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Calypso Reconneille
Aujourd'hui Dernière mise à jour le Friday, September 11, 2026 At 10:00 AM

Ce mardi 8 septembre, au Centre départemental de l’enfance et de la famille (CDEF) d’Eysines, Jean-Luc Gleyze a ouvert la rentrée institutionnelle du Département de la Gironde. Devant élus et journalistes, le président a croisé deux dossiers structurants : le coût humain, social et financier des incendies de l’été, et la continuité de l’action départementale en faveur des enfants les plus fragiles. Une séquence politique autant que budgétaire, à quelques semaines d’une séance plénière extraordinaire. Reportage vidéo.

Un choc estival aux conséquences encore ouvertes

Au Porge comme autour du bassin d’Arcachon, le Département affirme poursuivre un dispositif de proximité : accompagnement social, soutien psychologique, aide au relogement et coordination des acteurs de la solidarité. Ce schéma s’inscrit, selon l’institution, dans le Plan départemental de sauvegarde et dans le dispositif « Gironde Solidaire », conçu pour articuler collectivités, Préfecture et services de l’État, y compris après la phase aiguë de la crise.

Le bilan opérationnel dressé au 8 septembre reste conséquent. Plus de 350 agents départementaux ont été mobilisés. 24 psychologues ont assuré 53 journées de soutien. Les travailleurs sociaux totalisent 89,5 journées d’équivalent temps plein. Le « Bus en + » a tenu 29 jours de permanence dans le Médoc et 16 jours d’accueil sur le bassin d’Arcachon. Quatre collèges ont été ouverts pendant la crise ; plus de 7 500 repas y ont été préparés.

Côté hébergement d’urgence et logistique, la Direction de l’éducation et des collèges a déployé plus de 104 agents dès le 24 juillet. Mobilier scolaire, restauration, entretien et support technique ont servi à équiper des sites d’accueil, dont le Parc des expositions, et à héberger jusqu’à 400 personnes par jour parmi les services de secours. Le collège du Teich a notamment accueilli des résidents évacués d’un Ehpad d’Audenge.

Malgré cette montée en puissance, Jean-Luc Gleyze, le président du Département a de nouveau pointé, selon les propos rapportés à Eysines, l’insuffisance des moyens engagés par l’État dans la lutte contre les incendies. Un grief politique qui pèse d’autant plus que la collectivité chiffrait, à la date de la conférence, un impact financier d’environ 9 millions d’euros. Une estimation encore provisoire, qui sera examinée lors d’une séance plénière extraordinaire lundi 28 septembre.

199 situations de relogement accompagnées à la suite des incendies de Gironde

La cellule « Gironde Relogement Solidaire » accompagne 199 situations. Parmi elles, 92 foyers ont obtenu une solution pour une durée d’un à deux ans, le temps estimé de la reconstruction. Le Département active une maîtrise d’œuvre urbaine et sociale (MOUS), en lien avec l’État, dans le cadre du Plan départemental d’action pour le logement des personnes défavorisées (PDALHPD). L’objectif : combiner ingénierie sociale, technique et opérationnelle, de l’hébergement temporaire au relogement plus durable.

Le flux n’est pas refermé. Des ménages qui n’avaient pas encore sollicité la cellule se présentent désormais pour « faire le point » sur l’après-incendie. Les travailleurs sociaux font état de 20 à 40 entretiens par jour, souvent auprès de publics jusqu’ici non identifiés. Des permanences du « Bus en + » restent ouvertes au Porge, à Lège-Cap-Ferret et à Lanton pour le soutien psychosocial, les démarches administratives et l’orientation vers les aides.

Le retour à une situation normale demeure donc lointain pour une partie des habitants. Derrière le chiffre de 92 relogements, l’enjeu économique est double : sécuriser des trajectoires résidentielles et éviter que le choc incendie ne se transforme en bascule durable dans la précarité.

Routes, fibre, forêts : la facture des infrastructures

L’été laisse aussi une empreinte patrimoniale. Sur le réseau numérique, Gironde Numérique recense 418 clients fibre encore coupés, 80 km de réseau aérien affectés, 72 armoires et 1 100 poteaux touchés. Des boxes d’urgence ont été déployées pendant la crise. En revanche, sur 64 km de réseau situés dans les zones brûlées, les infrastructures enterrées n’ont pas été directement impactées, un choix d’aménagement engagé dès 2018 que le Département présente comme un facteur de résilience.

Côté mobilité, l’incendie de Saumos s’est traduit par d’importantes chutes d’arbres — une estimation cartographique de 85 000 sujets — ainsi que par la détérioration d’enrobés, de pistes cyclables et de dispositifs de signalisation. Pour rétablir la sécurité des usagers, le Département table sur une enveloppe de près de 8,1 millions d’euros de réparations et d’élagage, poste qui pèse lourdement dans l’estimation globale de 9 millions d’euros.

Quatre espaces naturels sensibles départementaux ont été atteints, soit plus de 158 hectares, dont 105 hectares à Castillonville, parmi lesquels 80 hectares de parcelles de recherche Inrae. Lacanau, le Grand Crohot et le canal des Étangs complètent ce premier inventaire environnemental.

« L’école autrement », une classe mobile pour renouer avec les apprentissages

Autre sujet fort de cette conférence : « L’école autrement ». Le choix du CDEF n’est pas anodin pour Jean-Luc Gleyze. Depuis 2025, des enfants y sont accueillis à la suite de ruptures scolaires. Le but : les accompagner vers davantage d’autonomie et leur permettre de renouer progressivement avec les apprentissages.

Mené en partenariat avec l’Éducation nationale, ce projet repose notamment sur une classe a classe à effectif réduit et une classe mobile, rendue possible grâce au don d’un véhicule par Vinci Autoroutes et à son aménagement par le Rotary Club de Bordeaux.

Deux séances de deux heures par semaine visent d’abord à restaurer un cadre sécurisant, puis à renouer avec les apprentissages. Depuis octobre 2025, douze enfants ont été accompagnés. Deux ont retrouvé une scolarisation à temps plein ; cinq suivent un parcours d’inclusion progressive dans leur établissement d’origine. Des projets culturels, artistiques, sportifs et de pleine nature complètent le programme.


À l’échelle des finances départementales, le volume reste modeste au regard des 9 millions d’euros liés aux feux. Mais le message politique est clair : la collectivité entend traiter la vulnérabilité des mineurs comme une priorité de long terme, au même titre que la reconstruction post-incendie.