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Charles Dos Santos
17 mars 2016 Dernière mise à jour le Jeudi 17 Mars 2016 à 07:03

Depuis qu'il a quitté Matignon, Jean-Pierre Raffarin s'exprime peu. Depuis quelques temps, il a pris ses distances avec l'ancien Président Sarkozy. Cet automne, il a franchi une nouvelle étape en prenant clairement position pour Alain Juppé dans la c

Réfutant fermement l’idée selon laquelle la révolution est proche, l’ex premier ministre reconnait toutefois que « le pays gronde à cause du double échec économique et politique du pouvoir« .

A l’image des récentes manifestations, le poitevin s’inquiète de voir une fronde commune contre la prochaine « loi travail », soutenue par le gouvernement Valls et sa ministre du travail, la jeune Myriam El-Khomri. 

Convaincu d’être en lien assez fréquent avec ses concitoyens poitevins, il voit dans les mouvements populaires actuels, un « sentiment profond que la politique ne traite pas (leurs) vrais problèmes.

La réforme du code du travail ? « inévitable et urgente« .

Evitant de critiquer frontalement la ministre, l’ancien locataire de Matignon se permet de donner une leçon d’agenda politique à son successeur socialiste, Manuel Valls. « Le temps de la réforme est au début d’un quinquennat », estime le cadre des Républicains, avant de reconnaître que sous la présidence Sarkozy, une erreur similaire avait été commise. « Aujourd’hui, comme dans le quinquennat précédent, avec la TVA sociale, on confond réforme et manoeuvre« .

Dans ce dossier, même s’il n’a jamais été ministre, Jean Pierre Raffarin a sa petite idée. En plus de s’être trompé de moment dans le calendrier politique pour une telle réforme, il se permet d’appuyer là où cela fait mal : la méthode Valls. « Le gouvernement a privilégié une réforme constitutionnelle plutôt qu’une lutte efficace pour l’emploi. C’est là l’erreur du quinquennat« . L’ancien maire d’Evry appréciera…

François Hollande « affaiblit la parole présidentielle.« 

Conscient qu’il n’accédera désormais jamais au pouvoir suprême, Jean-Pierre Raffarin a décidé de soutenir Alain Juppé dans la course aux primaires pour les Républicains, notamment face à Bruno Le Maire, Nathalie Kosciusko-Morizet et probablement Nicolas Sarkozy.

Cela n’empêche pas le poitevin de tancer l’attitude comme l’action du Président Hollande. « La situation a considérablement affaibli sa personnalité comme sa parole. Que ce soit au niveau européen comme au niveau de la politique intérieure, même quand il parle juste, il est faible », tâcle Jean-Pierre Raffarin.

Se permettant ainsi de critiquer vertement l’action du Président Hollande, le sénateur poitevin évite aussi habilement de dire si avec Alain Juppé, cette parole sera renforcée. Habile. 

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