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Denys Bédarride
17 août 2022 Dernière mise à jour le Mercredi 17 Août 2022 à 08:08

Chaque année la région Provence-Alpes-Côte-d'Azur doit faire face à de nombreux incendies qui brûlent des milliers d'hectares de forêts. Entre résilience naturelle et stratégies de plantations, les forêts parviennent avec le temps, à se régénérer.

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Des arbres nus et noircis qui se tordent, une terre calcinée et recouverte de cendres, c’est parfois ce qui résulte du passage d’un incendie. 

Depuis le début de l’année 2022, pas moins de 47 000 hectares de végétations sont partis en fumée en 2022. Un record, jamais la France n’avait connu autant d’incendies au cours d’un été. Dans la région Provence-Alpes-Côte-d’Azur, il ne faut pas remonter très loin dans l’actualité pour avoir des exemples d’incendies. 

En juillet dernier, c’était plus d’une centaine d’hectares du Massif des Montagnette dans les Bouches-du-Rhône qui était brûlé et plus de 1600 hectares parcourus . Début août, dans les Alpes-de-Haute-Provence, ce sont les communes de Villeneuve et Niozelles qui étaient en proie aux flammes. 246 hectares ont été détruits. 

Des hectares de végétations sont donc chaque année ravagés par les flammes. Les forêts se reconstruisent cependant avec beaucoup de temps, de manière naturelle ou grâce à une intervention humaine. 

Travaux et analyse des futurs risques naturels

Après des incendies particulièrement dévastateurs, les équipes de l’ONF (Office national des forêts), vont sur le terrain pour tenter d’anticiper et d’analyser les futurs risques naturels.  On va faire un diagnostic sur des forêts brûlées à proximité d’habitations ou d’infrastructures ou parce qu’elles sont fréquentées par le public  explique Laurent Velasco, responsable du pôle de défense des forêts contre les incendies dans les Bouches-du-Rhône et le Vaucluse à l’ONF. 

Le but, déceler l’ensemble des possibles risques : érosion du sol, chutes d’arbres ou encore coulées de boue. Des risques naturels qui peuvent être aggravés et se déclencher avec la survenue d’un incendie qui fragilise la nature et les terrains.

Des travaux peuvent être mis en place rapidement pour y remédier.  ” Par exemple si les arbres brûlés menacent de tomber on va les enlever. On peut aussi créer des sortes de barrages avec les troncs pour retenir les écoulements d’eau “. 

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Laisser la nature se régénérer 

Face à une forêt qui a souffert des flammes, la politique de l’ONF pour la reconstruire est de se baser sur ” les dynamiques naturelles et la régénération naturelle “ atteste Laurent Velasco. 

La biodiversité méditerranéenne présente des caractéristiques particulières, adaptées aux fortes températures et qui peuvent surmonter les feux, jusqu’à une certaine limite et se régénérer par eux même.

C’est par exemple le cas du chêne liège ou chêne vert, très présent dans les forêt de PACA. ” La partie aérienne, le feuillage, va être détruit, mais l’arbre ne va pas mourir, il résiste. Quelques mois plus tard, des bourgeons peuvent apparaitre” commente Bernard Prévosto, écologue forestier à l’INRAE (Institut National de la Recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement). 

De son côté, le pin d’Alep adopte une autre stratégie : la résilience. ” Lui, il va s’enflammer mais les cônes dans ses branches vont s’ouvrir sous la chaleur, tomber et libérer des graines pour les éparpiller sur le sol. Et elles vont germer aux premières pluies d’automne “ complète l’écologue.

La plantation, une technique coûteuse au succès limité

La plantation d’espèces pour reboiser les forêts n’est plus une stratégie courante pour l’ONF. Plusieurs raisons expliquent cela, tout d’abord le coût financier du dispositif. ” Les arbres sont élevés en pépinière pendant plusieurs années, ils sont ensuite replantés et cela demande beaucoup d’entretien les premières années et notamment en terme d’arrosage “ détaille Laurent Velasco. 

Replanter peut aussi s’avérer beaucoup moins efficace que la régénération naturelle. ” On a beaucoup moins de réussite quand on replante que quand on laisse la nature faire, complète le responsable du pôle de défense des forêts contre les incendies. Il y a un décalage entre le passage de la serre qui a une terre riche et dans la forêt brûlée où il y a plus de difficultés pour pousser à cause du sol dégradé et appauvri “

Cependant, parfois il y a recours à la plantation pour aider à la reconstruction. Mais elle est seulement utilisée en tant qu’ appoint et dans des zones particulièrement propice protégées du vent et au soleil, pour être sûre de la réussite de la repousse. Ce dispositif sera aussi utilisé pour remettre en état des forêts fréquentées par le public, grâce à des espèces ornementales. 

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Les impacts du changement climatique

Mais depuis récemment, avec le réchauffement climatique et les épisodes de sécheresse, de canicule et d’incendie qui se multiplient la question de la replantation est revenue sur le devant de la scène pour l’ONF. Si les espèces méditerranéennes sont adaptées aux fortes températures et capables de se régénérer, il y a une certaine limite. 

Le pin d’Alep met 20 ans avant de pouvoir produire ses propres graines et le chêne devient lui mature et adulte au bout de dizaine d’années. ” Si le feu passe trop régulièrement ça pose question pour qu’ils se régénèrent correctement. Dans certaines zones le feu est passé plusieurs fois en 12 ans comme sur le plateau de l’arbois donc il n’y plus de régénération possible “ déplore Laurent Velasco.

L’Organisation Nationale des Forêts, recherche toujours de nouvelles espèces capables de s’adapter à ces changement climatique et aux conditions climatiques qui se dégradent. 

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