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Landes : PLOUCS sème les germes de l’économie sociale et solidaire
Par Redaction publié le 04 AOÛT 2022 à 10:04
Il n’y a pas que le maïs qui pousse dans les Landes. Dans ce département rural, un collectif, né en 2015, sème les graines de l’économie sociale et solidaire. Baptisée PLOUCS, la structure porte fièrement son acronyme. “Pour nous, ce n’est pas péjoratif, nous en sommes fiers” soutiennent ses représentants.

En réalité, PLOUCS signifie Projets locaux ouverts utiles collectifs et solidaires. Fondé initialement par cinq structures landaises, il en regroupe aujourd’hui treize, réparties aux quatre coins du département. Son rôle: organiser, encourager et faire connaître les valeurs de l'économie sociale et solidaire sur le territoire.

La force du collectif pour entreprendre

Ploucs est né de la volonté d’association locales. “Il s’agit de jeunes landais qui souhaitent implanter ici ce qu’ils veulent avoir, plutôt que de partir pour aller le chercher ailleurs", explique Clémence Lartigue.

Une démarche que l’on retrouve chaque année dans l’appel à projets lancés. Pour la quatrième promotion de 2022, les candidatures sont ouvertes jusqu’à la fin du mois de juin. Les campagnes précédentes ont permis de révéler et de concrétiser de belles aventures. Pour candidater, il faut bien sûr entrer dans le cadre de l’ESS. “Ne pas viser le profit personnel, avoir un impact sur le territoire, mettre en place une gouvernance collective”, résume Clémence.

Dans ce cadre, une dizaine de projets sont retenus et accompagnés, non seulement par Ploucs mais aussi par ses diverses structures membres. “Nous sommes un collectif au-delà des collectifs, du coup cela crée un véritable réseau pour les porteurs de projets”.

Renaissance de lieux de vie

Parmi les réussites des précédentes éditions, la renaissance de lieux de vie dans des villages. C’est le cas dans la commune de Herm, où trois habitantes ont décidé de monter un bar associatif dans l'ancienne poste. Créer de la convivialité et du lien social, c’est aussi ce qui anime un autre lauréat, l’association Vert de Terre, qui s’est mis en tête de créer un café associatif dans un bâtiment communal de cette bourgade de 250 âmes.

Dans un autre registre, on peut citer l'initiative de Compost Landes qui valorise les déchets organiques des professionnels, ou encore l'association Roue Libre qui utilise un mode de mobilité douce.

A Saint-Julien-en Born, cette dernière propose un transport en calèche pour les personnes âgées, les scolaires, ou encore les gens de passage pour des balades touristiques.

Pour tous ces projets, le réseau Ploucs œuvre afin d’aider les porteurs à trouver un modèle économique, à traiter avec les administrations, à trouver des financements…

Ce travail réalisé auprès de personnes déjà au fait de cette autre économie, s’effectue aussi avec des publics novices. Un volet pédagogique est notamment destiné aux jeunes avec les Chantiers jeunesses solidaires (CJS).

L’expérimentation à taille réelle

Aurélie Lagarde est responsable de ces chantiers de jeunes. Actuellement, elle est en pleine période de recrutement pour la session estivale démarrant le 4 juillet prochain. Pour cette promotion, une vingtaine d’adolescents entre 16 et 18 ans sont attendus afin de tester de façon ludique, l’entrepreneuriat collectif.

Les volontaires issus de Morcenx, Sabres et de villages environnants prennent part à une expérience à taille réelle. “Le temps d’un été, ils créent leur coopérative, développent leur activité, réalisent des missions et se versent un salaire”, explique la chargée de mission. Dès la première semaine, le groupe réfléchit sur ses valeurs et le type de services qu’il souhaite effectuer. “Il s’agit de trouver un équilibre entre le fait d’entreprendre et de travailler et le fait d’apprendre en s’amusant”.

Après avoir déterminé ces premiers éléments ainsi que le nom et l’identité visuelle, les choses sérieuses commencent. “Au bout de quelques jours à peine, ces adolescents deviennent capables de faire un devis pour une collectivité locale ou une entreprise”. Car ils vendent et effectuent de vraies prestations, facturées par leurs soins.

De la gestion de réseaux sociaux pour un centre de formation d’apprentis, au nettoyage des plages, en passant par des travaux de peinture pour un bailleur social, le panel de leurs domaines d'intervention est très large.

Capacité d’adaptation

Les jeunes acceptent les missions et s’organisent pour les réaliser. En ce sens, ils font preuve d’une vraie résilience et d’une grande capacité d'adaptation. “Il y a deux ans, lors de fortes chaleurs, ils ont adapté leur horaires en fonction de cette contrainte pour commencer dès 7h du matin pour des travaux en extérieur”, explique Aurélie Lagarde.

De même, l’été dernier, l’absence des jeunes impactés par le virus Covid-19 a été un sujet d’agilité constante, poussant les membres du groupe à trouver sans cesse des solutions. “On les amène à réfléchir mais ils prennent leur décision, on leur fait confiance”.

Une confiance dans l’intelligence collective qui fait ses preuves, année après année. A force de semer des graines solidaires, de belles initiatives poussent un peu partout dans les Landes.

Source : Région Nouvelle-Aquitaine

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