Installée depuis 17 ans dans ce village médiéval, au pied du Pic Saint-Loup, Gwenaëlle Guerlavais incarne une maire « de terrain », une maire d'aujourd'hui, une nouvelle génération d'élue : entrepreneuse, animatrice de conférences, sans étiquette partisane, motivée par l’envie d’être utile. Sa vision – préserver l’âme médiévale, freiner l’étalement urbain et redynamiser le cœur de village pour réveiller la « belle endormie » – sonne juste et respectueuse du patrimoine. Un Maire, une ville, un destin ! Reportage vidéo.
Issue du monde associatif, ancienne journaliste, animatrice de débats et cheffe d’entreprise, la nouvelle maire des Matelles ne se revendique d’aucune étiquette politique traditionnelle. « J’avais envie d’être utile. Le cheminement vers la politique me paraissait naturel, mais je n’avais pas envie de faire de la politique politicienne dans des partis », nous confie-t-elle.
Son arrivée à la tête de cette municipalité de 2 100 habitants n’a pourtant pas été de tout repos, notamment en l’absence de transmission des dossiers par l’équipe sortante. « Les placards sont vides, nous ne savons pas où sont les dossiers, cela complexifie les choses », admet l’élue.
Face aux exigences de la fonction, qui la font passer en un instant de la détresse sociale d’un administré à la technicité complexe du Plan Local d’Urbanisme, elle peut s’appuyer sur une équipe municipale soudée et espère un accompagnement renforcé de l’État face aux défis techniques.
Une croissance maîtrisée pour préserver l’identité
La proximité immédiate avec Montpellier et Saint-Gély-du-Fesc fait peser sur Les Matelles un risque : celui de se transformer en simple ville de transit et « village dortoir ». « Nous avons fixé une limite. D’ici 2040, nous ne voulons pas atteindre les 2 500 habitants. Nous voulons un village à taille humaine », tranche la maire.
Plutôt que de repousser les frontières de la commune au-delà de ses limites naturelles – le Lirou et le Roucayrol –, au risque d’empiéter sur les zones inondables, agricoles ou soumises au risque incendie, l’équipe municipale a fait le choix de stopper les grands projets d’extension périphérique.
La stratégie s’oriente désormais vers l’optimisation des espaces restants. « Nous devons travailler plus finement sur ce que nous appelons les dents creuses, c’est-à-dire les espaces qu’il nous reste où, potentiellement, nous pouvons accueillir du monde », explique-t-elle.
L’équation est complexe : « Il faut que nous arrivions à rester à taille humaine, tout en répondant aux besoins de la population en matière de logements. »
Une population entre enracinement historique et nouvelles dynamiques
Le village qui est passé de 1 300 à 2 100 habitants en quelques années abrite un mélange de familles historiques et de nouveaux arrivants attirés par le cadre de vie.
« Il est vrai que nous n’avons plus beaucoup d’agriculteurs. Nous comptons six viticulteurs sur le village ». La proximité avec le nord de Montpellier séduit particulièrement les professionnels de la santé – médecins, infirmières – ainsi que des chercheurs.
« Même si cela ne se voit pas au premier abord, nous avons aussi des travailleurs indépendants, des personnes qui ont leur entreprise et l’ont installée ici. Avec la période post-Covid et l’arrivée de la fibre, nous pouvons tout à fait travailler de chez nous », s’enorgueillit la maire, elle-même issue de ce tissu entrepreneurial.
Réparer l’existant plutôt que de construire du neuf
Le véritable défi de cette mandature se joue en plein cœur du village. Avec un patrimoine communal parfois dégradé, l’édile préfère la réhabilitation à la construction effrénée. « Nous avons énormément de rénovations à faire avant de commencer à construire du neuf. Réparer l’existant serait déjà une bonne chose », souligne-t-elle.
Le projet phare porte sur l’ancienne école, un bâtiment désaffecté et amianté situé à deux pas de la mairie, qu’elle souhaite transformer en un pôle dédié aux nombreuses associations du village.
L’objectif est de recréer une véritable place de village, piétonne et sécurisée, tout en créant un pont naturel vers le centre historique. « Les gens peuvent passer sur la départementale sans jamais se rendre compte qu’ici, nous avons un joyau. On traverse une rue et nous sommes projetés dans un conte de fées », s’émerveille-t-elle en évoquant les ruelles médiévales.
Juste à côté, l’emblématique bâtiment de la bergerie et des chais, actuellement en cours de rénovation par la communauté de communes, fait également l’objet de grandes ambitions pour dynamiser l’entrée de ville. La maire espère y voir s’installer des artisans d’art ou des commerces locaux. « Il nous faut un magnifique projet qui attire du monde et qui nous fasse rayonner, parce que nous sommes un magnifique village », conclut l’élue, déterminée.
L’élue entend bien prouver que la préservation du patrimoine peut être un moteur de développement. « Souvent, nous entendons parler des Matelles pour le village médiéval, mais c’est avant tout un village d’avenir », conclut-elle avec un grand sourire.




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