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Denys Bédarride
3 mai 2022 Dernière mise à jour le Mardi 3 Mai 2022 à 07:05

Contrairement aux idées reçues, les fraises françaises ne se consomment pas uniquement au printemps. Dès le début du mois de mars, la Gariguette et la Ciflorette font leur apparition sur les étals. Or, qui dit fraise dit récolte : deux mois après le

 

Malgré les aléas climatiques, des petites conjonctures de marché et les contraintes réglementaires pesant sur la filière, la fraise française se porte plutôt bien, pour le plus grand bonheur des consommateurs et des producteurs. Mais cet équilibre demeure fragile dans le contexte actuel. 

Focus sur le début de cette saison, et en particulier sur la Gariguette, une variété très appréciée qui représente un tiers des 27 000 tonnes de fraises produites annuellement par les producteurs de l’AOPn Fraises de France.

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Des récoltes encourageantes malgré les aléas naturels

En dépit des difficultés occasionnées par les variations météorologiques, la fraise française récoltée en ce début de saison s’avère de bonne qualité. Si la production a été retardée en raison d’un manque d’ensoleillement et de faibles chaleurs sur la fin de l’hiver, un pic de production a été enregistré à la mi-avril sur la Gariguette.

Par ailleurs, comme l’année dernière, le gel du début du mois d’avril a causé quelques dégâts sur la fraise. Cependant, la plupart des fraises sont cultivées sous abris ce qui permet d’assurer leur protection vis-à-vis des aléas climatiques. L’impact du gel reste donc relativement isolé.

Aux aléas climatiques s’ajoute actuellement la problématique de la montée des ravageurs comme les pucerons mais aussi l’oïdium et le botrytis. La lutte biologique contre les pucerons permet néanmoins de les maîtriser et ne remet pour le moment pas en question la qualité et les quantités produites.

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Malgré une baisse de leur pouvoir d’achat, les consommateurs ont répondu présents sur ce début de saison et les ventes de fraises françaises sont assez dynamiques en particulier en avril, grâce aux offres promotionnelles proposées par la GMS (Grande et Moyenne Surface).

Sur les 27 000 tonnes de fraises produites chaque année par les producteurs de l’AOPn Fraises de France, un tiers est composé de Gariguette, fraise préférée des français.

 

Un marché fragilisé par le weekend de Pâques

Malgré ces résultats encourageants, un déséquilibre entre l’offre et la demande a été constaté sur les fraises françaises après le weekend de Pâques. Si celui-ci est fréquent en raison de la fermeture des GSM le lundi de Pâques mais aussi par le fait que l’ensemble des productions sont actives à cette période de l’année, il a été renforcé par d’autres facteurs.

Tout d’abord, les fortes chaleurs enregistrées dans le Sud-Est et le Sud-Ouest de la France ont accéléré la production de fraises et ainsi entraîné une forte quantité de fruits à écouler.

De plus, l’apparition accrue sur le marché français de fraises issues de l’importation a renforcé ce déséquilibre et les producteurs de fraises françaises ont eu de grandes difficultés à écouler leur production.

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Un secteur dynamique en perpétuelle évolution 

La filière de la fraise française est en adaptation permanente afin de faire face aux enjeux du secteur, et les défis sont nombreux. Le dernier en date réside dans la flambée des coûts de l’énergie.

En effet, si la production de fraises françaises n’est pas directement impactée par le conflit en Ukraine, ce dernier a tout de même entraîné une augmentation des coûts de l’électricité, du gaz et des carburants. Cette hausse, couplée à celle du coût des intrants (emballages, engrais, matières premières…) et de la main d’œuvre, entraîne une augmentation des coûts de production pour la filière.

Dans la lignée de la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire qui prévoit l’interdiction de l’emballage plastique de tous les fruits et légumes à l’horizon 2026 (qui ne représente que 1,5% des emballages plastiques de l’industrie agro-alimentaire), l’AOPn Fraises de France va devoir trouver des alternatives à l’emballage plastique en prenant en compte les nombreuses contraintes suivantes :

  • La protection des fraises (tenue des fruits et amortissement des chocs) pour éviter du gaspillage alimentaire
  • Une bonne mise en valeur du produit (le consommateur aime voir le produit qu’il achète, en particulier les fraises)
  • Le transport et stockage : aujourd’hui ce sont les emballages plastiques qui prennent le moins de place et qui permettent donc de diminuer le transport et le stockage
  • Une alternative économiquement acceptable : le risque est que le coût bien supérieur des emballages alternatifs soit assumé par les producteurs directement
  • Une sécurité d’approvisionnement. Aujourd’hui, les industriels de l’emballage n’arrivent plus à suivre les commandes en emballages alternatifs, notamment le carton…

Par ailleurs, toujours sur le plan de la R&D, l’AOP nationale Fraises de France travaille également sur le développement de solutions alternatives aux produits phytosanitaires, un enjeu particulièrement important pour les années à venir.

Par exemple, l’association a créé une filiale de R&D dont l’objectif est d’élever des insectes ennemis des pucerons du fraisier.

De plus, un travail de recherche sur la mécanisation est en cours, notamment sur des technologies comme les robots de récolte.

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