Les mégafeux qui ont ravagé 42 000 hectares de forêts en Gironde depuis le 22 juillet 2026, entraînant l’évacuation de près de 220 000 personnes, ont laissé des traces profondes bien au-delà des zones brûlées. Alors que les flammes sont désormais maîtrisées, le département fait face à des conséquences économiques sévères, particulièrement dans le secteur touristique, pilier essentiel de l’activité girondine.
Le tourisme représente entre 7 et 10 % du PIB de la Nouvelle-Aquitaine et génère en Gironde environ 3,2 à 4 milliards d’euros de retombées économiques annuelles, tout en soutenant près de 40 000 emplois.
Or, depuis la fin juillet, la fréquentation a chuté de moitié selon le Medef et la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) de Gironde. Dans les campings, particulièrement exposés, près de 2 millions de nuitées ont été perdues en un mois, avec des taux d’occupation tombés à 10-30 % dans certains établissements, voire 30-50 % dans les meilleurs cas.
Les cafés, hôtels et restaurants (CHR) ont vu leur activité dégringoler de 64 %, y compris dans le centre de Bordeaux. Des professionnels rapportent des baisses de 40 à 60 % de fréquentation et de chiffre d’affaires, même hors zones évacuées : -30 % dans le Médoc ou le Libournais, jusqu’à -50 % à Bordeaux Métropole.
Les annulations massives, amplifiées par les appels à la prudence des autorités fin juillet, ont touché aussi le tourisme viticole et l’ostréiculture du bassin d’Arcachon. Les pertes liées à la baisse de fréquentation sont déjà estimées à 60 millions d’euros pour la Gironde et les Landes.
Au total, quelque 39 000 à 40 000 entreprises ont été impactées directement ou indirectement, sur les 115 000 du département. Des milliers de salariés (au moins 20 000 à 27 000 selon les sources) ont été placés en activité partielle.
Le président de la CCI, Patrick Seguin, a qualifié la situation d’« impact économique énorme » et plaidé pour un appel à la solidarité nationale afin de « sauver l’économie girondine ».
Malgré ce bilan sombre, des signes de reprise apparaissent. Une campagne de communication intitulée « Les vacances continuent » a été lancée début août pour rassurer les visiteurs : moins de 4 % du territoire a été touché, l’air et les eaux de baignade sont de bonne qualité, et l’essentiel des sites (Bordeaux, bassin d’Arcachon, vignobles, plages du Médoc) sont ouverts.
Les professionnels appellent les touristes à revenir, soulignant que chaque réservation d’août et d’arrière-saison contribue au rebond du territoire. Atout France note une résilience relative, avec des réservations maintenues à 74 % globalement et des prévisions d’occupation remontant vers 60 % dans les zones les plus touchées.
Les autorités et les acteurs économiques multiplient les dispositifs d’aide (chômage partiel, reports de charges, fonds de garantie). La visite de plusieurs ministres début août vise à accélérer le soutien. Si la saison 2026 restera marquée par ces incendies, l’espoir d’un redressement repose désormais sur le retour des vacanciers et sur la solidarité nationale.

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