Les élections municipales à Lyon, prévues les 15 et 22 mars 2026, s'annoncent comme un scrutin à haut risque pour la majorité écologiste sortante. Après la victoire historique de Grégory Doucet en 2020, qui a mis fin à l'ère Collomb, la troisième ville de France pourrait basculer vers un camp plus centriste ou de droite. À quelques mois du vote, les sondages placent l'ancien président de l'Olympique lyonnais, Jean-Michel Aulas, largement en tête, face à un maire sortant en difficulté. Les thèmes dominants sont la sécurité, le logement, la mobilité, l'attractivité économique, la propreté et la transition écologique, dans un contexte de division à gauche et d'union relative au centre-droite.
Le bilan de Grégory Doucet : une écologie ambitieuse, mais critiquée sur le quotidien
Grégory Doucet (EELV), maire depuis 2020, défend un bilan axé sur la transition écologique : végétalisation massive, aménagements cyclables et piétons, rénovation d’écoles (plus d’un tiers rénovées d’ici 2025), baisse de la délinquance et de l’accidentologie grâce à des rues apaisées et un renforcement de la police municipale. Il met en avant une ville plus verte et solidaire, avec des investissements dans les solidarités et la lutte contre l’isolement.
Cependant, l’opposition reproche une gestion perçue comme idéologique, avec une insécurité persistante, une propreté dégradée, des travaux interminables et un repli économique. Des sondages récents (Ifop novembre 2025, OpinionWay octobre 2025) créditent Doucet de 24-27 % au premier tour, loin derrière son rival, et soulignent une insatisfaction sur le quotidien.
Une gauche divisée face à un challenger populaire
Grégory Doucet brigue un second mandat à la tête d’une liste d’union de la gauche et des écologistes, mais la gauche part fragmentée. Anaïs Belouassa-Cherifi (LFI, députée) mène une liste autonome, critiquant un manque d’ambition sociale, créditée de 10-14 %. Nathalie Perrin-Gilbert (Lyon en Commun, soutenue par le PRG et Place Publique) propose une voie alternative, autour de 6-7 %. D’autres candidatures citoyennes ou centristes comme Georges Képénékian (sans étiquette) visent les modérés.
Un centre-droite uni derrière Jean-Michel Aulas
Jean-Michel Aulas, candidat sans étiquette mais soutenu par LR, Renaissance et une large coalition centre-droite, domine les sondages avec 47 % au premier tour et jusqu’à 61 % au second face à Grégory Doucet. Populaire (56 % de bonne image), il axe sa campagne sur le dynamisme économique, la sécurité et le “retour à la prospérité”. À l’extrême droite, des candidatures comme Alexandre Humbert-Dupalais (soutenu par RN) visent 8 %.
Les grands enjeux pour Lyon
– Sécurité et propreté : Priorités absolues des habitants, avec des critiques sur la délinquance et l’entretien des espaces publics. Gregory Doucet propose des postes de police mobiles. Jean-Michel Aulas mise sur un renforcement musclé.
Logement : Crise aiguë, Gregory Doucet veut un “service public du logement” avec garantie municipale des loyers et assurance habitation abordable ; les opposants dénoncent un manque de construction.
Mobilité et transition écologique : Continuer la piétonnisation et les pistes cyclables, ou relancer des projets plus ambitieux ? La circulation et les travaux restent des points de friction.
Attractivité économique et quotidienne : Redonner du rayonnement à la ville (tourisme, entreprises), critiquée pour son “repli” sous la mandature verte.
Santé et solidarités : Ouverture de maisons de santé, mutuelle municipale, soutien aux familles et aux aînés.
Ces municipales s’accompagnent d’élections métropolitaines et d’arrondissements (triple scrutin à Lyon). Dans un contexte national incertain, Lyon incarne un duel entre écologie pragmatique et ambition managériale. Les sondages prédisent un scrutin serré au second tour, avec un avantage net pour Jean-Michel Aulas si la gauche reste divisée. Le vote de mars 2026 pourrait redessiner profondément les équilibres de la capitale des Gaules.
©Photos : Facebook Gregory Doucet – Mairie de Lyon





























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