Ce 11 février à l’Hôtel de Région de Toulouse, Carole Delga a présenté les grandes orientations du budget primitif 2026 de la Région Occitanie, soumis au vote des élus le 12 février en assemblée plénière. Confrontée à une baisse de 144 millions d’euros de dotations cette année – près de 500 millions sur quatre exercices – la collectivité entend pourtant préserver ses priorités sociales, économiques et écologiques, tout en maintenant un haut niveau d’investissement. Interview vidéo.
Dès l’ouverture de sa conférence de presse, la présidente de Région a évoqué un budget « complexe » à élaborer, pointant des décisions gouvernementales qu’elle juge « particulièrement injustes » pour l’Occitanie dans le cadre de la loi de finances 2026.
Pour la première fois, souligne-t-elle, la baisse des dotations aux régions serait appliquée de manière inégalitaire : rapportée au nombre d’habitants, elle varie « du simple au double » selon les territoires. L’Occitanie figure parmi les régions les plus touchées, derrière les Hauts-de-France et la Normandie.
Cette contrainte budgétaire intervient dans un contexte territorial déjà fragile. La présidente rappelle que l’Occitanie demeure « la région la plus enclavée de France » et la première touchée par le réchauffement climatique.
Une trajectoire financière préservée
Face à ces contraintes, la Région choisit de tenir bon. Le budget total avoisine les 3,5 milliards d’euros, dont plus d’un milliard est consacré à l’investissement. Les dépenses de fonctionnement sont légèrement comprimées, tandis que l’autofinancement progresse sensiblement.
Grâce à cette discipline, l’Occitanie conserve sa première place nationale en investissement par habitant, nettement au-dessus de la moyenne française.
Pouvoir d’achat, économie et grands chantiers confirmés
Les priorités emblématiques de la mandature sont préservées. La rentrée scolaire la moins chère de France demeure en place, de même que la politique tarifaire attractive des trains régionaux. Les billets TER à 1 € ont fait décoller la fréquentation de 67 % depuis 2019 et ont généré 47 % de recettes supplémentaires pour la Région.
Le soutien aux agriculteurs et à l’agroalimentaire est renforcé avec un plan global de 20 millions d’euros. Les aides à la création d’emplois, les crédits pour la culture, l’éducation et la formation ne bougent pas.
Sur le plan environnemental, l’effort s’accélère encore : plus de 93 % des dépenses régionales sont désormais qualifiées de « favorables à la transition écologique », soit une progression de 70 % de ces crédits ces dernières années.
Infrastructures, réformes et chantiers prioritaires
Carole Delga exprime de vives inquiétudes sur le projet LGV Toulouse-Bordeaux-Dax, menacé d’un surcoût de 50 % en cas de recours massif au partenariat public-privé. La ligne Montpellier-Perpignan, en revanche, n’est pas concernée à ce stade. La politique ferroviaire régionale reçoit les félicitations de la Chambre régionale des comptes pour la plus forte hausse de fréquentation observée en France.
Parmi les chantiers majeurs de 2026 figurent le recrutement du 150e médecin salarié de la Région, le lancement d’un pacte de souveraineté agricole au printemps, ainsi qu’une simplification des aides aux communes pour réduire les démarches administratives.
La Région met également en place trois nouvelles agences : une agence culturelle, une dédiée au développement économique et à l’attractivité, et une autre centrée sur l’aménagement et le climat.
Malgré des décisions gouvernementales qu’elle juge particulièrement dures, Carole Delga affirme que l’Occitanie continuera d’avancer sans renoncer à ses ambitions : investissements protégés, aides maintenues et promesses tenues envers les habitants, les entreprises et les territoires.




























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