#AnalyseEconomique #Emploi #Entreprises #INSEE #ProvenceAlpesCoteDAzur #ProvenceAlpesCoteDAzur
Denys Bédarride
4 mars 2021 Dernière mise à jour le Jeudi 4 Mars 2021 à 09:03

En Provence-Alpes-Côte d'Azur, la croissance de l’emploi salarié depuis la crise de 2008 est attribuable aux établissements relevant de grandes entreprises et d’entreprises de taille intermédiaire. Cette concentration accrue de l’emploi s’explique en partie par des mouvements de rachats et de fusions-acquisitions d’entreprises de moindre taille, mais aussi par des créations de nouveaux établissements. Dans le même temps, leurs établissements pérennes perdent dans l’ensemble des emplois sur la période.

?id=WHvUqJ3IH9WVq9ZW91EFCTIzOOJ45iJl

En revanche, les PME et les microentreprises se développent globalement par croissance interne : leurs établissements pérennes créent des emplois. Elles alimentent en outre fortement la croissance des entreprises de taille plus importante, soit que leur développement les conduise à changer de catégorie, soit par le biais des rachats dont elles font l’objet.

ETI et grandes entreprises concentrent davantage d’emplois en 2017 qu’en 2008

En Provence-Alpes-Côte d’Azur, fin 2017, les secteurs marchands hors agriculture comptent 1 100 000 emplois salariés. C’est 26 000 de plus que fin 2008, au début de la crise. Sur la période, l’effectif salarié relevant d’entreprises de taille intermédiaire (ETI) a progressé (+ 35 300 postes), plus encore que celui des grandes entreprises (GE, + 17 200). L’effectif total des PME est resté stable mais celui des microentreprises s’est contracté de 28 300.

Ces évolutions de l’emploi selon les catégories d’entreprises résultent de plusieurs mouvements.

Elles découlent en partie de variations d’effectifs au sein d’entreprises qui ne changent pas de catégorie. Le niveau d’emploi croît ou diminue dans les établissements pérennes, mais aussi sous l’effet de créations, de fermetures ou de transferts d’établissements au cours de la période. Par ailleurs, les évolutions de l’emploi selon les catégories d’entreprises résultent aussi des franchissements de seuil par certaines entreprises.

C’est le cas par exemple si l’effectif total d’une entreprise a suffisamment progressé ou bien lorsqu’un établissement a été acquis par une entreprise d’une autre catégorie.

La progression de l’emploi dans les grandes entreprises passe essentiellement par le rachat d’entreprises de moindre taille

En Provence-Alpes-Côte d’Azur, entre 2008 et 2017, la progression de l’emploi dans les GE provient pour l’essentiel des emplois gagnés par franchissement de seuil, avec un solde de + 28 700 emplois (figure 2) en leur faveur provenant d’établissements qui relevaient auparavant d’ETI et, dans une moindre mesure, de PME. Ce flux d’emplois témoigne d’un développement important des GE par croissance externe, à travers des rachats, acquisitions-fusions et intégrations d’autres entreprises.

Dans les ETI, le gain net d’emploi lié aux franchissements de seuil est notable également : les emplois provenant d’anciens établissements des PME (+ 42 500 emplois) excèdent très nettement les cessions d’emploi en direction des GE (– 23 900 emplois). Là encore, ce phénomène traduit pour partie la croissance externe des ETI par rachat d’entreprises de plus petite taille mais aussi la croissance interne de certaines PME franchissant le seuil des ETI par leurs recrutements.

À l’opposé, ces franchissements de seuil réduisent très fortement l’emploi recensé au sein des micro-entreprises. Que ce soit par développement de l’emploi en interne ou bien par rachat de ces entreprises, 32 900 emplois nets basculent ainsi au cours de la période vers des entreprises de plus grandes tailles, pour l’essentiel des PME. Enfin, pour les mêmes raisons, les PME cèdent dans l’ensemble 15 100 emplois, essentiellement en direction des ETI.

Lorsque l’on met de côté les transferts d’emplois liés aux changements de catégories d’entreprises, les créations d’emploi « à contour constant » dans la région sont à mettre particulièrement au crédit des ETI et des PME, avec respectivement 14 300 et 13 000 emplois créés. Les microentreprises en génèrent encore 4 300. En revanche, considérées à contour constant, les GE ont été, sur la période, destructrices nettes d’emploi, avec 11 000 emplois perdus.

Les établissements pérennes des grandes entreprises perdent davantage d’emplois qu’ils n’en créent

Au sein des GE de la région, les hausses d’emplois liées à des entrées d’établissements font plus que compenser l’effet des sorties (+ 14 200 emplois au total). En revanche, les établissements pérennes des GE perdent dans le même temps 25 200 emplois.

Les pertes au sein des établissements pérennes de GE sont majeures dans le secteur du transport-entreposage (– 12 400 emplois), compensées seulement en partie par les emplois issus du solde des entrées et sorties d’établissements (+ 5 800 emplois). Les activités financières et d’assurance perdent des emplois à la fois dans leurs établissements pérennes et sur le solde des entrées-sorties (– 3 200 emplois dans l’ensemble).

?id=Qy74zJBq5p2O1VS4Lu4lGtAYrDOa1ugV

Les créations d’établissements stimulent particulièrement les gains d’emploi dans les ETI

Dans les ETI, les créations d’emploi à contour constant reposent pour l’essentiel sur le solde des emplois issus des entrées et sorties d’établissements sur la période. Face aux 20 900 emplois nets ainsi créés, les établissements pérennes des ETI perdent un peu plus d’emplois qu’ils n’en créent (– 6 500 emplois nets).

Les entrées et sorties d’établissements conduisent à des gains d’emploi, en particulier dans le secteur du commerce et dans celui de l’enseignement-santé humaine et action sociale. Ce dernier se distingue en créant, en outre, 2 900 emplois dans ses établissements pérennes entre 2008 et 2017.

Les établissements pérennes des PME et microentreprises créent des emplois

Dans les PME comme dans les microentreprises, les gains d’emploi à contour constant entre 2008 et 2017 s’appuient sur la progression de l’emploi au sein de leurs établissements pérennes (+ 13 000 emplois et + 12 200 respectivement). La plupart des secteurs d’activité sont concernés. Seules la construction et les activités immobilières, auxquels s’ajoute, pour les PME, l’hébergement-restauration, font exception : l’emploi se contracte dans leurs établissements pérennes.

Les entrées et sorties d’établissements conduisent en revanche à une variation quasi nulle de l’emploi dans les PME et à une nette diminution de l’emploi salarié dans les microentreprises, avec d’importantes différences entre secteurs. Par ce biais des entrées-sorties, la construction perd un très grand nombre d’emplois (– 9 400) tandis que l’hébergement- restauration parvient à en créer 5 900 en solde net entre 2008 et 2017.

?id=bqLvpqGUNB6UXtHPCC7MOeChGKibyweq

Des créations d’emploi plus importantes dans les ETI et les PME de la région

Les phénomènes décrits pour les grandes entreprises de la région s’observent aussi, dans des proportions comparables, pour l’ensemble de la France. En revanche, la croissance de l’emploi dans les ETI se déroule de façon plus appuyée dans la région. Le solde des effectifs résultant des entrées et sorties d’établissements y est particulièrement positif, et les gains liés aux franchissements de seuil sont de plus grande ampleur.

Contrairement à la région, les PME comptent au niveau national moins d’emploi en 2017 qu’en 2018. En particulier, la progression des effectifs au sein des établissements pérennes est plus rapide dans la région.

Inversement, la part des effectifs salariés dans les microentreprises s’est davantage réduite dans la région sur la période 2008 à 2017. Cela tient à un moindre dynamisme de l’emploi parmi les entreprises pérennes de cette catégorie.

Source INSEE Provence Alpes Côte d’Azur

Réagissez à cet article

Vos commentaires

Rejoignez la discussion

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *