Clermont-Ferrand a basculé à droite ce dimanche 22 mars 2026. Au terme d’un second tour tendu, Julien Bony, 47 ans, candidat Les Républicains à la tête de la liste d’union « Le Sursaut Clermontois » (LR, MoDem, Renaissance, Horizons, UDI, Parti Radical), a été élu maire avec 50,91 % des voix (21 495 suffrages). Il devance nettement le maire sortant Olivier Bianchi (divers gauche, allié à LFI) à 45,45 % et le candidat RN Antoine Darbois à 3,64 %.
La capitale auvergnate, dirigée par la gauche sans interruption depuis 1919 (depuis la Libération), change donc de couleur politique pour la première fois en plus d’un siècle. Une « victoire historique » saluée par la droite nationale.
Sur le parvis de l’hôtel de ville, Julien Bony a déclaré : « Clermont-Ferrand a choisi le changement, le bon sens et la protection de ses habitants. Nous allons reconstruire la fierté clermontoise. » La participation s’est établie à environ 56,7 %.
Qui est Julien Bony ?
Né en 1979 à Clermont-Ferrand, Julien Bony est un « pur Clermontois » revendiqué. Issu d’un milieu modeste du quartier Saint-Jacques (père ouvrier chez Michelin, mère au foyer), il y est resté très actif dans le tissu associatif.
Après un bac, il se forme à l’hôtellerie-restauration, devient délégué pharmaceutique pendant 15 ans, puis cadre commercial dans le secteur dentaire.
Engagé en politique depuis 2007, il a dirigé les campagnes de Jean-Pierre Brenas (LR) en 2014 et 2020, avant d’être élu conseiller municipal d’opposition et conseiller métropolitain. C’est sa première candidature comme tête de liste.
Père de famille, amateur de Saint-Nectaire et propriétaire d’un chat nommé Indy, il incarne un profil ancré localement, pragmatique et éloigné des postures parisiennes. Sa liste comptait 60 % de candidats non encartés, un gage de renouvellement.
Le programme qui a fait la différence : « Protéger, Améliorer, Construire »
Avec 132 propositions concrètes et chiffrées, le programme de Julien Bony s’articule autour de trois grands piliers. Il a séduit les électeurs lassés de la gestion Bianchi (perçue comme idéologique, avec une circulation compliquée et un sentiment d’insécurité croissant) en misant sur le quotidien : sécurité visible, fluidité des déplacements, propreté et pouvoir d’achat.
Trois thèmes ont particulièrement porté sa victoire :
La sécurité : priorité absolue et visible
Mesure phare : recrutement de 100 policiers municipaux supplémentaires sur le mandat (armés et équipés), création d’un hôtel de police municipal avec Centre de Supervision Urbain 24h/24, rallumage de l’éclairage public toute la nuit, bornes d’appel d’urgence, brigade transports dans bus et tram, vidéoprotection totale de l’espace public.
Autres mesures fortes : travaux d’intérêt général obligatoires pour les dégradateurs, expulsion des locataires sociaux en cas de trafic de drogue, saisie et destruction des véhicules de rodéos. Cette ligne « protection » a répondu directement aux attentes des Clermontois sur la tranquillité publique.
Les mobilités et le cadre de vie : retour au bon sens
Le programme promet l’assouplissement du plan de circulation (suppression de la ZTL, réouverture de grands axes comme l’avenue Carnot, Bergougnan, rue de l’Oradou, François Mitterrand), 30 premières minutes de stationnement gratuites, retour du forfait jour résidentiel, création d’arrêts minutes pour artisans et soignants.
Complété par un grand plan propreté, végétalisation des places (Jaude, Delille), plantation de 10 000 arbres et rénovation des marchés (Saint-Joseph, Saint-Pierre). Ces mesures pragmatiques ont séduit les familles, commerçants et automobilistes fatigués des embouteillages et des restrictions.
Pouvoir d’achat, commerce et attractivité
Aucune hausse des taux de la taxe foncière municipale, tarification familiale dégressive dans les transports, Pass Sénior (-50 % pour les +65 ans), Pass Métropolitain jeunes, aides au permis de conduire pour les moins de 26 ans, construction de deux nouvelles crèches, bourses au mérite, création d’un office municipal du commerce avec droit de préemption renforcé pour relancer les boutiques en centre-ville.
Sur l’environnement et la culture : panneaux photovoltaïques sur bâtiments publics, rénovation thermique, création d’un musée Blaise Pascal et d’une biennale internationale de sculpture. Enfin, fin du cumul maire/président de métropole pour se consacrer pleinement à la ville.
Pourquoi ce programme a convaincu ?
Après deux mandats d’Olivier Bianchi marqués par une politique de gauche parfois jugée trop restrictive sur la voiture et insuffisante sur la sécurité, les Clermontois ont plébiscité un projet de rupture pragmatique et de proximité.
Julien Bony a réussi à unir la droite et le centre (malgré quelques tensions internes) et à incarner le « sursaut » : une ville plus sûre, plus fluide, plus propre, où le commerce revit et où l’on ne taxe pas davantage. Son discours sur la « fierté clermontoise » retrouvée – via le patrimoine, le sport, la culture et une écologie de bon sens – a fait la différence dans une ville moyenne confrontée à la désindustrialisation et à l’exode de certains commerces.
Avec une opposition de gauche forte et un RN marginalisé, le nouveau maire sait que le mandat sera scruté. Mais dès son élection, il a posé le cap : « Nous allons protéger, améliorer et construire pour tous les Clermontois. »
Clermont-Ferrand entre dans une nouvelle ère. Celle d’un maire de droite ancré localement qui mise sur le concret et le résultat rapide. Les premiers chantiers (police, circulation, propreté) seront observés de près.
Le « Sursaut Clermontois » a été entendu. Reste à le transformer en réalité.
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