Nicolas Isnard (LR), maire de Salon-de-Provence, a été élu président de la Métropole Aix-Marseille-Provence, à l’issue du premier conseil métropolitain de la mandature, organisé ce mardi 7 avril 2026, réunissant les 238 élus du territoire. Dès le premier tour, il a obtenu une majorité très nette avec 199 voix sur 237 suffrages exprimés, confirmant une dynamique de rassemblement rarement observée au sein de l’institution.
Peu avant midi, au terme de deux heures de scrutin, la métropole Aix-Marseille Provence officialisait le nom du successeur de Martine Vassal (DVD) à la tête de l’institution fondée il y a dix ans par Jean-Claude Gaudin.
Une élection sans suspense puisque le maire de Salon était le seul candidat. Une séance d’installation marquée par de nouveaux visages au sein de l’hémicycle du Pharo suite aux élections municipales qui ont rebattu les cartes. Autre phénomène notable, pour ne pas dire historique, un large consensus. En témoignent les accolades appuyées du nouveau président aussi bien à gauche qu’à droite.
Ce résultat massif confère au maire de Salon-de-Provence, Nicolas Isnard une légitimité politique solide pour engager la transformation qu’il appelle de ses vœux. Conscient de l’ampleur de la tâche, il a immédiatement placé son mandat sous le signe de la responsabilité et du collectif : « Moi, le petit garçon né à Salon il y a 55 ans, président de la métropole Aix-Marseille-Provence, je suis à la fois honoré mais aussi conscient de l’immense responsabilité qui est désormais la mienne. », a-t-il déclaré devant les élus des 92 communes.
Dans la continuité de son discours d’investiture, Nicolas Isnard a insisté sur la finalité même de l’institution métropolitaine, rappelant sa vocation première : « Notre Métropole n’aura de sens que si elle est pleinement au service des communes et de ses habitants. C’est un outil de coopération intercommunale pour mieux répondre aux attentes des habitants », a-t-il ajouté.
Cette ligne politique se traduit par l’ambition de refonder la gouvernance autour des communes et de leurs élus. « La Métropole sera une métropole des maires, par les maires et pour les maires », insiste le nouvel élu métropolitain.
« Consensus et proximité retrouvés »
Une inflexion majeure dans un territoire longtemps marqué par des tensions entre échelons institutionnels. « Une métropole mal née dont il est temps aujourd’hui qu’elle prenne un autre chemin, celui du consensus et de la proximité retrouvée », complète Nicolas Isnard.
Il entend notamment mettre fin aux blocages du quotidien qui ont freiné l’action publique : « Cette Métropole a trop souffert de ses querelles du quotidien. Si on ne se dispute plus pour une poubelle jaune ou un abribus, on aura plus d’énergie pour trouver des vraies solutions ».
Dans cette perspective, la réorganisation des compétences constitue un axe central, avec une volonté de redonner aux communes la gestion de proximité tout en recentrant la Métropole sur ses missions stratégiques. La création des « maisons de la Métropole » dans les territoires concrétise cette orientation en faveur d’une relation de proximité avec les administrés.
« Ces maisons auront vocation à accueillir des habitants en recherche de réponses concrètes et à être des espaces d’élaboration de nos politiques publiques », explique l’élu.
L’élection de Nicolas Isnard s’inscrit dans une dynamique collective revendiquée. Il insiste sur le fait qu’il ne s’agit pas d’une trajectoire individuelle.
« Ce n’est pas la candidature d’un homme solitaire. C’est celle d’un collectif de maires qui veulent se rassembler pour réussir ensemble », assure-t-il. Les nombreuses accolades aux maires témoignent de ce travail de fond engagé depuis des mois pour obtenir les voix. Du côté du monde économique, les attentes sont fortes et immédiates.
Gaby Charroux (PCF), désigné troisième vice-président et figure de l’assemblée métropolitaine du haut de ses 83 printemps, évoque « une nouvelle étape » pour une institution appelée à gagner en efficacité. « Une métropole forte, lisible, utile, une métropole pleinement opérationnelle, tournée vers l’avenir de nos territoires », déclare le maire de Martigues. Il insiste également sur l’équilibre à construire entre puissance stratégique et respect des communes : « Non pas une métropole qui impose, mais une métropole qui coordonne, non pas une métropole qui remplace, mais une métropole qui complète ».
De son côté le maire de la Roque d’Anthéron élu au premier tour, Jean-Pierre Serrus (DVC) voit dans cette élection un signal politique fort : « C’est aujourd’hui les maires qui sont rassemblés, c’est la victoire des maires ».
Le communiste Jean-Marc Coppola, élu dans les 15 et 16ème arrondissements de Marseille, insiste sur la nécessité de rééquilibrer les relations entre territoires : « C’est un juste retour à ce que doit être une métropole, un établissement de projets qui répondent aux besoins. Marseille demande simplement à reprendre sa place ».
Il souligne également l’urgence d’une meilleure coordination des politiques publiques : « Il faut travailler avec l’ensemble des collectivités, c’est comme ça qu’on répond aux attentes ».
Michel Boulan salue une nouvelle approche : « C’est une convivialité qui a été mise en place. Le président porte déjà un intérêt aux maires des petites communes en particulier », assure le maire de Châteauneuf-le-Rouge.
Dans ce contexte, Nicolas Isnard rappelle un principe fondamental d’interdépendance territoriale : « La réussite de Marseille sera la réussite de la métropole ; si nous échouons les uns, nous échouerons tous ensemble ». Il hérite pour les six prochaines années d’une métropole consolidée sur le plan financier après les deux mandats de Martine Vassal, marqués par des investissements importants et une dette maîtrisée, mais confrontée à des défis structurels majeurs.
De son côté, Martine Vassal, adressait à la veille des élections un communiqué de presse avec l’en tête du Conseil départemental des Bouches-du-Rhône pour rappeler son action au sein de l’institution métropolitaine et en listant quelques défis à relever pour la nouvelle gouvernance : « La Métropole aborde toutefois 2026 dans un contexte exigeant :- 70 M€ d’impact de la loi de finances, des coûts de fonctionnement naturellement en hausse avec les nouvelles infrastructures, un niveau élevé de solidarité à maintenir dans un contexte fragile pour les communes. Les défis sont réels. Mais les bases sont solides », affirme Martine Vassal.
Reste à traduire cette ambition en résultats concrets dans un territoire de 3 148 km² où vivent 1,9 million d’habitants.
Après avoir élu Nicolas Isnard à la présidence, le conseil de la Métropole Aix-Marseille-Provence a désigné les 20 vice-présidents qui l’épauleront durant le mandat 2026-2032.
Les vice-présidents de la Métropole Aix-Marseille-Provence :
- 1er vice-président : Pierre Huguet – Marseille
- 2e vice-présidente : Sophie Joissains – Aix-en-Provence
- 3e vice-président : Gaby Charroux – Martigues
- 4e vice-président : Robin Prétot – Istres
- 5e vice-président : Georges Cristiani – Mimet
- 6e vice-présidente : Olivia Fortin – Marseille
- 7e vice-président : Pascal Montécot – Pélissanne
- 8e vice-président : Arnaud Drouot – Marseille
- 9e vice-président : Alexandre Doriol – La Ciotat
- 10e vice-présidente : Capucine Edou – Marseille
- 11e vice-président : David Ytier – Salon-de-Provence
- 12e vice-présidente : Pascaline Lécorché – Marseille
- 13e vice-président : Frédéric Vigouroux – Miramas
- 14e vice-président : Laurent Simon – Plan-de-Cuques
- 15e vice-président : Serge Perottino – Cadolive
- 16e vice-président : Eric Garcin – Jouques
- 17e vice-présidente : Anne Reybaud – Vernègues
- 18e vice-président : Jean-Pascal Gournès – Meyreuil
- 19e vice-président : Martial Alvarez – Port-Saint-Louis-du-Rhône
- 20e vice-président : Maxime Marchand – Sausset-les-Pins


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