Ce jeudi 26 mars, a eu lieu le premier conseil métropolitain depuis les élections du 22 mars dernier. Décrochant 92 sièges sur 150 la liste de droite « Grand cœur lyonnais « l'a emporté au suffrage universel. Ce premier conseil à été l'occasion pour Véronique Sarselli d'être officiellement élue Présidente à la suite du vote des conseillers métropolitains. Elle devient ainsi la première femme présidente de la Métropole de Lyon. Quelles sont ses ambitions? Reportage et interview vidéo.
Après six années de gouvernance écologiste menée par Bruno Bernard la liste d’union de droite et de centre, « Grand cœur lyonnais” à remporté dimanche dernier 10 des 14 circonscriptions de la Métropole.
Après le vote des conseillers métropolitains ce jeudi 26 mars, c’est la maire LR de Sainte-Foy-lès-Lyon qui a officiellement été élue présidente de la Métropole.
Âgée de 58 ans et maire de Sainte-Foy-lès-Lyon depuis 2014, la nouvelle présidente de la Métropole entend dialoguer avec toutes les mairies de la métropole sans exception : ” Avec la Ville de Lyon, ma volonté n’est pas de rentrer dans une logique de confrontation. Lorsqu’il faudra coopérer je le ferai de manière constructive” a-t-elle déclaré lors de son discours d’investiture.
Un rendez-vous avec Grégory Doucet, maire de Lyon réélu est d’ailleurs prévu prochainement.
Jean-Michel Aulas, nouveau premier Vice-président
Candidat à la mairie de Lyon battu de peu par Gregory Doucet, Jean-Michel Aulas a lui été nommé premier Vice-président.
Lui aussi fait du dialogue un cheval de bataille : “On ne gagne pas seul, on ne gouverne pas seul. Je m’engage à être un pilier du rassemblement à tout prix ” à déclaré l’ancien président de l’Olympique Lyonnais.
Quels chantiers pour la Métropole ?
Parmi les grands travaux énoncés lors de son discours d’investiture, Véronique Sarselli entend faire de la sécurité un sujet important.
Parmi ses priorités, elle a notamment annoncé la création d’une police métropolitaine des transports ainsi qu’un plan de sécurisation des collèges.
Véronique Sarselli promet “des transports plus fiables“,
En termes de transport, la nouvelle présidente souhaite “réparer les mobilités avec des transports plus fiables ». Elle souhaite également remettre au goût du jour le projet du métro E.
Quant au tramway express de l’ouest lyonnais (TEOL), qui devait voir le jour à l’horizon 2032, Véronique Sarselli souhaite l’abandon complet du projet.
Enfin, concernant les transports, elle envisage d’engager : “Une action pour mieux fluidifier les circulations. Une action qui n’oppose pas systématiquement les habitants entre eux.” soutient-elle.
Une écologie non punitive souhaitée par la nouvelle présidente
L’actuelle maire LR de Sainte-Foy-lès-Lyon souhaite une écologie transpartisane et non punitive : ” On souhaite rassembler autour d’une écologie qui protège et améliore la qualité de vie sans punir les habitants. On veut une écologie qui s’appuie sur le bon sens.” argumente-t-elle.
Normalement prévues pour 2032, les prochaines élections municipales et métropolitaines pourraient avoir lieu en 2033 en raison de l’élection présidentielle déjà programmée en 2032.
Véronique Sarselli pourrait donc avoir 7 ans et non 6 pour mener à bien ses projets.
Voici son discours prononcé lors de son élection à la Métropole :
« En cet instant si particulier, je mesure pleinement l’honneur qui m’est fait. Je pense au chemin parcouru, aux engagements pris, aux attentes immenses des habitants de notre territoire. Cet instant m’oblige. Il m’élève aussi.
Vous venez de m’élire présidente de la Métropole de Lyon, et je veux naturellement vous dire ma gratitude de m’avoir accordé votre confiance. Merci aux candidates et aux candidats, aux élus, aux militants, aux soutiens, qui ont mené cette campagne métropolitaine avec conviction et détermination.
Merci à celles et ceux qui ont porté à mes côtés le projet que nous allons conduire dans les 6 ou 7 prochaines années.
Je veux aussi saluer les élus sortants dont nous prenons aujourd’hui le relai après six ans de mandat. Je sais l’engagement que demande la vie publique. Je sais le travail qu’elle exige. Je sais aussi qu’on peut servir sincèrement son territoire, même lorsque nous avons de profonds désaccords sur les choix faits. La démocratie locale mérite ce respect.
Comme je l’ai dit en entame de mon propos, je mesure l’honneur qui m’est fait aujourd’hui. Je mesure, plus encore, la responsabilité qui m’incombe. Cette responsabilité, je l’accueille avec fierté. La fierté simple d’une élue de terrain animée par la volonté d’améliorer durablement la vie de nos concitoyens.
Je sais aussi ce que représente, dans notre vie publique, le fait qu’une femme accède aujourd’hui à cette fonction. Je ne veux ni en faire un symbole écrasant, ni un argument. Mais je veux le dire avec sincérité : c’est un signe de confiance. Et c’est une exigence de plus.
De l’exigence, notre Métropole en mérite peut-être plus que d’autres, précisément parce qu’elle n’est pas un territoire comme les autres. Elle est une grande terre française et européenne. Une terre de confluence, où les fleuves ont dessiné bien plus qu’un paysage : ils ont façonné un esprit. Celui de la rencontre, de l’échange et de l’ouverture.
Depuis Lugdunum, notre métropole traverse les siècles en épousant les grandes heures du commerce, de la soie, de l’industrie, de la médecine, de la pensée, de la création. Cette histoire a forgé un territoire de caractère, habitué à entreprendre, à produire, à accueillir, à rayonner.
Une terre d’invention. Une terre de travail. Une terre de culture. Une terre de santé, de recherche, d’industrie, de commerce, de gastronomie, d’engagement associatif. Cette métropole porte aussi une vocation internationale évidente. Elle compte en France. Elle compte en Europe. Elle compte, dans bien des domaines, à l’échelle du monde par sa capacité à faire dialoguer l’ancrage local et l’ambition globale.
Entre Rhône et Saône, entre chacune des communes, entre quartiers populaires, centralités urbaines, plateaux, vallons, zones économiques, campus, hôpitaux et bassins de vie, nous formons un territoire singulier.
Un territoire riche de ses contrastes, fort de ses complémentarités, et porteur d’une responsabilité particulière. Mais aussi un territoire qui, au cours des dernières années, a pu parfois se mettre à douter de lui-même. Or, je l’affirme ce matin : nous n’avons aucune raison de nous résigner.
Notre Métropole n’est assurément pas vouée au ralentissement, ni à la tension des usages, ni à la fatigue civique. Elle peut retrouver de l’élan. Elle peut retrouver de la confiance. Elle peut trouver un nouveau cap. C’est le sens du mandat qui s’ouvre.
A ce titre, j’entends conduire une gouvernance différente. Plus proche. Plus respectueuse. Plus pragmatique et moins idéologique. Ces dernières années, trop de décisions ont été vécues comme verticales. Trop de choix ont donné le sentiment d’opposer plus que de rassembler. Trop de débats ont été refermés avant même d’avoir eu lieu.
Avec mon exécutif et ma majorité, nous ne gouvernerons pas contre les maires. Nous ne gouvernerons pas contre les habitants. Nous ne gouvernerons pas contre le réel. Je gouvernerai avec les communes. Avec les forces vives. Avec les acteurs du terrain. Avec le souci constant d’évaluer, de corriger et d’avancer dans le sens de l’intérêt des Grands Lyonnais. En ayant bien en tête que l’intérêt général, ce n’est pas seulement satisfaire la majorité ; c’est faire tenir ensemble l’efficacité, la justice et la cohésion.
Je sais que certains s’interrogent sur la capacité de la Métropole et de la Ville centre à travailler ensemble dans une configuration politique inédite. Je veux les rassurer. La démocratie n’est pas l’uniformité. Elle n’est pas non plus la paralysie. Elle est la capacité de responsables élus à se parler, à se respecter et à agir, chacun dans son champ de compétence, au service d’un même territoire.
Avec la Ville de Lyon, comme avec toutes les communes, ma volonté n’est pas d’entrer dans une logique de confrontation institutionnelle. Lorsqu’il faudra coopérer, je le ferai de manière constructive. Lorsqu’il faudra défendre les intérêts de la Métropole, je le ferai avec clarté.
Mais pour dialoguer, il faut être deux. La Ville-centre, en particulier, doit davantage intégrer que ses fonctions essentielles de centralité exigent une meilleure prise en compte de ses multiples capillarités avec les communes alentours. Les habitants nous jugeront non sur nos postures, mais sur notre capacité à faire. Dès les premières semaines, nous installerons donc une nouvelle méthode de travail reposant sur la transparence, sur l’écoute, sur l’efficacité et sur une gestion rigoureuse de l’argent public.
C’est dans cet esprit qu’un audit indépendant des finances de la collectivité sera engagé rapidement. Cette démarche ne relève pas d’une tentative de procès ou d’une manœuvre polémique. C’est un acte de responsabilité. Dans toute alternance, la clarté est une exigence démocratique. Sur l’état des finances métropolitaines, il ne s’agit pas de regarder en arrière avec esprit de revanche, mais de préparer l’avenir avec lucidité.
J’estime que l’action publique se construitsur des comptes clairs et sur une vérité partagée. C’est un préalable essentiel pour mettre en œuvre le projet que nous avons présenté durant cette campagne électorale. Ce projet s’articule autour de trois piliers.
Réparer.
D’abord réparer ce qui, dans la vie quotidienne de nos concitoyens, ne fonctionne plus assez bien. Réparer la sécurité du quotidien, avec notamment la création d’une police métropolitaine des transports, mais aussi la création d’un fonds d’aides pour les communes ainsi qu’un plan de sécurisation des collèges.
Réparer aussi les mobilités avec des transports en commun plus fiables, plus performants, plus réguliers. En attendant le lancement de grands projets d’infrastructure de déplacement, nous porterons une attention immédiate à la qualité de service rendu aux usagers, avec un plan d’action à court terme auquel nous consacrerons les moyens et la fermeté nécessaires. L’urgence nous conduira à engager également une action résolue pour mieux fluidifier les circulations. Avec une vision qui ne méprise aucun usage et qui n’oppose pas systématiquement les habitants entre eux.
Quand une mère de famille met une heure de plus pour amener ses enfants à l’école puis rentrer chez elle, ce n’est pas un concept. Quand un commerçant voit sa clientèle s’évaporer, ce n’est pas une abstraction. Quand un habitant découvre en bas de chez lui un plan de circulation contraignant et imposé sans dialogue, ce n’est pas une transition. C’est une rupture.
En ce sens, l’une de nos premières initiatives consistera à remettre à plat le plan de circulation dans la Métropole pour identifier les principaux points bloquants et engager les améliorations les plus prioritaires. Il ne s’agira évidemment pas de tout défaire au prix de gaspillages déraisonnables, mais d’avoir des actions de bon sens ciblées et rapidement opérationnelles.
Réparer, donc, mais aussi relancer.
Relancer l’économie. Notre territoire possède des filières d’exception. Des entrepreneurs remarquables. Des commerçants et des artisans courageux. Des chercheurs de premier plan. Des salariés engagés. Des talents immenses. Ils n’attendent pas des discours. Ils attendent un cap stable et des normes lisibles. Ils attendent des décisions cohérentes de la part d’une collectivité qui facilite plus qu’elle n’entrave.
En lien étroit avec les acteurs de terrain et les organisations professionnelles, nous redéfinirons ensemble la stratégie de développement économique et d’attractivité de notre territoire. L’enjeu sera de soutenir plus efficacement les commerces de proximité, les zones d’activité, l’emploi local et les dynamiques de réindustrialisation qui font la part belle à l’innovation.
Je veux une métropole qui ose de nouveau et qui s’inscrive davantage dans une logique de croissance responsable. La croissance pour la croissance n’est pas une fin en soi. Mais on ne finance pas les grands projets, les solidarités et la transition écologique sans création de richesses. En matière de logement, nous voulons relancer la construction et élargir l’offre locative.
Plus encore qu’ailleurs, la crise du logement est ici une dure réalité qui subordonne la capacité de notre territoire à conserver ses forces vives et à en intégrer de nouvelles. Il n’est pas acceptable que les classes moyennes, les ménages modestes, les jeunes actifs, les étudiants, aient le sentiment qu’il devient impossible de vivre ici. Nos ambitions dans ce domaine sont donc très fortes.
Notre stratégie reposera sur la mobilisation des dispositifs existants les plus pertinents, qu’il s’agisse de la remise sur le marché des logements vacants, de la reconversion de l’immobilier de bureau ou encore de l’accession sociale à la propriété.
Elle reposera surtout sur le souhait d’assouplir les normes et les procédures dissuasives qui à nos yeux pèsent trop lourdement sur la confiance des investisseurs. Je pense en particulier à certaines règles d’urbanisme mais aussi à l’encadrement obligatoire des loyers. Relance également des grands projets structurants en matière de transport. L’avenir d’une Métropole européenne se construit au quotidien et doit s’envisager sur le temps long.
Comme nous nous y sommes engagés, et avec la validation citoyenne obtenue dans les urnes, nous mettrons un terme au projet TEOL qui n’a pas convaincu les habitants de l’ouest lyonnais. Nous remettrons sur les rails le projet de Métro E, dans un premier temps, depuis Tassin jusqu’à la place Bellecour.
Cette réactivation s’inscrira dans le cadre plus large d’une remise à plat des grands investissements de transport public à programmer à moyen et long terme. Le prolongement du Métro E jusqu’à l’Est lyonnais, mais aussi la desserte lourde du plateau nord, seront au menu des réflexions que nous conduirons avec l’ensemble des acteurs concernés. Toujours dans le registre des mobilités, nous mettrons comme prévu à l’étude le projet de Nouvelle
Traversée de Fourvière dont il nous faudra mieux souligner les enjeux en termes d’aménagement de l’espace urbain et d’amélioration de la qualité de l’air. Il s’agit d’un projet d’envergure très complexe. A chaque étape de sa conception et de sa réalisation, la progression du dossier fera évidemment l’objet d’une large concertation avant de passer à l’étape suivante.
Réparer, relancer et enfin rassembler.
Rassembler autour d’un projet écologique efficace mais aussi plus juste et plus fédérateur. Une écologie qui protège et qui améliore réellement la qualité de vie, sans punir ni culpabiliser les habitants. Une écologie qui s’appuie sur la science, sur l’innovation, sur la santé publique, et surtout sur le bon sens.
La préoccupation environnementale n’est plus seulement l’apanage des écologistes. Elle est désormais au cœur de toutes les politiques publiques, quelle que soit la couleur politique des élus qui les mettent en œuvre.
Plan de végétalisation massif, amélioration de la qualité de l’air, rénovation thermique des bâtiments, lutte contre les pollutions… nous aurons là aussi des ambitions fortes et des programmes d’action solides dans tous ces domaines.
Rassembler également autour des solidarités. Car la Métropole n’est pas seulement une puissance d’aménagement. Elle est aussi une puissance humaine. Elle accompagne les plus fragiles. Les personnes âgées. Les personnes en situation de handicap. Les jeunes en insertion. Les familles. Les femmes victimes de violences. Les enfants qui ont besoin de protection.
Notre devoir est d’aider mieux, plus vite et plus juste, en priorisant les plus fragiles, celles et ceux qui ont réellement besoin. Je souhaite que notre action permette de réduire l’empilement des dispositifs, avec une exigence de transparence et de résultats.
Nous avons beaucoup de propositions en matière de solidarités. Je veux dire l’attention particulière que nous accorderons au soutien aux aidants des personnes malades, au développement des maisons de santé et aux politiques d’accompagnement du handicap. Rassembler, c’est aussi faire vivre ce qui nous relie. La culture, le sport et l’éducation sont à ce titre des sujets essentiels. Ce sont des forces d’équilibre, de transmission et d’émancipation.
Dans ses initiatives propres comme dans celles menées aux côtés des communes, la Métropole prendra toute sa part.
Pour soutenir les équipements, les initiatives et les projets qui irriguent le territoire. Pour encourager le sport comme levier de cohésion, de santé et de dépassement. Pour considérer enfin la culture non comme un supplément d’âme, mais comme une dimension supérieure de la vie collective, de l’attractivité du territoire et du sentiment d’appartenance. Rassembler, enfin, autour de la concertation. Les habitants ne veulent plus être spectateurs des décisions qui bouleversent leur quotidien. Ils veulent être écoutés.Et ils ont raison.
Pour répondre à cette attente, nous développerons de nouveaux outils et une nouvelle approche. Notre Métropole est une institution forte, mais elle doit impérativement être moins lointaine. Elle est une institution ambitieuse, mais ne doit jamais être hors-sol. Elle est une institution qui doit décider sans écraser.
Les maires, eux aussi, doivent être respectés, consultés et associés. Quelle que soit leur sensibilité. Quelle que soit leur commune. Quelle que soit leur place dans cette assemblée.
Mes chers collègues, Le mandat qui s’ouvre sera d’autant plus exigeant qu’il se déploiera dans un contexte national et international secoué de soubresauts et pavé d’incertitudes. Rien ne sera facile.
Il faudra du courage. De la méthode. De l’endurance. Et parfois, de la fermeté. Mais je crois profondément que notre Métropole a rendez-vous avec elle-même. Je crois en la force de ce territoire. Je crois en l’intelligence de ses habitants. Je crois aussi en la dignité du débat public quand chacun accepte de mettre ses convictions au service de l’intérêt général.
Celles et ceux qui me connaissent le savent : je ne suis pas une femme de détours, encore moins de calculs florentins. J’aime la franchise. J’aime la clarté. J’aime le concret. Je crois qu’en politique, on peut être déterminée sans être brutale, sincère sans être naïve.
Mon tempérament est celui-là : garder en toute circonstance le souci du réel. C’est avec cet état d’esprit que j’exercerai mon mandat. Je le dis à nouveau, je serai la présidente de tous les Grands Lyonnais et la présidente de toutes les communes de la Métropole. »