité avec les solutions attendues.

Il faudra pour cela que l’Etat nous laisse les moyens nécessaires aux ambitions qui nous attendent. Alors qu’une pitoyable Loi 4D s’apprête à donner un souffle souffreteux à la décentralisation, on nous tresse progressivement la corde financière qui cherche à nous étrangler, malgré notre bonne notation financière. Et nous aurons, sans aucun doute, d’autres combats à mener, comme celui du Pacte de Cahors ou du mouvement « Défendons nos territoires » que nous avions initié.

Relier et prendre soin, aménager la Gironde, faire face aux défis environnementaux, telle sera notre feuille de route. Nous l’assumerons en responsabilité, avec engagement, fidèles à notre engagement au service des Girondines et Girondins, forts de nos valeurs et de la passion que nous avons pour ce beau département de la Gironde ! «

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