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Provence-Alpes-Côte d’Azur : Quelle est la situation économique et de l’emploi à fin 2021 ? Analyse
Par Denys Bédarride publié le 31 JAN 2022 à 09:42
En Provence-Alpes-Côte d’Azur, le retour à un niveau d’activité normale est porté par la reprise du secteur des services affectés précédemment par le confinement. L’hôtellerie-restauration a bénéficié de la fréquentation touristique soutenue des résidents français au cœur de l’été. Dans les autres secteurs, la hausse de l’emploi ralentit avec la normalisation de l’activité après le rebond du début d’année. Les Alpes-Maritimes restent le département le plus en difficulté, alors que la clientèle étrangère fait encore défaut. Les créations d’entreprises baissent et les défaillances demeurent à un palier bas. Le taux de chômage se stabilise à 9,1 %, soit un niveau proche de l’avant-crise.

L’activité revient à son niveau d’avant-crise

Entre juillet et septembre 2021, l’activité mesurée par les heures rémunérées est à son niveau d’avant-crise en Provence-Alpes-Côte d’Azur (+0,2 % au troisième trimestre par rapport au troisième trimestre 2019). C’est toujours le cas au mois d’octobre (+0,6 %). En France métropolitaine, le volume des heures rémunérées se rétablit également au troisième trimestre (–0,2 % par rapport à 2019).

Dans les départements de la région, le volume d’heures rémunérées au troisième trimestre est supérieur à son niveau d’avant-crise dans les Hautes-Alpes (+1,5 %), les Bouches-du-Rhône (+1,0 %), en Vaucluse, dans le Var et dans les Alpes-de-Haute-Provence (de +0,8 à +0,3 %). La situation demeure plus dégradée cet été dans les Alpes-Maritimes (–2,1 %), malgré une légère amélioration à la rentrée.

La fréquentation des touristes français soutient l’hébergement-restauration

Dans l’hébergement-restauration, les heures rémunérées se rétablissent à un niveau proche de l’avant-crise en juillet-août (–2,6 %), et se maintiennent à la rentrée (–2,4 % en septembre-octobre).

Les chiffres d’affaires déclarés dans l’hôtellerie et la restauration remontent en flèche après le point bas d’avril (respectivement –78 % et –73 % par rapport à l’avant-crise), avec la levée des restrictions les plus sévères touchant le secteur (respectivement –63,3 % et –48,7 % en mai, –40,7 % et –13,1 % en juin). L’activité revient au niveau d’avant-crise en juillet-août. Cette reprise très dynamique contribue fortement au rétablissement global de l’activité économique.

Ce rebond de l’activité reflète la forte fréquentation touristique en juillet-août: sur ces deux mois, tous types d’hébergements collectifs confondus, plus de 21,6 millions de nuitées ont été enregistrées dans la région, soit 300 000 de plus qu’en 2019 (+1,5 %).

Cette bonne tenue de la fréquentation touristique est en grande partie due aux touristes en provenance de France (+17,7 %), alors que certains pans de la clientèle étrangère ne sont pas revenus compte tenu de la crise sanitaire (–31,5 %). Seulement un tiers des Britanniques, la moitié des Américains et un Chinois sur dix ont retrouvé le chemin des hôtels de la région.

La construction est ralentie par sa composante « logements neufs »

Dans la construction, l’activité mesurée par les heures rémunérées fluctue autour de son niveau d’avant-crise pendant l’été (entre –0,2 % et +0,5 % selon les mois) et est légèrement en retrait en octobre (–0,9 %).

L’activité de construction de logements reste en retrait. Depuis un an, 29 100 logements ont été commencés en Provence-Alpes-Côte d’Azur (–1,7 % par rapport au trimestre précédent), ce nombre est inférieur de 13,4 % à son niveau d’avant-crise. Dans la région, 2 077 nouveaux logements ont été mis en vente ce trimestre (–16,3 % par rapport au troisième trimestre 2019) et 2 619 logements ont été réservés (–3,2 %).

Par ailleurs, à la fin du troisième trimestre, 35 000 permis de construire ont été délivrés depuis 12 mois dans la région, en hausse de 3,9 % par rapport au trimestre précédent (+5,8 % en France métropolitaine). Le repli est de 2,8 % par rapport au troisième trimestre 2019.

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L’industrie résiste mieux qu’au niveau national

Dans l’industrie, les problèmes des chaînes d’approvisionnement mondiales pèsent toujours. Cela pénalise l’activité dans certains secteurs au niveau national, notamment la fabrication de matériels de transports. En Provence-Alpes-Côte d’Azur, le niveau des heures rémunérées est globalement équivalent à celui d’avant-crise au troisième trimestre, alors qu’il est en retrait de 3,5 % au niveau national. Des distinctions apparaissent selon les secteurs : l’activité se redresse vivement dans l’agroalimentaire (+5,3 % au troisième trimestre) et dans la fabrication d’équipements (+1,9 %). Elle est en revanche ralentie dans la fabrication d’autres produits industriels (–2,0 %), l’énergie (–1,9 %) et la fabrication de matériels de transport (–0,6 %).

Avec la normalisation de l’activité, l’emploi progresse moins rapidement

En Provence-Alpes-Côte d’Azur, au troisième trimestre 2021, le nombre de salariés total (privé et public confondus) s’élève à 1 911 000, soit 1,7 % de plus qu’avant-crise. L’emploi salarié total (privé et public confondus) progresse moins vite qu’au trimestre précédent (+0,3 % après +1,8 %). En particulier, l’emploi privé ralentit après une forte hausse au deuxième trimestre (+0,6 % après +2,2 %). L’emploi public diminue de 0,4 %. En France (hors Mayotte), l’évolution de l’emploi salarié total est comparable à celle de la région ce trimestre (+0,4 %).

La fin du rebond touche tous les secteurs

La croissance de l’emploi salarié ralentit dans le tertiaire marchand hors intérim (+1,0 % après +3,2 %) et dans toutes ses composantes, à l’exception du transport-entreposage où elle se stabilise. L’emploi intérimaire freine également après un rebond très soutenu et demeure à un niveau bien supérieur à celui d’avant-crise (+5,9 % par rapport au quatrième trimestre 2019). L’emploi progresse légèrement dans l’industrie (+0,2 %), surtout dans l’agroalimentaire (+0,4 % ce trimestre, +5,1 % sur un an). Dans la construction, la tendance est à la stabilité sur un trimestre (–0,1 %), alors qu’elle est légèrement à la baisse dans le tertiaire non marchand (–0,3 %).

Les embauches restent faibles dans les Alpes-Maritimes

Au troisième trimestre 2021, les déclarations préalables à l’embauche sont inférieures de 1,9 % au niveau de 2019 dans la région. Les Alpes-Maritimes, dont l’activité a été particulièrement touchée cet été du fait de touristes étrangers bien moins nombreux que d’habitude, sont plus à la peine (–9,6 %). La situation ne semble pas s’améliorer au mois d’octobre (–13,5 % par rapport à octobre 2019). À l’inverse, la situation est plus favorable dans les autres départements, qui ont retrouvé un niveau d’emploi supérieur à l’avant-crise. Dans les Hautes-Alpes, les embauches sont élevées au troisième trimestre (+8,2 %). Dans les autres départements, le niveau des embauches fluctue cet été autour du niveau d’avant-crise.

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Malgré la hausse de l’emploi, le taux de chômage reste stable

Le taux de chômage est stable en Provence-Alpes-Côte d’Azur au troisième trimestre, et s’établit à 9,1 % de la population active. Ce niveau est proche de celui de l’avant-crise (9,2 % fin 2019). Il est au plus bas dans les zones d’emploi de Briançon (6,8 %, soit –0,9 point ce trimestre) et d’Aix-en-Provence (6,8 %). Il reste élevé dans les zones de Sainte-Maxime (10,9 %, –1,1 point) et d’Orange (10,6 %). Le taux de chômage en France métropolitaine est de 7,9 % (+0,1 point ce trimestre).

La hausse de l’emploi n’a donc pas permis de faire baisser le taux de chômage. Depuis l’avant-crise, de nombreuses personnes sont en effet revenues sur le marché du travail, et la population active a augmenté dans les mêmes proportions que l’emploi (+1,8 % par rapport à la fin 2019).

Le nombre de demandeurs d’emploi se rapproche de son niveau d’avant-crise

Le nombre de demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi dans les catégories A, B et C diminue de 2,5 % au troisième trimestre 2021 en Provence-Alpes-Côte d’Azur, pour s’établir à 491 480 inscrits (–4 % sur un an). Il reste toutefois légèrement supérieur au niveau d’avant-crise (+1,9 % par rapport à fin 2019).

Pour les inscrits de catégorie A (aucune heure travaillée au cours du mois), la baisse est encore plus marquée : –7,2 % ce trimestre et –9,5 % sur un an. Dans cette catégorie, on compte 306 860 demandeurs, soit quasiment le même nombre qu’avant la crise sanitaire.

En France métropolitaine, le nombre de demandeurs dans les catégories A, B et C recule de 1,9 % ce trimestre (–3,6 % sur un an). Dans la catégorie A, il diminue de 5,8 % (–10,0 % sur un an).

Les créations d’entreprises diminuent

Au troisième trimestre 2021, 23 360 entreprises ont été créées en Provence-Alpes-Côte d’Azur, dont 14 700 sous le régime de micro-entrepreneur. Le nombre de nouvelles entreprises diminue fortement ce trimestre (–15,9 %, soit –4 400 créations), du fait de la forte baisse des immatriculations de micro-entrepreneurs (–22,6 %, soit –4 300 créations). Le nombre de créations d’entreprises classiques demeure toutefois supérieur de 9,7 % à celui du troisième trimestre 2019.

En France, les créations continuent de diminuer ce trimestre mais moins rapidement qu’en Provence-Alpes-Côte d’Azur (–4,4 %, après –1,5 % au deuxième trimestre), pour les micro-entrepreneurs (–4,2 %) comme pour les entreprises classiques (–4,6 %).

Les défaillances restent à un niveau historiquement bas, mais leur nombre semble avoir atteint un palier depuis mars 2021. Depuis, le nombre de défaillances sur 12 mois oscille entre 3 130 et 3 350 dans la région.

Les mesures de soutien public aux entreprises pendant la crise sanitaire (prêts garantis par l’État, fonds de solidarité, activité partielle) ont permis à des entreprises de conserver une activité, alors qu’elles auraient été défaillantes sinon. Avec le début du remboursement des prêts garantis par l’État au printemps 2022 et des conditions de recours à l’activité partielle moins favorables, un rattrapage des défaillances pourrait intervenir au cours des prochains mois.

Source INSEE

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