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Fiona Urbain
21 juin 2026 Dernière mise à jour le Dimanche 21 Juin 2026 à 08:46

Fondée en 2020 à Bordeaux par Laure Babin, Zèta s'est fait un nom en créant des sneakers vegan à partir de matières alternatives. À l’occasion du lancement de sa collection capsule « Ace'98 » à base de balles de tennis recyclées, découverte d'une startup qui développe une  mode écoresponsable.

Le marché de la sneaker écoresponsable compte un nouvel acteur de poids sur le terrain de l’innovation. Le 30 avril 2026, la marque bordelaise Zèta a franchi une nouvelle étape stratégique en dévoilant « Ace’98 », une collection de baskets vegan fabriquées à partir de balles de tennis usagées. Une initiative qui illustre la maturité croissante de l’économie circulaire appliquée à la mode de grande consommation.

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Le défi industriel des déchets du sport

Chaque année, les clubs, les pratiquants et les compétitions consomment plusieurs millions de balles de tennis en France. Sur les courts professionnels, le constat est encore plus frappant : les balles sont remplacées après seulement quelques jeux dès qu’elles perdent en performance, en pression et en rebond.

Jusqu’à présent, ces balles représentaient un véritable casse-tête logistique et écologique. Composées de feutrine et de caoutchouc, elles constituent un déchet complexe et particulièrement difficile à valoriser à grande échelle. Bien que des initiatives de collecte existent déjà, les volumes recyclés restent encore très marginaux face à la consommation annuelle globale. C’est précisément sur ce segment sous-exploité que Zèta a choisi de positionner sa nouvelle innovation de rupture.

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Plus d’un an de R&D pour une semelle innovante

L’idée, née d’une simple partie de tennis entre la fondatrice Laure Babin et son père, a nécessité plus d’une année de recherche et développement. En partenariat étroit avec ses fournisseurs et des clubs de tennis de la région de Porto, la startup a mis au point un process de recyclage précis.

Le fonctionnement de la chaîne de revalorisation est rigoureux :
Collecte ciblée : Les balles usagées sont récupérées directement auprès des clubs de tennis de la région de Porto. 

Broyage fin : Elles sont d’avance réduites en fines particules industrielles. 

Injection matière : Ces particules sont intégrées à du caoutchouc synthétique recyclé, teinté, puis injecté directement dans la base de la semelle ainsi que dans le logo signature de la marque. 

Pour maximiser la circularité du produit, la basket intègre également du coton, du caoutchouc et du plastique recyclés. Le résultat de cette optimisation est sans appel sur le plan environnemental : selon l’analyse d’impact de l’entreprise, une paire d’Ace’98 génère jusqu’à 6 fois moins de CO2 qu’une paire de sneakers traditionnelle.

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Un modèle économique agile et maîtrisé

Fondée en 2020 à Bordeaux par Laure Babin alors qu’elle était encore étudiante en management, Zèta n’en est pas à son coup d’essai. La startup s’est fait un nom dans l’écosystème de la mode en explorant des matières alternatives surprenantes comme le raisin, le maïs, le café ou l’olive. Son modèle économique repose sur un triptyque clair : transparence, circuits courts et fabrication européenne. Les paires d’Ace’98 sont ainsi assemblées au Portugal au sein d’un atelier familial.

Pour ce lancement, Zèta mise sur la rareté et l’agilité commerciale avec une édition limitée à seulement 500 paires, permettant de revaloriser environ 5 kg de matière (soit près d’une centaine de balles).

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« L’objectif reste le même : transformer ce qui existe déjà plutôt que produire du neuf, et prouver qu’un produit responsable peut aussi être désirable, confortable et ancré dans une véritable histoire », rappelle Laure Babin.

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